« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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COLLECTIF NATIONAL DU 14/06/2003

Rapport introductif : R.Nadaud

 

 

Nous consacrerons nos débats de ce matin essentiellement à la situation des luttes, du mouvement social de cette période qui risque d’être historiquement sombre pour la classe ouvrière.

Nous avons besoin d’en faire une analyse particulière, mais sans méconnaître la gravité des conflits internationaux qui se poursuivent en Irak, en Palestine, en Afrique, les menaces à l’encontre de Cuba etc.… où l’impérialisme continue ses destructions et massacres ou se prépare à intervenir pour la garantie et l'extension des privilèges de ses monopoles.

 

Il nous faut situer aussi le mouvement social que nous vivons depuis plusieurs semaines, dans un contexte de crise aiguë du capitalisme, de contradictions sévères inter-impérialistes, où la récession touche plusieurs pays d’Europe, d’Extrême Orient et d’Amérique latine…

Les taux de croissance sont quasiment plats (en France, actuellement on se garde même d’en parler) ce qui signifie que l’activité économique est en régression, ce qui accentue le chômage dans la plupart des pays d’Europe avec un pic à 0.3 % en France pour le mois de Mai, soit près de 50.000 nouveaux sans emploi.

 

C’est dans ce contexte que le Pouvoir Chiraquien choisit de passer en force pour réaliser ses réformes de société : réformes du domaine social, réformes de l’appareil d’Etat avec la décentralisation , renforcement répressif (justice - police) qui va toucher à la démocratie et aux libertés fondamentales comme le droit de grève, l’exercice du droit syndical, la poursuite des privatisations avec leur cortège de liquidation des acquis sociaux et de fin d’égalité de droit d’accès aux services publics pour les usagers.

Le mouvement social que nous vivons actuellement sur la réforme des retraites et de la décentralisation n’est pas terminé que déjà le gouvernement pointe du doigt la réforme de la Sécurité Sociale vers sa privatisation, pour la fin de cet été.

La privatisation d’EDF – GDF est à l’ordre du jour puisque le projet de changement de statut est examiné par le gouvernement le 06 Août prochain.

Il n’est pas nécessaire d’entrer dans le détail des mesures gouvernementales, qui sont connues, que ce soit sur les retraites ou la décentralisation. Mais pour nos militants nous en ferons un document étayé prochainement.

 

Notre préoccupation doit surtout porter sur le mouvement social pour en tirer les enseignements, même si celui-ci n’est pas terminé.

Il convient d’analyser ce mouvement à partir du contexte national, mais aussi et surtout, peut-être, du contexte international européen. Il faut le placer au centre de l’évolution européenne, elle même prise dans la tourmente de la mondialisation capitaliste. Il ne faut surtout pas séparer ces contextes sinon on aurait une analyse réductrice.

 

Certes, ni les médias et surtout pas les organisations syndicales n’ont relaté la simultanéité des attaques gouvernementales des pays européens contre les travailleurs sur des projets de réformes identiques que nous avons qualifiés de « made in Europa » : Allemagne avec le plan HARTZ, Autriche, Belgique, et si l’Italie présente un retard c’est pour des raisons d’opportunité judiciaire concernant BERLUSCONI– mais l’Italie, elle aussi va devoir faire face – on observera que cette attaque frontale contre la classe ouvrière est sans distinction de couleur politique (réactionnaire en France, social-démocrate en Allemagne, populiste en Italie…)

 

Face à cette situation, que pouvons nous observer des positions politiques et syndicales ?

Aux plans politiques, la social – démocratie avec participation du PCF muté, en France, avait assuré une continuité de la politique néo-libérale proeuropéenne. La droite réactionnaire n’a eu aucun mal à se saisir du terrain laissé par les sociaux-démocrates, pour appliquer son programme à la fois teinté de lepennisme et à la fois porteur des idées de refondation sociale du Medef.

Il faut rappeler que sur les retraites, CHIRAC et JOSPIN avaient conclu un accord parfait pour la réforme au sommet de Barcelone en février 2001. Et que plusieurs notables bourgeois du PS viennent ouvertement de soutenir le projet RAFFARIN : ROCARD, DELORS, ATTALI, CHARRASSE, KOUCHNER … Et que le PS n’est finalement pas si éloigné du projet gouvernemental … on serait tenté de dire même, de plus en plus proche au fur et à mesure que se fissure le mouvement social.

Au plan syndical, là encore l’analyse du mouvement social serait insuffisante voire faussée sans un rappel des recompositions successives du syndicalisme en France et en Europe, des recompositions qui ont touché tous les syndicats ouvriers et enseignants, des recompositions toutes orientées, menées et financées contre le syndicalisme de lutte de classe et de masse.

 

Le dernier rempart du syndicalisme de lutte de classe que constituait la CGT, au moins dans ses concepts théoriques jusque dans les années 80, a volé en éclat au 45ème congrès de décembre 1995, pour adhérer ensuite au syndicalisme d’accompagnement européen : la CES dont on connaît les liens de subordination à l’Union Européenne. A cet égard, on aura pu remarquer que la CES, avec participation des « bataillons » réformistes de la CGT s’est manifestée à chaque sommet des chefs d’Etats européens pour appuyer la « revendication » du fameux « volet social européen ». La CES qui avait vocation à fédérer les luttes sur des revendications unificatrices des travailleurs d’Europe est restée d’un silence assourdissant. Et, ce qui est non moins remarquable c’est, pour des syndicalistes qui se disent internationalistes et européens (qu’ils soient de FO – CFDT ou CGT) dans le cas présent, la discrétion totale sur la possibilité comme jamais de concrétiser des « euro-manifs » et/ou des « euro-gréves ». Question aux syndiqués CGT qui paient leur cotisation à la CES : à quoi sert la CES ?

