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RETRAITES

Mobilisation générale des travailleurs contre le capital

Il y a plus de quinze ans, le CNPF (MEDEF d'aujourd'hui) avait lancé ses projets de refondation sociale qui allaient constituer le socle des mesures antisociales du Gouvernement Balladur (remise en cause de la retraite à 60 ans en 1993…) et du Plan Juppé en 1995. Ces projets n'ont nullement été contrariés par la Gauche Plurielle au Gouvernement de 1997 à 2002.

Avec la Droite réactionnaire au pouvoir aujourd'hui, le Patronat est au zénith, face à des directions syndicales toutes confondues, qui donnent un triste spectacle, comme en témoigne la gifle des gaziers-électriciens du 9 janvier contre un projet liquidateur de leur statut (because privatisation) que voulaient leur faire avaler les Directions de l'Entreprise et de la CGT.

 

L'objectif des projets patronaux.

L'objectif des projets patronaux réside dans la réforme des Régimes de retraite vers la "capitalisation" via "l'épargne salariale" (avalisée par quasiment toutes les organisations syndicales), et de la Sécurité Sociale vers un Régime dit 'Universel" à minima, avec une complémentarité individualisée (pour ceux qui pourront payer), assurée par la Mutualité et les Assurances privées. A cet égard, deux mesures gouvernementales sont en voie de décision :

 

la remise en cause de la CMU pour les personnes insolvables ;

l'annonce d'une réforme de la Sécurité Sociale où les mutuelles et assurances devront accroître leur taux de remboursement des dépenses médicales, à décharge bien sûr de la Sécurité Sociale. Mutualistes, à votre porte-monnaie !

 

Les motivations patronales.

Si le grand mouvement de novembre-décembre 1995 avait quelque peu "dérangé" le Plan Juppé, aujourd'hui nous sommes entrés dans la phase décisive de l'abattage des acquis sociaux, où la refondation sociale du MEDEF à l'anglo-saxonne est en train de se mettre en place.

Les motivations évidentes du Patronal et du Gouvernement sont de deux ordres principaux :

exonérer totalement le patronat des charges sociales des entreprises (salaire différé) par un transfert accru sur le dos des travailleurs et des population laborieuses (en tant qu'assurés sociaux d'une part et contribuables d'autre part) ;

ouvrir au Capital financier cette masse d'argent si convoitée (des centaines de milliards d'euros) que constituent les cotisations retraites et les dépenses de santé. L'aboutissement des revendications patronales serait un recul de société de plus d'un siècle et demi !

 

La réforme des retraites.

On est confondu, ces derniers temps, de voir Raffarin, Chirac et Seillière, monter au créneau pour défendre le Régime de retraite par répartition ! c'est devenu la revendication de tout le monde : syndicats, Patronat, Gouvernement, Président de la République. Sauf que tout le monde n'y met pas le même contenu.

Pour le Patronat et le Gouvernement, voire même certains syndicats adeptes des "fonds de pension", il s'agit de réduire le montant de la répartition à la portion congrue de la retraite, autour de 15-20% du salaire d'activité comme dans la plupart des pays anglo-saxons.

Par exemple, au Royaume Uni, le retraité anglais perçoit une pension de l'État (répartition) de 120 euros par semaine pour une personne seule et moins de 200 euros pour un couple, soit en moyenne 20% du revenu dont il disposait lorsqu'il travaillait. Ainsi, près du quart des retraités britanniques vit en dessous du seuil de pauvreté.

 

 

C'est bien cette répartition là que les Chirac, Raffarin et Seillière (appuyés par certains syndicats) veulent nous imposer !

En réalité, la politique du Patronat et du Gouvernement est en parfaite harmonie avec la Commission de Bruxelles (Union Européenne), accompagnée par les syndicats réformistes adhérents à la Confédération Européenne des Syndicats (CES) ; en effet cette politique relève de la mise en place d'un modèle de retraite européen basé sur trois niveaux : 1) une répartition étatisée (exonération patronale) complétée par des "retraites d'entreprises" (bonjour les garanties avec le turn-over des fermetures ou délocalisations) et les "fonds de pension" (bonjour les dégâts avec Enron - Vivendi - Maxwell etc.).

 

Le lourd tribut payé par les retraités.

Il faut abattre les mensonges selon lesquels les retraités seraient devenus des nantis au regard des actifs. Sauf peut-être pour Monsieur Juppé qui vient de prendre sa retraite à : 57 ans 1/2 !

Tant sous les Gouvernements de gauche que de droite, faut-il rappeler le lourd tribut payé par les retraités ?

En 1982-83, le minimum de retraite du Régime Général et des Régimes Complémentaires était de l'ordre de 95% du SMIC. Aujourd'hui il est tombé à 58% !

Avec la désindexation de l'augmentation des retraites sur l'évolution des salaires et en calculant cette augmentation sur un indice des prix manipulé, la perte du pouvoir d'achat au cours des quinze dernières années est estimée à plus de 20% si l'on y ajoute les prélèvements CSG-RDS, une cotisation sécu spécifique retraités et la suppression partielle des 10% d'abattement sur le revenu imposable.

