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Collectif National CL.CGT du 27.04.2002

 

SOMMAIRE

Ø Analyse des élections présidentielles

Ø La trahison de la sociale-démocratie

 Ø La montée du fascisme est-elle réelle ?

Ø  Les raisons des sanctions à l’encontre de la classe politique

Ø Les responsabilités syndicales

Ø L’immigration et les problèmes sécuritaires

Ø Conclusions

 

 

 

Chers camarades :

Tout d’abord, bienvenue aux camarades qui participent pour la première fois à une assemblée générale de Cl.CGT.

Vous avez reçu la convocation avec un ordre du jour, mais qui, en raison des évènements consécutifs aux élections présidentielles de dimanche dernier va devoir être quelque peu modifié, sans toutefois reporter les décisions à prendre sur plusieurs points :

1/ Nous allons devoir faire le point définitif des inscriptions pour la Conférence Internationale d’Athènes les 1er et 2 juin, de façon à prendre les dispositions organisationnelles.

2/ Préparation du 1er mai, que nous allons pouvoir examiner dans le cadre de l’analyse des élections présidentielles, compte-tenu de la situation inédite avec deux candidats de droite, dont l’un d’extrême droite, au 2ème tour ;

3/ Un point d’organisation, où nous allons devoir examiner le développement de la contestation à l’intérieur de la CGT et les sollicitations individuelles et collectives auxquelles nous devons répondre. Cette question pourra être reliée avec celles de la préparation du 47ème Congrès de la CGT.

Nous allons devoir faire un choix sur l’ordre des questions à aborder, car certains camarades présents ce matin ne pourront l’être cet après-midi, alors que d’autres seront présents cet après-midi et pas ce matin.

Ø Analyse des élections présidentielles :

Il va sans dire que nous ne pouvons échapper à l’analyse des élections présidentielles de dimanche dernier avec face à face au 2ème tour, la droite et l’extrême droite. D’un côté CHIRAC, le candidat de la bourgeoisie capitaliste et du libéralisme européen, et de l’autre Le PEN, le représentant de l’extrême droite, héritier du nazisme, tortionnaire de l’OAS, raciste avéré, anticommuniste forcené.

Ainsi, est en train de monter dangereusement, l’extrême droite en Europe, puisqu’elle est omniprésente en Autriche, en Italie, au Danemark, qu’elle pointe son nez dans certaines provinces de Belgique, aux Pays-bas, en Angleterre sans compter les droites réactionnaires au pouvoir en Espagne au Portugal et enfin l’effondrement de la social démocratie en Allemagne au profit de la droite, souvent sous influence de l’extrême droite.

Un dénominateur commun à tous ces pays : l’extrême droite arrive au pouvoir après de nombreuses années de gestion social-démocrate des intérêts du grand capital. C’est ce qui est en train de pointer en France, avec le résultat des élections de dimanche dernier.

Pour comprendre ce qui se passe, nous avons besoin d’une analyse en profondeur en évitant les raccourcis pour les décisions à prendre, et les erreurs de tir sur les objectifs à atteindre.

Il y a certaines réalités vécues, traduites dans les résultats de dimanche (voire des élections de ces dernières années) qui fournissent une explication des votes. Or, ces votes, dans une large mesure, qu’ils soient d’extrême droite ou d’extrême gauche, sont souvent en contradiction profonde avec les motivations des électeurs et leurs intérêts objectifs.

Autrement dit, déjà à ce stade du constat, on est en présence du phénomène d’accumulation des mécontentements qui peut remonter loin en arrière, tout au moins à 1995 avec les promesses de CHIRAC face à ce qu’il a appelé « la fracture sociale », et 1997 avec les engagements de JOSPIN sur l’augmentation du SMIC, la défense des retraites, l’arrêt des privatisations etc… Tous engagements ou promesses bafoués !

Mais cette accumulation des mécontentements pour produire une telle crise politique doit être analysée plus en profondeur encore, où les associations de la société civile et les syndicats ont une lourde part de responsabilités.

