« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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Contribution de CONTINUER LA CGT

48éme CONGRÈS DE LA CGT

TABLEAU ANALYTIQUE DES 25 «DÉCISIONS» DU DOCUMENT D’ORIENTATION (document complet)

Sommaire

Introduction
Chapitre I : Le syndicalisme, acteur essentiel de solidarité et de conquêtes sociales

Décision 1 : Construire des réponses solidaires et rassembler

Décision 2 : Renforcer et déployer la CGT : un enjeu stratégique essentiel

Décision 3 : Rassembler le syndicalisme en France

Décision 4 : Œuvrer à une plus grande efficacité du syndicalisme européen

Décision 5 : Construire une nouvelle internationale syndicale pour promouvoir une autre mondialisation

Décision 6 :Contribuer à la vie sociale et politique de façon ouverte et indépendante

Chapitre II : La démocratie au cœur des enjeux de transformation du travail et de la société

Décision 7 : Statut du travail salarié : l’ambition de la CGT de changer le travail

Décision 8 : Pour de nouveaux droits d’intervention des salariés

Décision 9 : Pour de nouvelles règles de négociation collective

Décision 10 : Pour de nouvelles règles de représentativité

Décision 11 : Pour un paritarisme de gestion profondément rénové

Décision 12 : Pour un droit d’intervention sur les choix de gestion des entreprises

Décision 13 : Contre le racisme et pour l’égalité des droits

Décision 14 : Pour une nouvelle ambition éducative

Décision 15 : Pour une démocratie culturelle

Décision 16 : Pour des services publics, outils de solidarité et de citoyenneté

Décision 17 : Pour un développement durable

Décision 18 : Pour des entreprises socialement responsables

Décision 19 : Pour une fiscalité plus juste et solidaire

Chapitre III : Développer l’organisation syndicale confédérée. ( décisions 20 à 25)

Appel de CLCGT

 

INTRODUCTION

Ce   congrès constitue un enjeu d’importance, depuis plus de dix ans, les militants et syndiqués sont à même de mesurer le chemin parcouru par la stratégie de « syndicalisme rassemblé » prôné par L. VIANNET et B. Thibault.

Le bilan est au centre du congrès, bien sûr pas dans le projet porté par la direction, mais dans la pratique quotidienne syndicale.

Quels acquis avons-nous obtenus ? quelles avancées pour les droits des salariés ? avons-nous été efficaces comme centrale ? Avons-nous avancé dans la riposte internationale à l’offensive néo-libérale ?

Toutes ces questions fondamentales sont éludées dans le document préparatoire. Document qui pêche de manière globale par l’absence de toute analyse des mutations du système capitaliste mondial, des guerres conduites par l’impérialisme mondial, États-unis en tête ; des mesures d’autoritarisme croissantes ; des législations de plus en plus liberticides pour les forces syndicales et démocratiques ; du pillage éhonté des ressources de la planète et des économies des pays du « tiers-monde » ; de la surexploitation devenue « norme économique » dans de nombreux États, par la destruction de toutes les conquêtes sociales obtenues dans les années 30, 40, 50,60 du XXéme siècle.

C’est malheureusement le monde quotidien dans lequel nous vivons et auquel nous nous confrontons.

La direction confédérale présente nous allons le voir un catalogue de vœux pieux, davantage adressé « à des hommes de bonne volonté » qu’à des sociétés comme la nôtre divisée par des classes sociales aux intérêts antagoniques dont les revendications et aspirations propres ne peuvent s’exprimer que par leur lutte de classes, terme bien sûr qui ne figure pas dans le document

Dans le même ordre d’idées, on ne trouve nulle analyse de la politique suivie par le gouvernement VILLEPIN, le document préparatoire se présente comme intemporel, détaché de toute analyse et conception de classe. En réalité il apparaît dans l’esprit des rédacteurs, que le capitalisme baptisé par JC. LE DUIGOU, dans son dernier livre « économie de marché », constitue un système incontournable. La CGT dans ce cadre « indépassable » est donc amenée à proposer une autre « logique » pour aménager socialement « l’économie de marché », les axes gouvernementaux, non cités, sont donc envisagés comme de simples choix, non comme la traduction de la stratégie des monopoles !

L’absence de concret est criante : nul mot des privatisations en cours, des délocalisations, des licenciements, de l’allongement du temps de travail, de la réforme des retraites, on peut légitimement se demander dans quel monde vit la direction de notre Confédération !

Ce document ne saurait parvenir en état à solutionner ce qui est présenté comme l’axe fondamental du 48éme congrès : renforcer la CGT !

Ce texte n’est pas acceptable, s’inscrire dans sa structure, reviendrait par le refus d’analyser la société capitaliste et ses lois, d’être crédible pour l’oeuvre de transformation sociale nécessaire.

Une nouvelle élaboration doit naître de l’intervention dans les débats à tous les niveaux !

Sans rejet d’un tel document préparatoire, il n’y aura ni luttes d’ampleur, ni avancées sociales, ni renouveau et redressement de la CGT.

En 1914, la direction confédérale a trahi son mandat de classe en se ralliant à l’ »union sacrée » avec le capital ; les mêmes furent, en dénonçant la grève des cheminots en 1921, à l’origine du regroupement des syndicalistes révolutionnaires de la CGTU. En 1940 des dirigeants de la CGT se sont ralliés à Pétain et sont devenus ministres, en 1947 les éléments opposés à une CGT de lutte de classes, sur injonction et avec le soutien financier de l’impérialisme américain, ont fait scission. Les leçons de l’histoire attestent que la défense du syndicalisme de classe et de masse exige un combat permanent contre le syndicalisme d’accompagnement, contre la trahison des intérêts sociaux des travailleurs, contre la collaboration de classes. Lorsque des directions abandonnent tout ce qui a fait la force et l’originalité de la CGT, il est du devoir des adhérents de balayer cette direction !

Une CGT forte passe par l’indépendance vis à vis du patronat, du pouvoir, du système capitaliste, par l’éducation de ses militants dans la conviction que c’est l’union qui fait la force. « Tous pour un , un pour tous ! »

 

Analyse du document d’orientation : « A vous de décider ».

 

Chapitre 1 : Le syndicalisme, acteur essentiel de solidarité et de conquêtes sociales ».

 

Le texte, dans son préambule, rappelle ce que sont les objectifs de la CGT : « Transformer le travail, son contenu et sa finalité, œuvrer au progrès social et à la qualité de vie, intervenir et peser sur les politiques des entreprise et des pouvoirs publics, des multinationales et des instances internationales, proposer et négocier, résister et construire, unir et rassembler ».

 

Propos suffisamment flous pour susciter une adhésion par manque de vigilance. Un véritable document préparatoire doit partir de l’analyse du capitalisme à l’échelle mondiale et nationale. Les monopoles ont une stratégie : le néo-libéralisme qui détruit toutes les conquêtes sociales gagnées par les luttes de nos aînés. Cela se traduit par la privatisation de tous les services publics : rampante (« ouverture du capital) ou directe par la vente d’un bien public aux spéculateurs et boursicoteurs ; par la flexibilité et la précarité des conditions de travail. Le gouvernement Villepin vise avec les CNE et CPE, à casser le code du travail, à n’offrir à notre jeunesse que le « choix » entre le chômage ou la légalisation du travail précaire ! Dans tous les États capitalistes, la bourgeoisie monopoliste ou oligarchie financière allonge la durée légale du temps de travail, recule l’âge du départ en retraite, conduit avec l’aide des gouvernements à son service une politique de recherche du surprofit par l’intensification des cadences, le chantage à l’emploi, par la concurrence entre salariés régis par divers contrats et statuts, par la surexploitation.

Est-ce que ces faits relèvent de « mauvais choix », dans le sens où il pourrait en être autrement ? Nullement ! La réalité de notre société est que nous sommes régis par un mode de production : le capitalisme qui implique la propriété privée des moyens de production et d’échange, la domination de classe des monopoles sur l’État et la société. La finalité du capitalisme est la recherche du profit par l’exploitation des salariés au moyen de l’appropriation privée de la plus-value. Les lois du capitalisme sont incontournables, aucune « proposition » ne saurait les changer sans rupture avec ce mode de production.

La finalité du combat quotidien du syndicalisme est donc de lutter pour que la part de plus-value empochée par le capitaliste soit la plus réduite possible. La démonstration que l’argent existe est prouvée par la hausse vertigineuse des profits financiers. Pour arriver à cet objectif revendicatif fondamental, l’expérience syndicale montre que seule la voie des grèves locales et nationales, des occupations d’usine, des manifestations est susceptible de créer un rapport de forces nécessaire pour faire reculer le capital.

Le syndicalisme de classe et de masse, de plus s’est fixé l’objectif stratégique et historique « d’abolition du salariat », objectif plus que jamais d’actualité !

Le document d’orientation prétend transformer le travail, or la connaissance nécessaire des lois économiques du système d’exploitation démontre son impossibilité tant que dominera la propriété capitaliste des moyens de production par une bourgeoisie dont l’intérêt de classe réside précisément à ce que le travail garde son caractère « salarié ».