La réforme Balladur de 1993, ayant elle même entraîné des répercussions sur les Régimes de Retraites Complémentaires par un accord de 1996, commence à avoir des conséquences désastreuses sur les retraites du secteur privé : abaissement du montant des pensions (moins 13 à 15% sur les quinze années qui viennent) et allongement de la durée de cotisation de 37,5 ans (progressifs) à 40 ans effectifs à partir du 1er janvier 2003. A ceux qui prônent l'harmonisation des 40 ans de cotisation, voilà ce qui les attend, déjà, sans compter la deuxième charrette Raffarin !

Mais le secteur public n'est pas non plus épargné par des mesures dont on fait le plus souvent silence pour tirer à boulets rouges sur les "privilèges des fonctionnaires". Là encore, l'alternance politique droite-gauche n'a pas fait problème et il faut le dire, n'a pas non plus soulevé les foules côté syndicats.

Non ! le montant des pensions des fonctions publiques n'est pas de 75% du salaire d'activité pour ceux ayant cotisé 37,5 annuités. Avant 1989, oui ! aujourd'hui non !

A la faveur d'une réforme statutaire, un décret du 22 décembre 1989, modifie le principe dit de la péréquation des retraites, c'est à dire : arrêt des reclassements des retraités sur ceux de la grille des actifs, remplacement par un tableau de correspondance de reclassement des retraités selon un système d'assimilation laissé au total arbitraire du gouvernement. Ainsi un agent parti en retraite après 1989 a pu voir son taux de pension régresser jusqu'à moins 60% du salaire d'activité de sa catégorie. Si l'on ajoute les primes et indemnités non soumises à retenue pour pension, on entre dans un processus de paupérisation des retraites de certaines catégories des services publics. Le taux de remplacement (niveau de la retraite par rapport au salaire d'activité) est en moyenne de 58% dans la Fonction Publique. Il faut condamner la politique gouvernementale mais aussi, abattre les colportages médiatiques qui empoisonnent la société des mensonges patronaux.

 

Dénoncer et déjouer les stratagèmes patronaux : public contre privé.

Sur la revalorisation des pensions : il n'y a pas d'augmentation privilégiée dans le public par rapport au privé. L'Observatoire des Retraites dément les chiffres fantaisistes du MEDEF selon lesquels les pensions du public augmenteraient deux fois plus vite que dans le privé.

Âge de départ en retraite : le MEDEF annonce un départ en retraite entre 55 et 60 ans dans le public et entre 60 et 65 ans dans le privé. Faux ! l'âge de cessation d'activité est le même pour les deux secteurs, entre 57 et 58 ans pour les génération de 1932-1936. Mais la plus grosse "perle" du Patronat (bien relayée par les médias aux ordres) est d'affirmer que les comptes de l'Assurance vieillesse avaient été ponctionnés pour renflouer les déficits chroniques des Régimes Spéciaux. 

 

Affirmer une telle situation de façon aussi caricaturale quand les comptes des systèmes de compensation d'équilibre inter-régimes sont publiés au Journal Officiel de la République et qu'ils montrent que les caisses des régimes salariés sont ponctionnés à raison de plus de 6 milliards d'euros en 2002 pour renflouer les caisses patronales déficitaires (agriculteurs, industriels, commerçants, artisans, etc.) c'est pour le moins manquer de pudeur. Mais cela montre que la bourgeoisie a besoin d'entretenir la culture du mensonge (entre autres) pour tromper les honnêtes gens.

 

Vigilance et intensification de l'action.

La détermination du Gouvernement et du Patronat de passer en force et vite, est évidente. On a pu le voir avec la réaction du Premier Ministre au soir du 9 janvier après le vote des gaziers et électriciens.

Le calendrier de discussion est fixé, sous l'œil attentif et sévère de la Commission de Bruxelles qui considère que la France "traîne" les pieds pour élaborer le "modèle européen des retraites" : allongement des annuités de cotisation, âge de départ en retraite après 65 ans, suppression des régimes spéciaux, mise en place des fonds de pensions, etc.

février : concertation sur les systèmes de retraite ;

mars : approche des régimes spéciaux ;

juin : dépôt d'un projet de Loi au Parlement ;

juillet : approche des régimes complémentaires privés ;

octobre : discussion sur l'avenir de l'A.S.F

Ainsi la manifestation du 1er février ne doit et ne pourra rester sans prolongements ; de plus, y aura-t-il besoin de lui donner un autre contenu unitaire si l'on veut répondre à l'attente des travailleurs et des retraités, faire échec au Patronat et au Gouvernement, exprimer un rejet franc et massif du "modèle européen des retraites".

 

"Continuer la CGT" appelle les travailleurs et retraités à intensifier le combat de classe pour préserver et améliorer nos garanties de couverture sociale et de retraite, acquises de haute lutte :

défense et amélioration du Régime par répartition plein et entier ; contre les fonds de pension ;

défense et amélioration des Régimes Spéciaux publics

suppression de la compensation d'équilibre des régimes entre salariés et non salariés ;

minimum des pensions à égalité du SMIC (1500 euros) ;

pension à 75% du meilleur salaire d'activité (primes et indemnités incluses) ;

indexation des retraites sur les salaires et non sur les prix ;

37,5 annuités de cotisations ; retraite à 60 ans et 55 ans à taux plein ;

 
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Dernière modification : 27 janvier 2003