Si l’on veut bien saisir l’évolution de la situation, il faut se resituer dans la période post-soixante-huitarde où la bourgeoisie capitaliste a préparé l’entrée en gouvernance de la social-démocratie. Dès 1975, François MITTERRAND donnait des gages au Capital en déclarant au Congrès de l’Internationale Socialiste à Vienne {Autriche} que s’il était élu à la Présidence de la République, il se ferait fort de réduire le Parti Communiste à moins de 15%. Or, il allait réussir au-delà même peut-être de ses espérances puisque après son élection en 1981, le PCF chutait à 6,8% en 1988, 8,6% en 1995 pour s’effondrer à 3,4% en 2002. Nous n’avons pas vocation ici, à faire l’analyse de l’évolution sociale-démocrate du PCF, sauf pour dire que, lorsque le Parti Communiste identifié comme le Parti défenseur des intérêts de la classe ouvrière est laminé, à la fois structurellement et idéologiquement, la Bourgeoisie capitaliste a d’autant plus d’aisance avec son alliée la Social-démocratie à pressurer le monde du travail. Tout au moins pour un temps.

Sans vouloir faire une comparaison quelconque et exprimer une interprétation, on remarquera que F. MITTERRAND dès 1975 s’était engagé à annihiler le PCF (avec toutes les conséquences que cela aurait sur les organisations de lutte de classe), et que J.M LE PEN au soir des élections de dimanche dernier a estimé que parmi les trois évènements majeurs de ce premier tour des Présidentielles , il y avait la disparition du PCF ( tout en rendant hommage à  L. JOSPIN pour sa démission).

A travers le rappel de ces faits et déclarations, on peut mesurer combien la Bourgeoisie capitaliste avec son alliée la Social-démocratie et l’extrême droite ont un lien commun (sous réserve peut-être d’une question de méthode) : celui de combattre à mort tout mouvement et organisation de lutte de classe anti-capitaliste qu’a incarné le PCF, mais aussi la CGT dans les périodes glorieuses de 1936, pendant la Résistance à l’occupation nazie, à la Libération en 1945…. Toutes périodes qui correspondent aux acquis sociaux, économiques et démocratiques les plus significatifs depuis 70 ans.

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Ø La trahison de la sociale-démocratie :

Au contraire, la classe ouvrière a toujours été trahie par la social-démocratie et le réformisme syndical qui lui est attaché. Au début du présent rapport nous avons dit que l’extrême droite arrive au pouvoir après de nombreuses années de gestion social-démocrate.

L’arrivée du fascisme en Europe dans les années trente (avec MUSSOLINI pour l’Italie, HITLER pour l’Allemagne, FRANCO pour l’Espagne) est intervenue sur un terreau favorisé par la gestion ou le soutien social-démocrate.

En France, n’oublions pas qu’à l’exception de la courte période de 1936 influencée par l’action unitaire de la CGT-U et du Parti Communiste, la CGT réformiste dite « CGT Confédérée » de Léon JOUHAUX, après avoir pratiqué la collaboration de classe depuis le début des années vingt, trahira à nouveau la classe ouvrière en 1937/1938. C’est en syndicat d’accompagnement collaborationniste à la social-démocratie dirigée à l’époque par Léon BLUM, que les acquis de 1936 seront attaqués et partiellement remis en cause, provoquant des mécontentements, source de graves conflits où des milliers de grévistes seront licenciés, mis en prison. C’est la chasse aux sorcières dans la CGT où les militants communistes sont exclus ; le gouvernement décide la dissolution de plus de 600 syndicats réputés subversifs parce que dirigés par des communistes ! Mais à l’intérieur même de la CGT réformiste, apparaît un groupe pro-fascisant de la Direction Confédérale, animé par René BELIN qui deviendra ministre de PETAIN, au service de l’occupation nazie. Il faut se rappeler de ces moments de l’histoire !

Bien que n’ayant pas les mêmes conséquences, on pourrait rappeler la période précédant l’arrivée du Général de GAULLE au pouvoir en Mai 1958 où la social-démocratie et le syndicalisme réformiste apportèrent leur soutien total au projet de Constitution d’un Régime Présidentiel que nous avons toujours combattu parce qu’anti-démocratique.

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Ø La montée du fascisme est-elle réelle ?

Le fascisme est une idéologie basée sur le racisme et la xénophobie, mais qui ne trouve son développement que dans un terreau de décomposition de la société. Quand on entend dire dans l’opinion « les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres » cela signifie qu’il y a rupture entre ce qu’on appelle les « règles d’état de droit » et la réalité des conditions d’existence des différentes couches de la population (ne parlons même pas des classes sociales). Dès lors sont directement en cause les dirigeants du pays, les élus de la population, mais aussi les responsables des organisations de la société civile, les associations professionnelles, les syndicats.