Le document crée donc des illusions néfastes au développement des luttes en amenuisant les responsabilités de l’adversaire de classe.

La logique d’aménagement du système capitaliste, contenue dans le document d’orientation, est manifeste quand ce denier inscrit sa démarche dans une simple  intervention afin de « peser sur les politiques ».

Démarche qui conduit le syndicalisme à un rôle d’accompagnement de la politique des monopoles, à refuser de dépasser conceptuellement l’ordre existant.

Accompagnement qui en dernière instance signifie soumission et la perte d’indépendance vis à vis du capital !

Cela consiste à reprendre mot pour mot ce qui relève du bagage idéologique de la CFDT qui visait (et vise toujours) à une collaboration de classes fondée sur le mythe de l’intérêt général de l’entreprise afin de subordonner les salariés aux choix patronaux ! Les résultats sont connus : seul le capital financier y trouve son compte !

 

Le texte définit ainsi la tâche de la CGT : « proposer et négocier, résister et construire, unir et rassembler ».

Le mode de production, en raison de son caractère d’exploitation de la masse salariale, a une autre conséquence objective (inévitable), c’est la résistance des salariés pour défendre leurs intérêts : la lutte des classes. Terme qui n’est pas cité une seule fois dans le document !

La CGT a fondé son originalité dans le passé précisément sur la reconnaissance de ce concept et sur son application, cela fut source de grandes luttes qui permirent de grandes conquêtes sociales . Au lieu de cela, la direction confédérale part des propositions et des négociations !!!

Le fondement de l’action syndicale repose précisément sur la création du rapport de forces dans l’entreprise et le pays.

Rapport de force qui ne peut résulter que de luttes d’ampleur, on n’a jamais vu un patron, spontanément, accepter une réduction du temps de travail ou une hausse de salaires, même formulées par des « propositions constructives » pour adopter le langage actuel de la direction. Le projet s’ inscrit dans une démarche exclusivement « défensive », pourquoi ne pas évoquer les termes : lutter, déclencher les grèves, gagner les solidarités de classe des autres travailleurs, imposer des négociations au patronat, poursuivre le mouvement jusqu’à la satisfaction des revendications essentielles ?

La réponse est que la CGT quitte la démarche revendicative syndicale, pour une démarche associative sociétale, substitue la nécessité des luttes de classes au profit de la « confrontation d’idées » ! Aucune proposition émanant des travailleurs ne verra sa concrétisation si elle n’est pas soutenue par un rapport de force !

B. Thibault a pris l’habitude parfois seul d’aller « consulter « le premier ministre, quels ont été les gains ? nul, parce que la direction lors des conflits SNCM et RTM n’a jamais cherché à créer un rapport de forces, en prônant une stratégie de convergence des luttes, en se déplaçant partout pour appeler les travailleurs d’autres catégories à la solidarité par des manifestations ou la grève interprofessionnelle nationale !

 

Poursuivons : « Dans une situation marquée par des affrontements sur les acquis sociaux et la difficulté à identifier les leviers par lesquels peser sur la situation, les regards se tournent vers le syndicalisme ».

A l’absence d’analyse du caractère de classe du capitalisme, de la politique gouvernementale et de celle de l’Union européenne (sommet de Lisbonne) va correspondre l’adoption du langage de nos adversaires emprunté à la sociologie bourgeoise. Les « ressources humaines » dans les entreprises évoquent elles aussi les conflits et « affrontements » pour mieux les éteindre.

La situation actuelle est marquée par la volonté du MEDEF de détruire tous les acquis sociaux, de laminer le code du travail, de flexibiliser l’emploi, pas comme le prétend la direction confédérale par des « affrontements » sur ce qui relèverait de choix ou d’idées différentes ! Si on ne décrit pas la stratégie du capital, on ne peut organiser les ripostes nécessaires et on vient comme sur le dossier des retraites à partir des propositions gouvernementales !

Les « leviers » pour dépasser les difficultés est ce fait incontournable que depuis que la CGT au 45éme congrès a opté pour sa « mutation », toutes les réformes prônées par le MEDEF et le pouvoir, ont malheureusement été adoptées , aggravant la situation sociale dans tous les domaines : retraites, prévoyance, santé, éducation, non satisfaction des besoins.

Le « syndicalisme rassemblé » a fait la preuve de son inconsistance, de sa vacuité et n’a pu contrer aucun des coups portés par le gouvernement des Juppé, Jospin, Raffarin, Villepin !

Pourquoi ? parce que les formes de luttes proposées : mouvements isolés les uns des autres, au nom de la « spécificité » des revendications catégorielles , s’avèrent plus qu’insuffisants pour infliger défaites et reculs au pouvoir et au patronat.

La tendance de la direction confédérale est de refuser de cibler clairement le gouvernement et sa politique. Au lieu de rappeler les responsabilités de la bourgeoisie monopoliste française dans la politique de casse de l’économie nationale, dans le transfert des entreprises là où la vente de la force de travail se fait à plus bas prix, alors que dans le même temps les multinationales de l’hexagone s’emparent de pans entiers de l’économie de pays du tiers-monde, la direction CGT évoque un monde « percuté de plein fouet par les mutations du travail, l’importance du chômage et de la précarité, les effets de la mondialisation ».

N’est-ce pas là ne désigner aucun adversaire de classe, s’inscrire dans la fatalité et la résignation d’une monde changeant à mieux aménager? et surtout c’est détourner l’attention des responsabilités de l’impérialisme qui partout met en avant cette politique néo-libérale.

 

« Les logiques économiques et politiques privilégient la mise en valeur du capital au détriment des besoins sociaux et du développement humain » dénonce le document, encore faut-il préciser qu’il s’agit là du produit inévitable du système capitaliste !

Ce mode de production s’avère dans l’incapacité de satisfaire les besoins matériels et culturels, la CGT doit confirmer son identité fondatrice : se défendre au quotidien dans la bataille de l’emploi et des salaires, lutter dans la perspective de gagner la socialisation des moyens de production, de conquérir le pouvoir des travailleurs, d’œuvrer grâce au socialisme à l’abolition du salariat !

La direction confédérale rejette cette stratégie et préfère s’accrocher aux vieilles lunes du syndicalisme réformiste, reconnaissant le capitalisme comme irréversible. C’est là, au-delà des apparences actuelles, un contre-sens historique, les peuples d’Amérique Latine sont à cet égard, pionniers de la lutte contre le nouvel ordre mondial impérialiste, tel est la voie de l’avenir !

« Décision 1 » : Construire des réponses solidaires et rassembler ».

 

Le document propose de mettre la solidarité au cœur des enjeux de la CGT : «  Par une action revendicative qui répond aux aspirations individuelles des salariés, chômeurs et retraités et à leur besoin de solidarité commune ».

On émet là plus un vœu qu’une méthode pour parvenir à développer et diffuser les solidarités nécessaires.

Tout d’abord, le syndicalisme doit inscrire son action en développant la solidarité de classe contre le capital. La solidarité est régie aussi par les positions de classe, le travailleur ne saurait être « solidaire » par exemple avec son patron. La solidarité va naître moins de « propositions » même « alléchantes » que du combat revendicatif quotidien.

Tout d’abord, les monopoles s’appuient sur la diversité des contrats de travail : précaires, à durée indéterminée, fonctionnaires, pour tenter de diviser les travailleurs et les organisations syndicales. La solidarité de classe doit partir des travailleurs à emploi stable (mais pour combien de temps ?) pour qu’ils s’unissent à tous les privés d’emploi et précaires, autour de l’exigence de la généralisation des CDI et de l’interdiction de la précarité.

La CGT doit lutter en développant les convergences de luttes fondées sur les convergences d’intérêt pour le retrait des CNE et CPE, machines de guerre pour liquider les dispositions restées démocratiques du code du travail, comme le souhaite le MEDEF.

La solidarité de classe exige la lutte contre les discriminations sexistes et racistes, la CGT doit se battre pour gagner de nouveaux droits citoyens aux travailleurs immigrés, soutenir le combat pour la régularisation des « sans-papiers », combattre pour l’égalité de salaire à qualification égale et de promotion pour les femmes.

Cessons de nous voiler la face, dans ce pays de forte implantation de PME (51 % des ouvriers travaillent dans ce type d’entreprises), le droit syndical est bafoué, le chantage et les pressions sont le lot quotidien de beaucoup de salariés. L’égalité des droits, notamment syndicaux, s’imposent : présence de délégué du personnel dans toutes les entreprises quelles que soit leur taille ; formation et élection d’ un CE à partir de 10 salariés, voilà les exigences à gagner par les luttes solidaires.