 

Il est important de rappeler ces éléments d’appréciation car, ils nous démontrent avec éclat que, tant en syndicalistes internationaux européens, que nationaux leur finalité c’est l’accompagnement des réformes de l’Union Européenne, des gouvernements, qu’ils soient CHIRAC – RAFFARIN, SCHROEDER, BERLUSCONI ou autre.

 

En France, le syndicalisme ouvrier, CGT en tête, a cristallisé son action essentiellement sur la réforme des retraites, alors que, comme tous les travailleurs, manuels et intellectuels sont concernés à un titre ou a un autre par la décentralisation (réforme de l’appareil d’Etat). Or, à aucun moment la CGT n’a évoqué cette réforme qui constitue un maillon fort pour l’extension des privatisations des services publics. Et si la CGT a dû évoquer la perspective de privatisation de la sécurité sociale ces derniers jours, c’est parce que le fait accompli virtuel est là ! Dans les semaines qui viennent.

 

Non seulement les organisations syndicales et la CGT en particulier n’ont pas, d’emblée, pris les dispositions qu’il convenait face à de tels problèmes de société mais au contraire, ont capitulé des la première heure en cautionnant la durée de cotisations à 40 annuités pour tous, après avoir signé l’accord CIES l’an dernier qui ouvre la porte aux fonds de pension. On peut se rappeler la mascarade de débat du 47ème congrès de la CGT à Montpellier qui allait approuver la position confédérale des 40 annuités de cotisation à 95 % des congressistes. Quelques jours plus tard, le 3 Avril (et depuis à chaque manifestation) la rue allait apporter un démenti cinglant à cette position ultra réformiste, en installant en lieu et place, les 37,5 annuités, les 75 % du salaire des dernières meilleurs années, et par la suite, en opposant le « retrait du projet », au slogan officiel de « la négociation » chère aux leaders réformistes.

 

CL - CGT a analysé l’évolution de la situation pour les militants CGT de la base, (diffusé par plusieurs tracts depuis le début du conflit), avec la stratégie de Bernard THIBAULT et consorts dont les effets ont été vite perceptibles : un secrétaire général de la CGT médiatisé à outrance, devenant quasiment le référent des chaînes de télé, et pour cause ! Ses déclarations étaient d’un intérêt capital pour le Patronat et le gouvernement : « pas de blocage de l’économie », pas d’affrontement, rejet de la grève générale, pas question de faire tomber le gouvernement, appel sans relâche à la «  négociation ».

Plus le conflit se prolongeait, plus le décalage entre les discours de B.THIBAULT (et des autres ), et la base s’accentuait, pour entendre lors des dernières manifestations, de plus en plus de militants estimer qu’il y avait trahison.

 

Alors que les potentialités du mouvement étaient très supérieures à 1995, avec une grande majorité des secteurs de l’Education Nationale en lutte, du jamais vu depuis des décennies, une stratégie de lutte de classe, appelant opportunément à la grève reconductible préparant la grève générale au temps fort du mouvement aurait sans doute créé un autre rapport de force susceptible de mettre en échec le gouvernement. Cette stratégie aurait empêché patronat et gouvernement de reconstituer leur propre résistance et contre-attaques entre deux manifestations, aurait cristallisé et fédéré les différents secteurs professionnels, ressoudé les secteurs publics et privés dont on a pu vérifier l’évolution ascendante, positive, au fil des jours, tout en renforçant le soutien de la population, qui, faut-il le rappeler était, encore au début de la semaine (mi- Juin) favorable au mouvement gréviste à 66 % alors qu’au plus fort du mouvement de Décembre 1995 il n’était que de 50 à 55 %.

 

Aujourd’hui nous pouvons considérer que le gouvernement Chirac – Raffarin a gagné sur les retraites, ce qui signifie qu’il peut gagner sur la réforme de la Sécurité Sociale, sans parler des privatisations, et qu’à la faveur de ces succès sur la classe ouvrière, il peut poursuivre ses attaques contre les droits fondamentaux, les liberté syndicales, le droit de grève, le droit à la santé, à l’éducation etc. …

 

Certes, tout n’est pas perdu pour l’avenir. Des potentialités militantes de résistance et de relance de l’action sont réelles. Des expériences de la lutte ont été acquises. Des consciences par milliers se seront éveillées. La trahison des leaders syndicaux ne sera pas sans conséquences, même si le mouvement social, le mouvement syndical et particulièrement le syndicalisme de combat de classe y aura payé un lourd tribut.

 

Nous devons nous atteler à faire une analyse de ce mouvement, sans concession pour ceux qui auront participé à la défaite de la classe ouvrière, mais riche d’enseignements sur la capacité que celle-ci peut détenir quant elle combat solidairement à partir d’objectifs revendicatifs unificateurs.

Partant de cette analyse, préparons nous pour les luttes des mois qui viennent, avec un plan d’action dont nous devons fixer les points forts à cette réunion.

 

Paris le 22/07/2003

 
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Dernière modification : 20 août 2003