C’est de cette rupture, de ces contradictions voire antagonismes que naît et se développe le mécontentement des couches défavorisées, mais pas seulement. Des motivations de révulsion peuvent apparaître dans la dévalorisation professionnelle, dans les désordres des institutions régulatrices de la société et bien entendu, depuis de nombreuses années maintenant, avec les problèmes de l’immigration qui auraient accentué et accéléré l’insécurité. Lorsqu’on a énoncé ces motivations du mécontentement, il convient d’en attribuer les responsabilités fondamentales : aussi, qu’on s’entende bien, elles sont la conséquence de l’exploitation de l’homme par l’homme, le résultat brut des injustices générées par la société capitaliste.

Alors y a-t-il montée du fascisme en France en 2002 ?

Il faut répondre par l’affirmative, sans céder au désarroi. Il faut éviter de raisonner comme certains qui pensent que cela ne va pas plus loin qu’une « bonne leçon » administrée à la gauche, que cela ne représente que 17% des électeurs, qu’après tout, même si LE PEN était élu, on serait à même d’en changer au bout de cinq ans si cela n’allait pas…..Voire !

Il faut éviter de faire une analyse sur la montée du fascisme, seulement à partir du résultat brut des élections de dimanche dernier.

Il convient de prendre en compte tous les phénomènes et paramètres qui font qu’en 2002 LE PEN est en 2ème position nationalement et largement en tête de tous les candidats dans de nombreux départements voire des régions entières, et singulièrement dans des villes et départements aux origines ouvrières.

Il faut examiner les élections de dimanche dernier en tant que prolongement à la progression du Front National et parallèlement aux gouvernements successifs de la France depuis 20 ans où la social-démocratie a dirigé le pays les trois quart du temps, dont la plus longue mandature de JOSPIN avec la « gauche plurielle ».

Aux élections présidentielles, J.M LE PEN obtenait * : 0,74 % en 1974 ; en 1988 = 14,4% ; en 1995 = 15 % et en 2002 = 17% ( mais pour l’ensemble de l’extrême droite avec Mégret = près de 20%).

Aux élections européennes, les scores n’en sont pas moins significatifs : le Front National obtenait 11 % en 1984 (trois ans après l’accession de MITTERAND au pouvoir), 11.7% en 1989, 10.5% en 1994 et près de 11% (LE PEN + MAIGRET) en 1999.

Face aux indigences politiques de la gauche à l’égard de la classe ouvrière avec parfois un véritable dédain du gouvernement JOSPIN, s’est installée et consolidée une influence de l’extrême droite dans la paysage politique français.

D’aucuns parlent d’une véritable lepénisation des esprits et ce n’est sans doute pas si exagérée. En tout cas, un parti d’extrême droite qui est nourri à chaque élection de quelques 4 à 5 millions d’électeurs depuis 20 ans et dont l’électorat représente plus de 30% d’ouvriers, 30% de chômeurs et 18 % de jeunes de 18-24 ans, il y a lieu d’éviter de parler d’épiphénomène d’autant que les perspectives de gauche sont profondément obérées pour l’avenir, avec notamment un parti communiste dégringolé à 3,4 %, et une extrême gauche qui, sous un discours pseudo révolutionnaire ne va pas moins continuer à jouer son rôle d’auxiliaire du grand capital.

Le phénomène LE PEN ne s’analyse pas non plus seulement qu’à partir des résultats du vote de dimanche dernier. L’accumulation des mécontentements s’est traduite certes par des votes contestataires à la fois vers l’extrême gauche et l’extrême droite, mais le record des abstentions ( 28%) et les votes blancs ou nuls (3,6 %) accentue encore le degré de la crise politique. Or, des sondages et informations recueillies, on constate que c’est encore parmi les populations ouvrières et défavorisées que se trouve l’abstentionnisme le plus important, un abstentionnisme contestataire, blasé ou fataliste. . Or, face à cette crise politique sans précédent depuis la Libération avec la disparition d’un parti communiste révolutionnaire et une Confédération CGT en pleine mutation réformiste pactisant avec le Capital, n’y a t il pas des potentialités supplémentaires en faveur du Front National ? Le risque est réel.