C’est précisément l’enjeu fondamental d’égalité des droits qui montre la validité d’une stratégie de convergence des luttes. Lorsqu’une entreprise ou un service public de proximité ferme, c’est l’ensemble des travailleurs et commerçants d’une commune ou région qui sont touchés : la solidarité de classe passe par l’information à la population et aux salariés des autres entreprises, la solidarité financière de ces derniers envers la grève, la formation de comités regroupant salariés et leurs élus du personnel/usagers, enfin l’alerte au pays et l’appel à des débrayages de solidarité à l’échelle locale, régionale, nationale.

Le document part du besoin de satisfaire « les revendications individuelles » mais « omet » cette vérité pour tous les syndicalistes : c’est par la définition de revendications collectives, de luttes collectives que les besoins individuels seront satisfaits !

Décision 2 : Renforcer et déployer la CGT : un enjeu stratégique essentiel.

 

Le document assigne au congrès l’objectif de renforcement de la CGT, « d’en faire une priorité quotidienne en vue d’atteindre le million de salariés ».

Les moyens proposés sont un peu courts : se déployer vers les PME et « pérenniser la syndicalisation ».

A la Libération le CGT comptait 5 millions de membres, ce n’était pas là seulement et principalement le résultat d’une campagne d’adhésion. La CGT avait démontré, par son identité de syndicat de classe, ses luttes et les gains de la lutte, l’efficacité du syndicalisme, cela avait permis à des millions de salariés d’accéder à cette vérité : c’est en prenant ma carte syndicale que je serai à même d’être défendu et de me défendre !

La difficulté actuelle réside dans le fait que beaucoup de salariés qui n’ont pas connu des luttes d’envergure, voient les acquis conquis par leurs aînés, en train d’être liquidés.

« Se syndiquer ? » : d’un côté le travailleur voit des syndicats comme la CFDT se faire le relais des exigences patronales et signer des accords anti-sociaux qui aggravent le quotidien pour les salariés, de l’autre la CGT depuis 1995 ne joue plus son rôle d’avant-garde syndicale et refuse toute globalisation des luttes. Les « journées d’action » (surtout pas convergentes, cela gênerait le pouvoir !) se succèdent, plus ou moins réussies, sans aucun résultat !

Cette inefficacité est selon nous le principal facteur de la faiblesse de l’adhésion syndicale dans notre pays.

Renouer avec le syndicalisme de lutte de classes et une stratégie de convergence des luttes permettra à la CGT de montrer pleinement son efficacité, d’apparaître comme la force résolument opposée à la politique du pouvoir et du MEDEF.

Décision 3 : rassembler le syndicalisme en France.

 

La résolution précise : « le rassemblement du syndicalisme demeure un objectif essentiel pour l’unité des salariés et l’efficacité revendicative. Le congrès propose d’impulser des débats sur les responsabilités que cela implique pour tous les syndicats. »

Depuis 1995, la CGT prône le « syndicalisme rassemblé ». La division syndicale est un obstacle majeur au déploiement unitaire des forces du travail, une arme patronale pour diviser les travailleurs. Le syndicalisme de lutte de classes doit rappeler que la division syndicale est provenu de la volonté du patronat (création des syndicats « jaunes » de briseurs de grèves), de l’église catholique avec la création de la CFTC, de la social-démocratie avec la scission de « Force Ouvrière », puis la scission de la CFDT avec la CFTC. Cette division à l’époque traduisait l’affrontement entre deux conceptions du syndicalisme : réformiste et de collaboration de classes qui vise à l’aménagement des mesures patronales et gouvernementales et syndicalisme révolutionnaire qui fait de l’inscription dans les luttes de classe, le levier pour mener le combat quotidien et stratégique contre le capital. La quasi totalité des conquêtes sociales l’ont été grâce au syndicalisme de lutte et de masse incarné par la CGTU, la CGT et la FSU dans le milieu enseignant, conquêtes d’autant plus accessibles que la CGT par ses positions de combat réussissait à mettre en mouvement les travailleurs des autres centrales, toujours à la base et parfois au sommet.

Aujourd’hui, on assiste à un glissement à droite de toutes les centrales, la CFDT devient l’orchestrateur et l’applicateur des desiderata du MEDEF, ce qui lui vaut les louanges de la presse réactionnaire et pro-patronale, FO qui revendique se battre pour la sauvegarde des acquis, a soutenu le principe de la grève générale interprofessionnelle contre la loi Fillon sur les retraites, propagande d’autant plus facile que la CGT a toujours refusé la globalisation et généralisation du mouvement dans sa volonté de ne pas se couper de la CFDT.

La CGT au nom du « syndicalisme rassemblé » refuse de jouer un rôle d’avant-garde et mise quasi uniquement au niveau national sur l’intersyndicale. La CGT est entraînée vers la CFDTisation de ses positions, même appartenance à la CES oblige !

Là aussi, le bilan critique s’impose, qu’à rapporté le « syndicalisme rassemblé », sinon la dilution des positions de classe vers un syndicalisme réformiste, d’aménagement devenu l’apanage des centrales traditionnelles, dans leur ensemble.

La CGT se doit d’affirmer l’identité du syndicalisme de classe et de masse, forte de ses positions qui aurait l’assentiment de la majorité des salariés, elle parviendrait ainsi à entraîner les centrales qui affirment défendre les acquis sociaux.

Dans tous les cas, la CGT doit construire le front unique du travail à la base, isoler les tenants de la collaboration de classe, en dénonçant devant les travailleurs les accords de trahison sociale.

Décision 4 : Œuvrer à une plus grande efficacité du syndicalisme européen.

 

« La CGT a acquis sa place au sein de la Confédération européenne des syndicats, participant activement à l’élaboration collective de ses objectifs et actions, faisant entendre sa voix tout en étant attentive à celle des autres ».

La réalité est passablement différente, la CGT en intégrant la CES, a abandonné des pans entiers de son identité, s’est montrée la tenante de la construction européenne, lire la construction de l’Europe capitaliste.

La CES n’est pas une simple coalition de centrales, mais un organisme superstructurel d’application des directives de la « Table ronde des industriels Européens » et de l’UE à leur service.

Quels sont les acquis obtenus par les travailleurs grâce à la CES ? aucun. Par exemple, la CES n’a rien fait contre la législation rendant obligatoire le travail de nuit des femmes, le travail des enfants dans certains Etats de l’UE, ce qui est relayé par Villepin quand il propose de rendre possible l’apprentissage à partir de 14 ans !

 

C’est si vrai, que la direction confédérale se propose d’améliorer la donne : « Le congrès se prononce pour qu’elle contribue à y promouvoir une démarche revendicative plus offensive à l’égard des instances politiques et des organisations patronales de l’Union ».

C’est dans ce passage qu’est évoquée « une meilleure convergence des luttes nationales et la construction d’un rapport de force plus favorable ». En somme, la « convergence des luttes » doit s’appuyer sur la CES et l’accord entre centrales nationales ! C’est la voie de la subordination à la CES, la perte d’indépendance syndicale.

Loin de tirer la CES, au moment de l’entrée dans la campagne référendaire sur le projet de constitution européenne, on a vu l’inverse et deux importants membres de la CGT siégeant à la direction de la CES, rédiger une « tribune libre » dans « Le Monde » vantant les mérites du Traité !

Sans le redressement salutaire venu de la base et de certaines fédérations, UL, UD, la direction préparait les esprits à une attitude positive à l’égard du traité. D’ailleurs les critiques émanant du bureau confédéral n’ont pas manqué quand la centrale a appelé à rejeter le projet de traité. Plusieurs hauts responsables ont de même brillé par leur silence dans la campagne.

La CES, fervent soutien du projet et du bloc impérialiste européen, a mené campagne en France aux côtés de la réaction, des sociaux-libéraux, du capital méprisant ainsi la voix de la majorité des salariés du pays. Imaginons un instant que la base n’ait pas permis le redressement des positions de la Confédération, pour la première fois de son histoire la CGT aurait mené campagne aux côtés du MEDEF ! Cela est peut-être cruel mais mérite d’être rappelé !

Nous appelons les camarades à dresser le bilan de l’appartenance à la CES, quant à nous nous défendrons la demande de retrait immédiat de la CES. La construction de luttes à l’échelle européenne, peut parfaitement se passer d’un organisme de subordination aux décisions des multinationales. Les syndicats nationaux de chaque pays peuvent engager des coopérations de lutte sans l’aval d’une CES, bureaucratie syndicale européenne.

Décision 5 : Construire une nouvelle internationale syndicale pour promouvoir une autre mondialisation.

 

« Le congrès approuve la démarche entreprise par nombre de confédérations de divers continents, dont la CGT qui se sont engagées dans la construction d’une nouvelle centrale syndicale mondiale ».

Rappelons que la CGT a appartenu depuis sa création en 1945 à la Fédération syndicale mondiale (FSM), puis au 45éme congrès, a rompu au nom d’une « situation diversifiée et de divergences d’analyse ». Cette fédération internationale s’appuyait sur le syndicalisme de classe et de masse, ce qui a entraîné la scission de fédérations internationales de nature réformiste : la Confédération mondiale du travail (CMT) qui regroupaient les syndicats se réclamant du christianisme et la CISL proche de l’AFL-CIO américaine où siège FO.