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Ø Les raisons des sanctions à l’encontre de la classe politique :

Nous ne ferons pas un développement exhaustif sur les raisons des sanctions électorales de dimanche dernier à l’encontre de la classe politique au pouvoir depuis 1995.

Nous rappellerons seulement quelques repères historiques les plus marquants, dont la classe politique en cohabitation (droite et gauche « plurielle ») a assumé sous l’emprise du MEDEF au mépris des légitimes revendications et des acquis sociaux des travailleurs.

Malgré le grand mouvement de décembre 1995 contre le plan Juppé (qui ne visait pas seulement, rappelons-le la sécurité-sociale et les retraites des régimes spéciaux mais des réformes fondamentales de l’appareil d’état) qu’a fait le gouvernement JOSPIN pour juguler les réformes néo-libérales et les privatisations comme il s’y était engagé en début de mandature ? Rien au contraire !

] l’application du Plan JUPPE un temps suspendue, a été reprise par le gouvernement de gauche après 1997, notamment en ce qui concerne les réformes de la sécurité sociale, de l’hospitalisation, de la couverture chômage et la recherche d’un emploi, la déréglementation des droits du travail à travers la loi scélérate des 35 heures, l’instauration de l’épargne salariale préparant la mise en place des fonds de pension, le blocage des salaires et retraites, le traitement social de l’emploi (emplois jeunes, temps partiel, C.D.D, etc ….) constitutif du développement de la précarité etc…

] mais où le gouvernement de la gauche plurielle a été particulièrement « productif », c’est dans le domaine des privatisations, pour quelques 300 milliards de francs, nettement plus que sous les deux gouvernements de droite (BALLADUR-JUPPE) réunis.

] Enfin on notera que c’est aussi sous le gouvernement JOSPIN que des records ont été battus en matière de plans sociaux, restructurations et délocalisations d’entreprises, laissant des milliers de salariés sur la carreau sans que le gouvernement ne soit intervenu, sauf en légiférant sur ce texte (loi de modernisation sociale) vidé de son contenu après essorage du Conseil d’Etat.

Le gouvernement JOSPIN , lié par les traités de Maastricht Amsterdam a répondu au chômage en développant la précarité de l’emploi, et aux espérances de la jeunesse en créant des emplois-jeunes sans issue pour les trois quart d’entre eux.

En France, il y a 2 850 000 chômeurs officiels, près de 500 000 intérimaires, 280 000 apprentis, 900 000 CDD, 400 000 sous contrats ou de stages, plus de 5 millions de précaires, 13 % des salaires au SMIC ou en-dessous.

Comment d’aucuns, à gauche comme à droite, peuvent-ils être étonnés que les licenciés de Marck et Spencer, Moulinex, Cellatex, Lu Danone, Valèo, Philips, Air Liberté, etc… aient pu s’exprimer autrement que par le vote contestataire quand on est acculé au désespoir jusqu’à menacer de « foutre le feu » à l’entreprise ? Quelle réponse a donné la gauche plurielle à tous ces désespoirs ?

Le mépris ! JOSPIN est allé jusqu’à répondre, à l’époque, en logique serviteur social-libéral que l’Etat ne pouvait se substituer aux décisions et responsabilités des entreprises. A quoi sert un gouvernement de gauche ?

Qui, à « gauche plurielle » a posé la question de la nationalisation de ces entreprises comme réponse économique non seulement aux salariés concernés, mais à l’ensemble du tissu social (commerces-artisanat-ruralité-services publics…) de la localité ou de la région ?

Personne ! On pourrait développer, plein d’autres situations propices à nourrir le terreau de LE PEN.

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Ø Les responsabilités syndicales :

Directement ou indirectement, les organisations de la société civile, les associations et les syndicats ont une grande part de responsabilité, dans la situation révélée à travers les élections de dimanche dernier.

Concernant les organisations associatives, toutes, à des degrés divers et sur des sujets particuliers qu’elles sont censées avoir vocation à traiter, il y a eu, depuis des décennies, accompagnement des politiques gouvernementales jouant de plus en plus le rôle d’assistanat, de palliatif aux désengagements de l’Etat et du Patronat en matière de solidarité sociale : que ce soit les sans logis, les sans-papiers, les restau. du cœur , les soins hospitaliers, la recherche, le handicap etc… etc…

Les multiples associations de sans emploi, peu représentatives d’ailleurs des 3 millions de chômeurs, sont plus des officines de couvertures politiques, que des organisations de défense des intérêts des chômeurs et de combat contre le chômage, contre les boîtes d’intérim, pour de véritables garanties d’emploi. Une « bonne raison » à cela, les organisations syndicales n’ont jusqu’alors éprouvé (sauf exception particulière ou localisée) aucune véritable préoccupation de syndicalisation des chômeurs, comme des précaires, d’ailleurs. Y compris la CGT dont le Comité National des chômeurs s’apparente plus (pour la Confédération) à un faire valoir, qu’à une réelle prise en compte des chômeurs (Rappelons nous le conflit de l’année dernière entre la position de la direction confédérale et celle du Comité des chômeurs au sujet de l’UNEDIC).

Mais ce qui nous intéresse au plus haut point, c’est le comportement de la CGT dans cette analyse de la situation inédite résultant de ces élections présidentielles.

Depuis 1995, en tant que CL-CGT, nous avons mené un combat sans relâche contre les orientations et la stratégie de la Direction Confédérale.

Depuis de nombreuses années la CGT ne joue plus son rôle d’organisation de combat de classe, indépendante des partis politiques et des gouvernements.

Simultanément au PCF, et , dirons-nous avec un parallélisme saisissant, la CGT a engagé son processus de mutation réformiste, lui faisant dès lors obligation de s’intégrer au courant social-démocrate, favorisé par un entrisme militant réformiste sans précédent depuis une vingtaine d’années.

Il y a des faits et déclarations historiques qui ont eu des graves conséquences sur la classe ouvrière. En abandonnant officiellement ses concepts originels de syndicalisme de lutte de classe, la CGT s’est banalisée à l’image des autres organisations collaborationnistes, en adhérant à la CES, en suivant les mots d’ordre du syndicalisme européen lié aux traités de Maastricht-Amsterdam et, malgré quelques petits accrocs, en soutenant, ou tout au moins en accompagnant la politique gouvernementale de la gauche plurielle, sur la loi des 35 heures, certaines réformes dans les secteurs publics et tout récemment, la loi sur l’épargne salariale préparant les fonds de pension.

Depuis 1995, à aucun moment la CGT n’a lancé de mot d’ordre de grève en tant que Confédération. Pire, des mouvements professionnels qui auraient mérité, leur fédération voire leur extension dans la durée, ont été neutralisés et se sont généralement terminés sans succès pour les travailleurs, sauf exception.

Aujourd’hui, à dix mois de son 47ème Congrès (mars 2003), la CGT par la voix de son secrétaire général, propose de passer par dessus bord les concepts mais aussi les structures (mise en cause du fédéralisme et de l’indépendance de l’organisation), pour s’intégrer pleinement au syndicalisme anglo-saxon (voir l’article de CL-CGT « Bernard Thibault ouvre la CGT au Capital »).

Quel rapport avec les élections de dimanche dernier ? Un rapport de cause à effet ! Si au lieu d’accompagner la politique du gouvernement JOSPIN que nous avons dénoncée comme social-libérale et que les électeurs ont sévèrement sanctionnée dimanche, la CGT avait joué son rôle d’organisation de lutte de classe, à l’initiative et à la tête des mouvements revendicatifs pour les coordonner et les fédérer, elle n’en serait peut-être pas, au lendemain de ces élections, à appeler à voter CHIRAC !

Non seulement la CGT sera jugée pour ce qu’elle est apparue dans l’accompagnement de la politique gouvernementale, mais aussi dans les prises de position de dernière minute de certains de ses dirigeants à l’égard de Robert HUE doublement sanctionné pour le gauchissement de son discours en campagne électorale tout en annonçant son appel à voter JOSPIN au 2ème tour. Il est des fausses manœuvres qui ne pardonnent pas !

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Ø L’immigration et les problèmes sécuritaires :

La campagne électorale a donné lieu à une débauche de surenchères sur l’immigration et les problèmes sécuritaires.

Deux sujets certes, qui peuvent être liés en certaines circonstances, mais qui, à priori sont à distinguer.