Ceux qui aiment à parler de « rassemblement » ne doivent pas oublier que les divisions sont le fait de ceux qui jugent inacceptables un syndicalisme de lutte de classes, le réformisme c’est la division et la cassure du front unique du travail, pour le seul bénéfice du capital.

Le projet de nouvelle centrale internationale serait le fruit de la fusion entre CMT et CISL autour de la volonté affichée de contribuer à « humaniser » la mondialisation.

La FSM avait le mérite essentiel de regrouper des centrales de luttes de tous les continents et notamment du « Tiers-Monde ».

La décision de rupture de la CGT selon nous n’est pas juste, car la FSM est l’outil pour réaliser le front mondial des travailleurs des pays impérialistes oppresseurs et des masses populaires des pays opprimés. Est-elle sans défaut et liens éventuels avec des syndicats « d’Etat », comme le rapporteur l’affirmait au 45éme congrès ? non , bien sûr, mais la FSM regroupe toujours les syndicats les plus combatifs, ceux qui axent leur stratégie sur la lutte de classes. Quant aux « syndicats dépendants de leur Etat » ? aucune centrale affiliée à la FSM ne l’est d’Etat impérialiste qui menace l’indépendance des peuples et pays, ce qui n’est pas le cas de la CES et des autres confédérations internationales.

Autre objection, ce projet n’a pas l’unique soutien de la CGT, mais aussi des autres centrales comme la CFTC et la CFDT, c’est donc un projet du « syndicalisme rassemblé » qui vise à créer une centrale réformiste mondiale opposée à la FSM.

Le programme de cette nouvelle fédération mondiale est le principal facteur d’inquiétude selon nous. Dépourvu d’analyse de classe, comme l’est le document d’orientation, on peut toujours considérer que l’horizon capitaliste est la « norme des sociétés modernes », que la mondialisation est un facteur incontournable qu’il faut aménager pour s’attaquer à ses traits les plus inhumains.

Partisans du syndicalisme révolutionnaire, nous ne saurions souscrire à cette vision, la CGT de Benoît Frachon inscrivait son action dans la lutte contre l’impérialisme et ses coalitions civiles ou militaires. Aujourd’hui, cette règle de combat reste valable.

La « mondialisation » capitaliste qu’il ne faut pas confondre avec la tendance objective à l’internationalisation croissante des échanges, à l’interpénétration des économies, est le produit du Nouvel Ordre Mondial impérialiste, qui vise à la recolonisation des pays dominés, à la destruction des acquis sociaux dans tous les pays, à la libéralisation des échanges afin que les multinationales fixent partout leurs règles, à la subordination des politiques nationales aux sacro-saintes règles néo-libérales.

De même que par de simples et uniques « propositions », on ne peut changer la gestion des entreprises tant que règne la propriété privée des moyens de production, on ne peut « démocratiser » des organismes comme le FMI, l’OMC avec de simples vues « alternatives ».

On ne peut semer d’illusions à ce sujet sans engendrer des tragédies possibles demain. Ces organismes sont des instruments de la stratégie mondiale et concurrentielle des Etats impérialistes, nullement des assemblées plus ou moins démocratiques où l’on pourrait faire entendre sa voix.

Or les grandes lignes de la nouvelle centrale mondiale annoncée consiste à émettre des propositions législativesinternationales, réglementant la mondialisation et lui fixant des règles plus « sociales ».

Nous estimons que la CGT a mieux à faire que reprendre sans esprit critique les tromperies semées par l’adversaire de classe. L’impérialisme ne peut être démocratisé, les débats éventuels n’empêcheront pas comme on l’a vu au sujet de l’Irak à l’ONU, d’appliquer la politique voulue par les transnationales et rien qu’elle.

Doit-on se résigner à la brutalité de la mondialisation capitaliste ?

non, à l’échelle internationale, la solution pour les peuples résident dans un premier temps, dans la défense et la reconquête de leur droit à édifier leur économie nationale, par une politique clairement anti-néo-libérale. Ce qui se passe à au Venezuela, en Bolivie, à Cuba, montre qu’on peut résister aux diktats de l’impérialisme, s’engager dans une voie indépendante de développement en établissant des règles de coopérations d’égal à égal avec les autres pays.

La lutte contre l’impérialisme mondial exige le déploiement de luttes internationales d’ampleur, la solidarité internationaliste de classe, c’est pour cela que nous préconisons la réadhésion à la FSM afin que le monde ouvrier puisse avoir l’outil syndical international de lutte contre l’impérialisme, contre le néo-libéralisme, le colonialisme, la guerre.

Décision 6 : contribuer à la vie sociale et politique de façon ouverte et indépendante.

 

« Pour renforcer le syndicalisme, le congrès engage la CGT à mettre la vie syndicale CGT au service de la citoyenneté à l’entreprise, à déployer des pratiques de négociations démocratiques et offensives pour en faire des moyens du progrès social, à contribuer aux débats politiques et sociétaux de façon ouverte, indépendante et respectueuse de la diversité des syndiqués. »

L’essentiel dans ce passage est la mise en avant d’une proposition, qui n’a rien de bien nouvelle sous le ciel syndical, il s’agit de la fameuse cogestion comme en Allemagne ou de l’autogestion version de la CFDT de Maire. Le but de cette cogestion est de réguler les « négociations entre partenaires sociaux ». Les résultats en Allemagne sont peu probants, les salariés eux aussi subissent la même politique néo-libérale de casse sociale, de destruction des acquis, d’allongement du temps de travail sans augmentation des salaires. La cogestion pour le patronat Allemand présentait l’avantage, de limiter le droit de grève qui exige la consultation de tous les salariés !

En France, des menaces sont réitérées à l’encontre du droit de grève « au nom du service minimum ». Les syndiqués doivent redoubler de vigilance car des fractions du MEDEF peuvent être intéressées à subordonner le droit de grève en cas seulement d’« absence de négociations ». les résultats seraient prévisibles : faute de rapport de force découlant des grèves, le patronat n’aurait aucune raison de céder aux demandes syndicales.

De plus, cette proposition de la direction CGT a peu de chances de se concrétiser, car là où les monopolistes Allemands « dupent » et rusent par une cogestion (qui en réalité signifie : accompagnement des décisions patronales), l’oligarchie financière et le patronat Français se sont toujours caractérisés par de fortes positions de classe ( eh, oui, si certains syndicalistes « modernes » ignorent la lutte de classe, le capital lui en connaît les règles ! ), le prouve l’absence de toute ouverture lors des récentes négociations nationales.

En 1968, la grève de 10 millions de salariés, l’occupation des entreprises ont permis la conquête de nouveaux droits et l’augmentation des salaires en moyenne de 17 %, mais bien sur la base d’un rapport de force préalable aux négociations imposées par la lutte. Aujourd’hui, dans un contexte où le syndicalisme a un moindre poids face à l’offensive des monopoles, il n’est pas d’autre voie que l’union dans les luttes, dans de vastes mouvements d’ensemble fondés sur le « Tous ensemble et en même temps ! »

Chapitre II : La démocratie au cœur des enjeux de transformation du travail et de la société.

 

« La CGT se fixe pour objectif de permettre la conquête d’avancées sociales obtenues par la mobilisation et l’action des salariés. Cette démarche suppose un développement sans précédent de la démocratie sociale et la conquête de nouveaux droits. Elle conduit à s’interroger sur la nature des propositions revendicatives et des moyens à mettre en œuvre pour leur permettre d’aboutir ».

Là aussi, derrière les énoncés des objectifs, chacun à première vue peut exprimer son accord, tant la déclaration est floue et consensuelle. A y regarder de plus près, l’objectif reste déconnecté de toute analyse du mode de production actuel comme de la réalité engendrée par la politique de Villepin-Sarkozy.

Ces derniers temps, confronté à l’explosion sociale des cités dans les banlieues les plus déshéritées ou à des grèves de longue durée, le pouvoir a restreint toutes une série de libertés démocratiques fondamentales : intervention de l’Armée (marine de guerre) pour briser un mouvement revendicatif à la SNCM ( ce qui ne s’était pas produit depuis 1947), sans aucune analyse et protestation de la Confédération ; proclamation de l’Etat d’urgence selon une réglementation datant de la guerre coloniale contre le peuple Algérien ; loi Sarkozy visant à limiter le secret de la correspondance par mail et téléphone (sous couvert de lutte contre le terrorisme), restrictions sur le droit d’asile, législation permettant le « tri » entre nationalités d’immigrants.

Ce phénomène de régression vers toujours plus d’autoritarisme touche les grandes métropoles impérialistes : Etats-Unis avec le « Patriot Act », Grande-Bretagne où les 2/3 de la population sont filmés chaque jour plusieurs dizaines de fois, Japon où sournoisement on réhabilite les criminels de guerre fascistes. Ajoutons aussi, le rapport Linbläd (Conseil de l’Europe) sur « les crimes du communisme » qui vise entre autre à effacer des mémoires ce fait incontournable et dérangeant pour le capital et ses soutiens : les peuples doivent leur libération du fascisme principalement à L’URSS. Rapport qui condamne le concept de « lutte de classes » comme à l’origine des « crimes » ; condamne la Révolution Française pour les mêmes raisons et appelle le mouvement communiste soit à se renier soit à se voir refuser la légalité de ses activités.

Toutes ces mesures réactionnaires sont liées à l’ampleur de la crise du capitalisme que le document n’évoque même pas alors qu’elle conditionne l’ensemble des éléments politiques et économiques.

Penser dans ces conditions, la conquête de droits démocratiques nouveaux sans les lier à la bataille de classe contre le principal adversaire de la démocratie : la bourgeoisie monopoliste revient à adopter une vision a-classiste où tout le monde « il est beau, il est gentil ».

La réalité que nous vivons, oblige à dire, ce qu’ignore le document, que les conquêtes démocratiques et sociales de la Libération sont précisément dans le collimateur de la politique gouvernementale, qu’aujourd’hui malheureusement le combat pour les droits démocratiques est avant tout défensif car nous sommes confrontés à une offensive réactionnaire, certains sont fondés de parler de climat qui n’est pas sans rappeler les années 30.

Bien sûr, conjointement à la sauvegarde des droits existants, la CGT doit œuvrer à leur extension, notamment dans les entreprises, où le degré de citoyenneté est plus que réduit. A cet égard, la phrase « défendre l’existant ne suffit pas » revêt un caractère inquiétant, puisque qu’il gomme toute critique, précisément, du néo-libéralisme qui comme un rouleau compresseur détruit droits et garanties politiques et sociales.

Quant aux moyens à mettre en œuvre, à un moment où les conditions et contrats de travail sont de plus en plus diversifiés, ils prennent leur source dans la stratégie de convergence des luttes, dans un projet revendicatif fondé sur le rattrapage des situations, sur le nivellement par le haut !

Décision 7 : Statut du travail salarié : l’ambition de la CGT de changer le travail.

 

« Le congrès engage la CGT, par ses propositions, à conquérir et à nourrir un nouveau statut de travail salarié. Sa mise en œuvre doit renforcer le code du travail, consolider et développer les fondements des conventions collectives et statuts existants, par la conquête d’un ensemble commun de garanties individuelles et collectives, instaurant :

Des droits transférables lors de la mobilité des salariés d’une entreprise à l’autre ».

Là aussi, avant d’affirmer le souhaitable et son projet, il faut rappeler le réel : le code du travail et les conventions collectives sont visés à la fois par le MEDEF et les divers gouvernements : annualisation du temps de travail avec la loi Aubry, les récents CNE et CPE, contrats de droit privé dans les services publics, etc.

Cessons aussi d’adopter le langage du management d’entreprise, la « mobilité » n’est pas un atout, une conquête, mais traduit la dramatique réalité du chômage de masse qui oblige des centaines de milliers de salariés à changer d’emploi et d’entreprise.

 

« Une Sécurité sociale professionnelle pour tous les salariés du privé comme du public, pour que leur contrat de travail soit maintenu même si leur emploi est supprimé ».

Cette proposition est au centre de la ligne confédérale pour le prochain congrès. Thème d’autant plus public que le premier ministre a parlé de son adoption législative.

Maryse Dumas du bureau confédéral précise ainsi son contenu possible : « il s’agit de construire des solidarités d’intérêts, des convergences des luttes, de retourner le dumping social à l’envers, les acquis des uns constituant des points d’appui aux luttes des autres (…) il s’agit de créer une garantie interprofessionnelle pour attacher les droits à la personne du salarié et ne plus les faire dépendre de l’entreprise pour laquelle ils travaillent (…) chaque salarié disposerait en terme de salaire, de carrière, de formation de droits cumulés dont l’employeur devrait tenir compte ».

Ce projet n’est pas nouveau, il est l’enfant de l’économiste Paul Boccara, un des fondateurs de « Confrontations », organisation où siègent sur le vieux modèle du « comité des forges » : monopolistes comme J.Peyrelevade, F.Mer (ministre de l’économie de Raffarin), J.Gandois, des syndicalistes comme JC. Le Duigou, très haut dirigeant de notre confédération, ainsi que des politiques comme M.Rocard, tous attachés « à la construction européenne », « à la non-diabolisation du patronat » !

Ce projet inscrit sa logique sur une certaine gestion sociale d’accompagnement du chômage, sur une certaine fatalité face aux licenciements et fermetures d’entreprises. Le gouvernement peut y trouver son compte en calmant la colère des privés d’emploi et délocalisés, d’autant que le projet reste flou sur ce que gagnerait le salarié même doté de « droits pérennes » dans les périodes de chômage et de formation. Ainsi le gouvernement peut trouver intérêt à la création d’une nouvelle cotisation qui organiserait le financement de ce « nouveau droit » par la masse des salariés. Il faut donc être vigilant . De plus, à qui fera t-on croire qu’un salarié licencié pourra trouver un nouvel employeur lui assurant le même salaire, le droit restera lettre morte et le patron choisira un salarié moins payé.

Idem, dans le cas de figure où un salarié quitterait volontairement son entreprise pour s’assurer une meilleure paye, ne serait-il pas alors prisonnier de son contrat de « sécurité sociale professionnelle », le patron ne trouverait-il pas alors à utiliser cette loi contre les intérêts du salarié ?

Autre danger possible, le texte fait référence au maintien des droits des salariés de la Fonction publique, en cas de perte d’emploi, mais ne précise pas s’il s’agit de personnes de droit privé, comme il en existe actuellement ou de titulaires du statut de la FP, dans ce dernier cas, à l’heure où le MEDEF veut s’attaquer à ce statut, cela pourrait constituer un « deal » possible entre la liquidation du statut et de ses garanties de pérennité de l’emploi contre l’octroi de cette « sécurité sociale professionnelle ».

On voit donc que les inquiétudes de beaucoup de syndiqués à l’égard de ce projet sont plus que fondées. Si l’avancée sociale était aussi évidente, il n’y aurait pas toutes ces critiques. C’est pourquoi, sans nier la nécessité de combattre pour de nouvelles garanties pour le salarié, nous militons pour que la CGT soit au premier rang pour défendre les revendications montantes dans les luttes : Interdiction des licenciements ! interdiction de la précarité/ des CDI pour tous ! SMIC à 1500 euros net ! Transfert au service public des entreprises qui ferment ou délocalisent !

Voilà des objectifs revendicatifs réels qui garantiraient le lutte contre les inégalités croissantes, unifierait le mouvement social autour d’objectifs porteurs, tirant l’ensemble ses salariés vers le haut, « ne retournant » pas simplement le dumping social mais le cassant.

 

« une protection sociale élargie et démocratisée, au financement garanti par une réforme de la cotisation patronale ».

Nous sommes d’accord avec cette proposition à condition de rappeler que l’objectif fondateur de la sécurité sociale de gratuité des soins doit être reconquis. Les cotisations patronales doivent résulter de parts prélevées sur le profit des entreprises. Des amendes substantielles doivent frapper les patrons mauvais payeurs. Les nouvelles cotisations de prévoyance et de santé mises en place ces dernières années, doivent être abrogées.

 

« Une démocratie participative en territoires, avec des lieux d’intervention dotés de réelles prérogatives ».

C’est la reconnaissance par la confédération des lois de « décentralisation ». En 2003, notamment dans l’Education nationale, la gestion décentralisée des ATOSS avait soulevé inquiétudes et colère. Les problèmes restent entier avec une mobilité forcée. La décentralisation voulue par l’UE accentue l’inégalité de développement entre régions, va accroître les tendances à la désertification des plus défavorisées. Ce projet constitue aussi un moyen de démanteler le service public national, la CGT doit s’y opposer au nom du refus de l’affaiblissement des communes, du refus d’une « régionalisation » des contrats de travail aggravant les inégalités de situation, du refus de l’affaiblissement de la souveraineté nationale et de l’économie nationale voulu par la bourgeoisie monopoliste, avide de conquêtes de marchés extérieurs. Derrière la « décentralisation » se cache au-delà du langage, la réelle destruction de près de la moitié des services publics de proximité.

Décision 8 : Pour de nouveaux droits d’intervention des salariés.

 

« Le congrès décide de faire de l’exigence de nouveaux droits pour les salariés une priorité d’action de la CGT. Ces nouveaux droits doivent reposer sur un développement pour tous les salariés du droit syndical et des droits de représentation ».

 

Nous sommes d’accord avec cette proposition. Nous avons formulé ce que peuvent être ces nouveaux droits dans notre introduction à l’analyse du rapport d’orientation.

Décision 9 : Pour de nouvelles règles de négociation collective.