Or, le Front National a eu l’art (c’est son fond de commerce) d’amalgamer les deux, depuis déjà longtemps mais qui a sans doute davantage marqué les esprits à cette élection.

Le FN a su capter l’opinion, les médias et par conséquent les candidats qui lui étaient directement opposés pour la sélection du 2ème tour.

Sauf qu’à ce jeu, il a pu tirer profit de ce que les autres candidats « compétitifs » viennent sur ce point décisif de son programme. Il a pu ainsi montrer à l’opinion qu’il avait raison depuis plus de 10 ans, preuves à l’appui, et ainsi, empocher le crédit de l’opération. Avec l’aide des médias , on a ainsi pu voir que même là où il n’y avait pas un seul immigré, aucun problème d’insécurité, la peur fantasmatique avait gagné les populations au point de voter LE PEN plus nombreux qu’ailleurs.

Cela dit, l’un et l’autre des sujets ne sont pas à prendre à la légère ; ils sont une réalité, ils font de plus en plus souvent l’actualité, une actualité caractérisée par de la violence avec parfois mort d’homme.

Nous avons besoin d’un débat approfondi, à partir d’une réflexion objective des sujets, de façon à ne pas parler par stéréotypes, ni à priori.

On ne saurait parler d’immigration sans en définir et connaître les origines, les motivations, les responsabilités, les droits, les moyens, les problèmes diplomatiques posés etc…

En ce qui concerne les problèmes sécuritaires, là encore il y a nécessité de ne pas faire d’amalgames, car la nature des problèmes doit recevoir une réponse appropriée assortie des moyens d’application. Il faut d’abord évaluer les conséquences de l’insécurité dus aux problèmes de société (problèmes économiques, sociaux, à commencer par l’éducation, la formation, l’emploi, des salaires ou revenus de remplacement décents.

Il faut aborder les conséquences de la corruption, de la drogue, de la prostitution qui entrent pour une part importante dans les statistiques de la délinquance.

A cet égard, il faut pousser le débat jusqu’à faire prendre en compte publiquement et officiellement l’existence d’une véritable économie parallèle qui touche et/ou arrose une partie de la population, qui permet (selon les révélations d’un procureur suisse) à n’importe quelle entreprise de blanchir de « l’argent du crime » constitutif de cette économie parallèle, et qui, enfin, pénalise les recettes fiscales de l’Etat.

Ensuite, il faut distinguer les problèmes sécuritaires graves directement liés à l’argent du crime, et les problèmes relevant de l’incivilité ou même des larcins dus à la misère de certaines familles, comme cette mère de famille RMISTE qui a volé dans un supermarché M pour donner à manger à ses 7 enfants.

Certes, il faut des mesures dissuasives, voire punitives mais qui seront sans effet si elles ne s’accompagnent pas de mesures éducatives (moyens de l’Education Nationale) économiques (du travail) sociales (logement, salaire décent, couverture sociale etc.…).

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Ø Conclusions :

Propositions de l’appel :

· Comité de vigilance anti-fasciste

· Initiative nationale en direction du gouvernement sur une plate-forme revendicative -contenu – forme

 

La constitution de comités de vigilance antifascistes consiste en la formation de regroupements de militants syndicalistes, voire de syndicats, au plan d’un établissement, d’une entreprise, d’une administration ou d’un département, ayant pour tâche non seulement de défendre les revendications des travailleurs contre les attaques qui se profilent : sécurité sociale, retraites, salaires etc…, mais en même temps diffuser le matériel éducatif et informatif sur les thèses de l’extrême droite, la montée du fascisme , ses causes, les raisons qui nourrissent son évolution… et les moyens de combattre. Par exemple, en 1974, J. M LE PEN obtenait 0,74 % des voix aux élections présidentielles, or, il n’y avait pas de chômage (il était résiduel), il n’y avait pas de précarité de l’emploi, les garanties statutaires et conventionnelles avaient été consolidées par le grand mouvement de mai-Juin 1968. Donc la première des causes de la montée du fascisme réside bien dans la non satisfaction des revendications des travailleurs (besoins sociaux, démocratiques) et à fortiori dans la remise en cause de leurs acquis, dans l’aggravation du chômage et la précarité, où le fascisme trouve là un terreau propice.

 

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Dernière modification : 01 avril 2004