 

« Le congrès décide de tout mettre en œuvre pour gagner de nouveaux droits de négociation pour les salariés quelle que soit la taille de l’entreprise. Ces droits doivent s’inscrire dans la hiérarchie des normes, du principe de faveur et du respect de l’accord majoritaire ».

 

Une centrale comme la CGT se doit d’avoir stratégiquement en ligne de mire qu’il ne peut y avoir de bonnes négociations sans création préalable d’un rapport de force favorable par les luttes. L’institutionnalisation et l’obligation de négociations régulières dans toutes les entreprises que nous jugeons nécessaire, doivent bénéficier de garde-fous, d’un cadre réglementaire qui évite des dérives possibles avec des accords au rabais dans les PME avec des syndicats-maisons. L’allongement du temps de travail dans certaines entreprises a été permis par un détournement du principe de faveur et des accords de dérogation pour telle ou telle entreprise. Soyons vigilants sur des annonces qui peuvent se retourner contre certains salariés dans certaines entreprises. Un rappel est nécessaire, la CGT doit agir en priorité pour des négociations nationales sur les salaires, les conditions de travail, la durée légale du temps de travail, en liant cette demande à une refonte de la représentativité puisque des syndicats minoritaires permettent l’adoption de lois anti-sociales par leur simple signature, pour être effectif, un accord doit être signé par des centrales qui représentent la majorité des salariés.

Décision 10 : Pour de nouvelles règles de représentativité. 

 

« Le congrès décide d’agir tant au niveau des branches qu’au plan interprofessionnel pour l’instauration de règles reconnaissant la représentativité réelle de chaque organisation, reposant sur la généralisation des élections professionnelles pour tous les salariés ».

 

Nous avons évoqué cette question de représentativité au point précédent. Nous étendons la proposition de la résolution à la redéfinition d’une représentativité majoritaire obligatoire pour la validité d’accords d’entreprise et au niveau national.

Décision 11 : Pour un paritarisme de gestion profondément rénové.

 

« Le congrès décide de revendiquer :

Une représentation majoritaire des salariés assurés et des élections directes de leurs représentants dans les caisses de sécurité sociale »

« Dans les autres institutions sociales, les institutions de prévoyance, les fonds de formation, une couverture plus homogène des salariés et l’élection de leurs représentants ».

Nous devons exiger que le nouveau paritarisme accorde la majorité des sièges aux représentants des salariés bénéficiant d’un droit de veto sur les décisions, concernant les conditions de travail, les salaires, l’emploi, la formation permanente.

Le texte élude l’appartenance de la CGT au Comité Intersyndical d’Epargne Salariale (CIES), prolongement de la loi Fabius. La CGT doit se retirer de ce « comité » qui accompagne la casse des retraites, inciteles travailleurs à l’actionnariat, ouvre la voie à l’adoption de fonds de pension en faisant dépendre l’épargne salariale des cours boursiers de l’action. L’association capital/travail est une vieille manœuvre des monopoles pour lier les travailleurs à ce que le patronat baptise « la bonne marche des entreprises ». La CGT dans le droit fil de l’héritage de B.Frachon doit condamner toute illusion sur de possibles intérêts communs entre exploiteurs et exploités !

Décision 12 : Pour un droit d’intervention sur les choix de gestion des entreprises.

 

« Le congrès revendique des droits et moyens nouveaux dans les Comités d’entreprise, dans les CCE, comités de groupes nationaux et européens, dans l’ensemble des institutions représentatives, afin de permettre l’intervention légitime des salariés sur les choix de gestion. »

 

Le texte est suffisamment évasif pour tenter d’éviter les inquiétudes ou interrogations. L’association « confrontations » et ses animateurs, tout un temps, ont consacré de nombreux textes à la « nécessité d’intervenir dans la gestion » avec propositions de financement .Le texte ne dit pas ce que peut être ce type d’intervention.

Nous sommes pour l’extension des pouvoirs aux CE et autres instances avec droit de veto sur toutes les décisions qui concernent les salariés, voir nos propositions ci-dessus.

Quant à l’intervention dans la gestion, cela fait plus de 20 ans que le mouvement ouvrier et syndical entend cette revendication qui n’a jamais vu une quelconque concrétisation. En l’ absence d’analyse de classe de la société capitaliste, certains s’en tiennent à des proclamations et vœux pieux qui ignorent totalement les lois économiques du fonctionnement de l’Etat des monopoles, des entreprises.

Sous le système d’exploitation, les entreprises sont régies par la propriété monopolistique ou capitaliste. La gestion capitaliste n’a qu’une seule perspective : permettre la réalisation du surprofit. L’oligarchie financière subordonne l’Etat et les entreprises à ses intérêts de classe. Penser que la classe capitaliste ne s’accorderait pas à satisfaire les besoins en raison « de mauvais choix de gestion », est un camouflage pour contourner la nécessité politique de combattre le capitalisme qui vise à masquer l’inscription de son action dans la défense et l’aménagement de ce système.

La cogestion appelons-la par son nom n’aurait qu’un résultat : associer les forces du travail aux décisions du patronat, affaiblir la dimension revendicative, c’est là une voie suicidaire pour le syndicalisme CGT.

Décision 13 : Contre le racisme et pour l’égalité des droits.

 

« Le congrès revendique l’égalité effective des droits pour toutes et tous et rejette le principe instaurant des droits différents selon l’origine ethnique ou sociale. Il rejette toute logique de quotas d’immigration et milite pour le plein-emploi solidaire partout dans le monde, ce qui implique de nouvelles conceptions de solidarité et de coopération internationale ».

 

« Continuer la CGT » est d’accord avec l’esprit de cette proposition. Notamment dans sa dimension de lutte contre les discriminations et le racisme. La récente explosion sociale des banlieues montre combien la France est devenue ségrégative dans les domaines de formation, d’emplois, de promotion. Le syndicalisme de classe et de masse que nous préconisons doit aller à la rencontre des jeunes des cités et exprimer sa solidarité à l’égard de ceux qui n’ont pas de perspectives d’avenir faute d’emploi durable. Cette ségrégation est engendrée par le pouvoir du capital qui surexploite les travailleurs immigrés dans les périodes de « relance » puis les place dans « l’armée industrielle de réserve » selon l’expression de K.Marx, en période de récession. Le racisme a toujours été une arme du capital pour diviser les rangs des travailleurs selon leur religion, nationalité, opinions, la classe ouvrière monde du travail n’ont qu’une réponse : leur unité de classe nationale et internationale.

Par contre le projet d’orientation n’est pas obligé de semer des illusions sur le « plein-emploi » impossible en régime capitaliste, seuls les Etats socialistes ont permis de vaincre ce fléau. D’autant plus que le chômage frappe, dans le mond,e un adulte sur trois, c’est cela aussi le bilan et les réalités contemporaines de l’impérialisme que le projet refus d’aborder.

Idem, pour les « coopérations internationales », elles résonnent creux quand on ignore cette réalité : les Etats capitalistes développés ( impérialistes), leur classe dirigeante s’enrichissent du pillage et de la misère des peuples des pays dominés, l’échange inégal est une loi du capitalisme qu’on ne pourra supprimer que par son renversement.

Décision 14 : Pour une nouvelle ambition éducative.

 

« Pour que l’école soit, pour chacun et partout celle de la réussite, la CGT décide de faire de sa démocratisation un axe de constructions revendicatives et de mobilisations, ce qui passe par l’éradication de l’échec scolaire »

 

Qui ne souscrirait à une telle profession de foi ? bien sûr nous sommes d’accord avec les objectifs fixés mais sans semer d’illusions. Puisque ce projet aborde les questions sous un angle plus « politique » que syndical et revendicatif, nous allons répondre tout d’abord avec des arguments politiques. L’oligarchie financière oriente et dirige non seulement l’Etat et les entreprises mais aussi l’ensemble des institutions, médias, organismes judiciaires selon ses intérêts de classe.

L’Ecole n’échappe pas à cette main-mise du capital sur la société. La volonté de se subordonner toujours plus la formation professionnelle directement par l’apprentissage ou indirectement par les stages et le « partenariat » dans les lycées professionnels se manifeste avec plus d’acuité que jamais.

Les monopoles développent une conception « utilitaire » de la formation. Relisons les déclarations du sommet européen de Lisbonne où la France était représentée par J.Chirac et L Jospin, au centre de l’éducation proposée aux jeunes, le leitmotiv c’est « adaptabilité » et « mobilité ». L’Ecole doit préparer les futurs salariés à leur futures flexibilité et précarité. Les monopoles fixent à l’éducation la tâche de préparer les esprits à cette réalité que le capitalisme veut générale demain : un salarié prêt à aller là où il y a des emplois dans le monde !

Le préalable à toute véritable démarche revendicative pour l’école est de défendre le caractère public et laïc de l’Education nationale, de s’opposer à la main-mise croissante du MEDEF sur l’Education nationale

Avant même de songer à « l’éradiquer », l’échec scolaire doit être combattu en développant la bataille pour les moyens financiers, avec priorité budgétaire pour l’Education nationale, la création de postes par leur ouverture aux concours qui permettrait de diminuer le nombre d’élèves par classe, la titularisation des auxiliaires, le retrait total de la loi Fillon, le refus de l’apprentissage pour les jeunes âgés de 14 ans, la défense et l’extension des zones d’éducation prioritaire.

La CGT doit en accord avec les centrales d’enseignants et de personnels éducatifs, les associations de parents, les salariés dans leur ensemble mener aussi la lutte sur les contenus, défendre le principe d’une école de la réussite assurant à 80 % d’une classe d’âge le baccalauréat. La CGT doit agir pour que la formation en entreprise initiale ou continue soit placée sous le contrôle des organisations syndicales et des élus du personnel avec droit de veto sur des mesures contraires au projet d’école de la réussite.

Seule cette bataille revendicative est à même de revaloriser une profession tant matériellement que moralement, exerçant un métier difficile dans des conditions dégradées, la CGT doit réclamer la création de postes para-scolaires pour écouter et encadrer les jeunes en détresse, combattre toute mesure de « judiciarisation de l’espace scolaire » comme le propose Sarkozy !

 Décision 15 : Pour une démocratie culturelle.

« Le congrès décide de faire de l’exigence d’une « nouvelle démocratie culturelle », un axe de construction revendicative et de mobilisation, et d’engager une vaste campagne pour l’adoption d’une loi d’orientation et de programmation pour la culture ».

 

Dans cette démarche de « législateur », la direction confédérale est amenée à faire des propositions sans situer l’état des lieux.

La mondialisation capitaliste se traduit par une marchandisation de l’ensemble des activités humaines. La culture n’échappa à cette loi de rentabilité financière. Une loi-cadre est sans doute nécessaire mais on ne saurait s’en remettre aux tenants du libéralisme ou du social-libéralisme, qui se succèdent au pouvoir en alternance, pour faire ce qu’ils n’ont pas opéré depuis des années par soumission à la loi de l’argent et à la « création » rentable.

La CGT doit impulser la bataille pour la création d’un grand service public de la création et de la culture qui permettrait à de jeunes créateurs de monter leurs spectacles en toute indépendance financière. Bataille qui passe par les hommes et femmes, en abrogeant la désastreuse et inégalitaire loi sur les intermittents du spectacle, signée promptement par la CFDT, par des moyens supplémentaires en donnant les recettes budgétaires suffisantes au ministère de la Culture, enfin par la défense de la qualité. La CGT autrefois a joué un rôle de premier plan, dans la promotion d’une culture accessible financièrement à tous. Cette démarche doit être renouvelée à l’égard des habitants des cités et des quartiers populaires. La CGT doit se faire le promoteur d’une culture progressiste, antifasciste refusant l’exploitation et l’aliénation humaine des « reality shows », le culte de la violence, le racisme. La culture nationale doit être défendue vigoureusement contre l’hégémonie US dans le cinéma et à la télévision.

Décision 16 : Pour des services publics, outils de solidarité et de citoyenneté.

 

« Le congrès décide de poursuivre des mobilisations professionnelles et interprofessionnelles indispensables, y compris au plan européen, pour faire reconnaître la place de l’intérêt général et des services publics ».

Là aussi, derrière les fortes formules, la direction confédérale ne dresse aucun état des lieux.

Le néo-libéralisme, terme qui n’est pas cité une seule fois dans le texte impose un cours de privatisations dans tous les pays, dans tous les Etats de l’UE.

En Grande-Bretagne sous la direction de M.Thatcher et T.Blair, les privatisations ont rapporté 200 milliards de $, le secteur public d’économie a vu son poids passer de 9 à 2% dans le PIB.

La France n’a pas été à la traîne, J.Chirac, comme premier ministre a privatisé les entreprises devenues publiques en 1981 pour l’essentiel pour un montant de 72 milliards de francs ; sous E.Balladur, les recettes des privatisations ont rapporté 114 milliards de francs, sous A. Juppé : 40 milliards et enfin sous la « gauche plurielle » dirigée par L.Jospin les records ont été pulvérisés avec 260 milliards. Raffarin et Villepin ont poursuivi dans cette voie.

Ces sommes visent à corriger le déficit des recettes publiques et la dette pharamineuse de l’Etat. Des entreprises bâties avec l’argent public, par la force de travail de leurs salariés, ont été bradées pour le seul profit des champions de la finance et autres boursicoteurs. Ainsi, se crée une propriété monopoliste sans que ses acquéreurs aient déboursé un seul centime d’investissement pour le développement de l’entreprise durant des décennies.

Les services publics ont permis dans l’esprit de leurs fondateurs, la satisfaction des besoins vitaux, avec égalité de traitement grâce à la péréquation.

Très vite, ces services publics ont été l’objet d’une bataille de classe, quand à partir des années 70 et encore plus 80, la rentabilité financière devint le principal critère de gestion, au détriment des prestations offertes aux usagers. Rentabilité financière qui a vu des entreprises publiques, investir sur des marchés étrangers, participer à la prise de possession et au contrôle d’entreprises. Investissements qui se sont opérés à l’encontre des intérêts des besoins et des salariés. L’Union européenne, a toujours été une machine de guerre contre les services publics au nom du sacro-saint dogme de la « concurrence et de la libéralisation des capitaux, le sommet de Lisbonne dans la continuité du traité de Maastricht a tracé les étapes de la libéralisation dans tous les secteurs et ainsi ouvre la voie à la liquidation de tous les services publics, comme s’y inscrivait aussi, le projet de traité constitutionnel européen.

« L’ouverture du capital », loin de constituer un « atout » ou le « maintien du service public » comme l’ont proclamé certains dirigeants confédéraux, constitue une privatisation rampante. Les mêmes responsables appellent les salariés/actionnaires à les utiliser pour « peser sur les choix de l’entreprise » !

N’est-ce pas pitoyable de voir des dirigeants qui devraient être aux avants-postes pour mobiliser les salariés, se faire l’écho du « capitalisme populaire » et encourager implicitement les travailleurs à s’enrichir ( même un peu) de la vente de force de travail de leurs collègues !

La SNCF, EDF-GDF et d’autres seront privatisées, sans mobilisation massive des salariés et des usagers. Voilà, la réalité à laquelle sont confrontés les Français.

La CGT doit lancer une vaste campagne de mobilisation avec formation de comités de défense salariés/usagers/élus politiques/, afin de préparer une grève générale contre les privatisations, pour la défense et le développement de services publics, pour la satisfaction des besoins en terme de santé, d’éducation, d’énergie, de transports, de communication…

Nous ne pouvons nous résigner à une simple défense, des besoins sont de moins en moins assurés, leur satisfaction passe par l’extension du secteur public d’économie : eau, internet, banques, assurances. Ainsi que les entreprises qui ferment ou délocalisent couvrant des besoins importants : agro-alimentaire/santé publique/laboratoires doivent (re)nationalisées.

Le service public que nous préconisons doit élargir les droits des salariés, créer des comités d’atelier ou de bureau afin que ces droits démocratiques s’exercent au plus près, la gestion doit être assurée par un Conseil d’administration où les représentants des salariés seraient majoritaires et éliraient, avec les autres membres, la Présidence collégiale. Enfin, attachés au refus du partage du monde par quelques multinationales, nous défendrions l’idée que les entreprises publiques refusent de s’inscrire dans le pillage impérialiste des ressources des pays du Tiers-Monde ou d’ailleurs.

La reconquête d’un véritable secteur industriel, que les monopolistes ont liquidé, le jugeant « non rentable » doit faire l’objet de propositions.

Sur tous ces terrains, ne leurrons pas, nous nous heurterons aux organismes impérialistes tels le FMI, l’OMC et plus encore l’Union Européenne, contre laquelle, nous devons lancer le mot d’ordre de refus des diktats de la Commission de Bruxelles et de la table ronde des industriels.

Le document d’orientation propose « un débat public et une large consultation des citoyens », d’accord à condition d’ en faire une étape des luttes et de la mobilisation, pas de s’en remettre au seul débat !

Décision 17 : Pour un développement durable.

« La CGT entend promouvoir un développement durable conciliant progrès social, respect de l’environnement et efficacité économique ».

Nous sommes d’accord avec les rédacteurs, encore faut-il dire que c’est précisément le contraire de notre réalité actuelle.

Décision 18 : Pour des entreprises socialement responsables.

«  Le congrès décide d’agir pour : la transparence de la gestion des entreprise et de leur politique sociale et environnementale ; le contrôle des activités et des procédures de décision des entreprises en les ouvrant à l’intervention des salariés et des citoyens… le contrôle social et citoyen des aides publiques »

Nous sommes favorable à cette proposition, encore faut-il définir le contenu de l’intervention des salariés et citoyens. Quant « aux aides publiques aux entreprises », des gouffres financiers ont été engloutis, sans grands résultats pour les salaires, l’emploi, la formation. Notre mot d’ordre doit être « à entreprise privée, financement privé », sauf dans le cas de PME ou d’entreprises en réelles difficultés mais à des conditions qui permettent la conquête de droits et garanties nouveaux pour les salariés.

Décision 19 : Pour une fiscalité plus juste et solidaire.

«  Le congrès prend l’initiative d’un forum pour la réforme fiscale permettant au syndicalisme et aux diverse associations de se rencontrer pour élaborer une série de propositions concrètes ».

Le document d’orientation quitte souvent le terrain de l’action revendicative et syndicale, il y a là danger à transformer la CGT en association-bis, danger de corporatisme quand les responsables syndicaux seraient susceptibles de devenir des courroies des appareils politiques et parlementaires.

Pour échapper à un bilan accablant, la direction confédérale nous présente un texte de type électoral avec un catalogue de vœux pieux.

Le mot d’ordre de classe doit d’être de faire payer les fauteurs de crise, de prendre l’argent aux casseurs d’emploi et autres spéculateurs, la taxation des grandes fortunes, des impôts réellement progressifs, l’élargissement de la tranche de salariés exemptés de l’impôt sur le revenu, la baisse de la TVA sur les produits de nécessité courante, la taxation des profits financiers et capitalistes.

S’engager dans l’action revendicative sera plus efficace que de promouvoir un nouveau colloque où d’un côté si des propositions sont réellement alternatives et anti-néolibérales, le gouvernement n’aura aucune raison d’en discuter mais plus probablement avec des représentants de centrales qui ont signé des accords de trahison sociale, on peut légitimement craindre des propositions (intéressant du coup le gouvernement) et qui sous couvert de « pallier ceci ou cela », créeront de nouvelles taxes pour les salariés et les familles populaires au lieu de taxer le capital.

Ne jouons pas les apprentis sorciers !

Chapitre III : Développer l’organisation syndicale confédérée. ( décisions 20 à 25)

 

Sous couvert de faire vivre au plus prés l’activité syndicale, de « mettre en place un maillage syndical », la direction confédérale a proposé une réforme profonde du rôle des diverses instances et du mode de collectage et de répartition des cotisations.

La CGT est une confédération qui regroupe donc plusieurs organisations de nature différente : fédérations d’industries, quelques unions départementales, structures syndicales non fédérées (journalistes, intérimaires et chômeurs).

Les UD et fédérations pouvant disposer de leurs cotisations et ressources.

Dans un premier temps, la confédération proposait au congrès le versement direct des cotisations via un organisme financier central. Cette mesure constituait une révision générale et un abandon des formes organisationnelles dont s’est dotée la CGT, au long de son histoire.

Cette réforme a suscité un juste tollé, en effet, alors que la confédération tend dans son document à abandonner les formes traditionnelles et éprouvées du syndicalisme, nous ne parlons pas de masse et de classe ( cela s’opère depuis le 45éme congrès) pour rejoindre le terrain de « l’associatif ».

Évidemment une telle évolution régressive rencontre de fortes résistances, comme l’a prouvé la réunion du CCN qui a opté pour le rejet du traité constitutionnel.

La direction, à sa façon en avait tiré les leçons, non pas en révisant l’orientation mais en décidant de renforcer ses pouvoirs, en liquidant le fédéralisme sur le plan financier et ainsi en se subordonnant les fédérations voire en exerçant des pressions sur les récalcitrants. Les contestations ont eu raison du projet initial. Toutefois, la vigilance et l’opposition demeurent .

Le nouveau projet donne des pouvoirs exorbitants à l’organisme financier, apte à faire le calcul et la vérification du versement des cotisations. C’est là une menace qui continue de peser puisque la délégation à un organisme « extérieur », ajoutée à l’encouragement au prélèvement bancaire entraînera un recul de la vie syndicale de proximité et risque d’affaiblir à terme les Unions Locales. D’autre part la proposition faite au futur CCN de vérifier la validité « de la réalité des fédérations » fait peser des menaces claires pour l’avenir.

Pour toutes ces raisons, nous appelons à refuser une telle base de discussion pour le 48 éme congrès, nous ferons nos propres propositions de document d’orientation alternative, d’autres le font et le feront, l’unité d’action de tous les tenants du syndicalisme de lutte de classes est l’impératif de l’heure !

 

CONTINUER LA CGT le 11 février 2006

APPEL DE CLCGT

Nous appelons, les syndiqués et les travailleurs, à continuer la CGT en bas dans les entreprises, en forgeant l’outil revendicatif au quotidien, en dénonçant les conditions de travail, les violations des libertés et du droit syndical, les pressions sur les salaires par l’augmentation des cadences, la lutte contre la flexibilité et la précarité, enfin en renouant avec nos meilleures traditions internationales en portant le drapeau de la lutte contre les guerres impérialistes, l’économie de guerre.

A l’échelle nationale, Continuer la CGT exige de reconnaître la primauté des luttes comme forme de combat afin d’aboutir à créer un rapport de forces qui oblige le Capital et l’État à des reculs, à l’annulation des projets antisociaux.

La direction confédérale fait des phrases sur le « syndicalisme de négociation », rappelons ce B.A.-BA de la lutte syndicale : tout camarade sait qu’on ne négocie jamais à froid avec le Patronat, sinon, on est amené à discuter de l’aménagement des mesures voulues par le MEDEF, à pratiquer la collaboration de classe puisqu’au bout du compte, les salariés sont confrontés à des reculs. Les syndicalistes révolutionnaires ne sont pas opposés à toutes négociations mais sur la seule base des revendications avancées dans les luttes, sur le rapport de forces ainsi créé et sur le mandat voté par les assemblées générales avant, pendant et après les négociations, sinon on ramène le syndicalisme à l’affaire des seuls « experts » ! La seule « intervention dans la gestion » a largement démontré son impuissance et le vide de ses « acquis ».

Continuer la CGT c’est reconnaître cette réalité de la grande force collective, intellectuelle et matérielle que constitue la classe des exploités. Aucune conquête sociale, aucun accord favorable aux travailleurs n’a été gagné sous les lambris des ministères mais a été le fruit de la lutte des classes conduite par les salariés sous l’impulsion de la CGT.

Continuer la CGT, c’est discuter, voter et appliquer des revendications unifiantes pour le salariat au-delà des différences de situation mettant en mouvement statutaires et précaires, français et immigrés, revendications centralisées dans un programme à l’échelle nationale. Nécessité aussi de défendre et d’impulser la solidarité active de classe. Toute lutte, par exemple, contre les fermetures d’entreprise doit entraîner la grève interprofessionnelle fondée une stratégie de convergence des luttes pour affaiblir et faire reculer le Capital. Aucun expert social n’aurait fait la proposition d’augmenter les salaires de 17 à 30% selon les catégories (1968) sans la grève massive de l’ensemble des ouvriers, employés, salariés.

Continuer la CGT c’est renouer avec la culture de la grève générale y compris sur des thèmes politiques, il n’y a pas fatalité à subir des coups du pouvoir, l’action unie multiforme peut conduire à renverser un gouvernement, à favoriser les transformations sociales nécessaires. Le préalable à la reconquête d’une CGT de classe et de masse parallèlement à l’action en bas, c’est la réappropriation de nos concepts, de notre vocabulaire.

Ignorons les pseudos modernistes adeptes de la « novlangue » : les « partenaires sociaux », la « citoyenneté », la « culture d’entreprise » qui visent à casser la mémoire et les traditions révolutionnaires, à effacer ou diluer les démarcations de classe.

Balayons les utopies réformistes impuissantes sur la conquête de la gestion, n’oublions jamais la lutte de classes !

Continuer la CGT c’est renouer avec l’analyse de classe du capitalisme, c’est  montrer que ce régime par la propriété privée des moyens de production et d’échange est à l’origine de l’exploitation de l’aliénation salariale, du mal vivre quotidien, c’est poursuivre la bataille pour que la CGT renoue avec cette double exigence fondamentale : la socialisation des moyens de production, la lutte pour contribuer au renversement du capitalisme.

Vaste programme, mais il n’est pas d’autre voie que d’engager nationalement et internationalement le combat contre le Capital monopoliste. Cela passe, faits à l’appui par la dénonciation des orientations réformistes, des trahisons et autres compromissions.

Il n’est pas de demi-mesures, d’opposition à fleuret moucheté. Certains accusent « Continuer la CGT » de semer divisions et fractions. Ils se trompent de cibles, ceux qui divisent ce sont les dirigeants qui liquident pas à pas l’identité CGT, les fractionnistes ce sont les mêmes qui participent, soutiennent ou ferment les yeux sur les organisations de collaboration de classes du type « confrontations ».

Camarades, pour vaincre le réformisme, il faut s’organiser, se rassembler.

C’est le combat pour continuer la CGT de classe et de masse.

Il est nôtre, il est vôtre.

Regroupons-nous contre le Capital et ses relais, pour la satisfaction de nos revendications quotidiennes et futures

Continuer la CGT le 01/04/2006

 
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Dernière modification : 23 avril 2006