« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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47ème Congrès CGT

CONTRIBUTION GENERALE DE CONTINUER LA CGT

Paris le 22 février 2003

Syndicalisme d’aménagement ou syndicalisme de classe et de masse ?

 

un enjeu de classe fondamental

 

Les documents préparatoires au 47ème Congrès sans aucun examen critique de l’activité de la Confédération depuis le dernier Congrès (ne parlons pas d’autocritique !) propose (comme si cela allait de soi) de confirmer et amplifier les orientations des 45 et 46ème Congrès qui ont été ceux de l’abandon du syndicalisme de lutte de classe.

 

I/ - Retour sur la stratégie du capital

Pour un syndicalisme efficace, il faut analyser la nature de classe de la société, les objectifs de la classe dominante. On sait que le capitalisme se développe par phase cyclique alternant période d’expansion et crise. Actuellement depuis le début des années 70 au-delà d’« embellie » très provisoire, le système d’exploitation salariale connaît une crise d’ampleur systémique.

Il n’y a pas de situation sans issue. L’issue (antipopulaire, antisociale) est la promotion du néo-libéralisme, c’est-à-dire, du maximum de pouvoirs aux monopoles sans contraintes régulatrices ou réglementaires pour conduire leur stratégie d’entreprise. Cette politique concerne toutes les citadelles impérialistes mais a ses propres applications nationales et communautaires (UE) : privatisation des services publics avec son corollaire la casse du statut des fonctionnaires, déréglementation généralisée par les atteintes au Code du travail, aux législations sociales, la précarité et la flexibilité des emplois et conditions de travail ; austérité salariale avec une politique dite de « modération salariale » euphémisme traduisant une baisse des salaires de 10 % en moyenne, ces dernières années ! chômage massif se comptant en millions avec la paupérisation absolue pour les catégories les plus fragilisées, la concurrence entre salariés à l’autre bout pour abaisser le prix de la vente de la force de travail. Enfin, le capitalisme c’est la guerre comme la nuée porte l’orage en vue du repartage du monde (Irak – Yougoslavie – Afghanistan … et de nouveau Irak), nouvel ordre mondial impérialiste oblige pour parachever l’hégémonie des Etats-Unis en ce début du 21ème siècle.

Le néo-libéralisme signifie dans le cadre de la mondialisation impérialiste, les délocalisations des secteurs industriels en particulier là où les profits capitalistes seront les plus juteux, la rentabilisation marchande de secteurs sociaux vitaux pour le développement humain : santé, éducation. A ceux qui se targuent de modernité pour justifier leur alignement consensuel, nous rétorquons que les fondements du capitalisme restent inchangés : propriété privée des moyens de production et d’échange, exploitation salariale, dictature du capital de l’Etat à l’entreprise, polarisation sociale toujours grandissante puisque les milliardaires (0,5 %) détiennent autant que 40 % des français qu’à l’extrémité près de 7 millions connaissent la misère et l’exclusion.

Il n’y a rien de bon à attendre d’une société capitaliste qui prouve son incapacité historique à l’échelle mondiale et nationale à satisfaire les besoins sociaux, matériels, culturels des populations.

 

II/ - Quelle réponse syndicale contre le néo-libéralisme ?

Paradoxalement à un moment où le capitalisme prouve son injustice fondamentale, le syndicalisme connaît une crise sans précédent : désaffection des adhérents, recul des journées de grève, absence quasi-totale d’acquis sociaux ces dernières années.

Or, au lieu de s’attaquer plus que jamais aux sources des difficultés, la réponse des centrales y compris de notre CGT a été au contraire de s’adapter aux choix de la bourgeoisie monopoliste, au mieux pour les « aménager », au pire pour les justifier au nom de la compétitivité comme y excelle la CFDT !

Les 45ème et 46ème Congrès de la CGT se sont ouvertement proclamés des congrès de rupture avec les orientations antérieures. Le document préparatoire du Congrès de Montpellier constate « que le syndicalisme actuel vit sur des concepts liés aux systèmes de relations sociales d’une période révolue ». Décodée, cette phrase revêt une signification grave et conséquente pour la pratique syndicale.

La société actuelle ne serait plus celle définie par des « concepts » (sic !) caducs. L’exploitation, la propriété monopoliste, les choix néo-libéraux ne sont pas des concepts mais une réalité objective à laquelle sont confrontés les travailleurs quotidiennement ! Dans la même foulée, les tenants des orientations identitaires de la CGT seraient des aveugles ignorant que les relations sociales (d’exploitation) relèvent d’une période révolue. Cela ressemble fort à une apologie du « partenariat social » sans doute « citoyen » pour faire mode visant à cacher ce fait têtu : la classe ouvrière et les travailleurs vivent de la vente de leur force de travail à des capitalistes enrichis par l’exploitation et la spéculation. Mais pas de spéculation sans exploitation préalable. Lorsqu’on propose une telle mutation négative des traditions CGT, encore faut-il mesurer le bilan de ce qu’on jette par dessus bord.

Dès sa fondation au Congrès de Limoges, la CGT s’est définie comme « collectiviste » c’est-à-dire, comme tenante de l’appropriation sociale des moyens de production et de l’abolition du salariat par l’abolition du patronat.

Nous avons là les sources du syndicalisme de luttes de classes qui au-delà de la défense pied à pied des revendications quotidiennes dans l’entreprise estime que la finalité du syndicalisme est dans la transformation sociale, révolutionnaire de la société.

Face à l’émergence puis à la consolidation d’un tel courant syndical de classe, le capital ne pouvait rester passif. Une double stratégie fut adoptée fondée sur la coercition et la collaboration, par le soutien patronal au « syndicalisme » jaune, briseur de grèves et casseur de grévistes au nom de la « liberté du travail ». Cette méthode fut accompagnée par l’objectif d’intégrer le syndicalisme aux objectifs patronaux monopolistes. Pour ce faire, le capital appuya financièrement et sut flatter d’abord les chefs réformistes de la CGT notamment lors du conflit 14-18 puis mettre en selle le « syndicalisme chrétien » (CFTC).

Le but était par l’intégration de certaines couches dirigeantes bureaucratisées et institutionnalisées, de promouvoir la collaboration de classe sous couvert de réformer le système. C’est ainsi qu’au début des années 20, la CGT sous l’impulsion de Jouhaux expulsa les syndicalistes révolutionnaires qui créèrent la CGTU pour continuer leur combat et sauver le syndicalisme de lutte de classe. La CGTU ne renonça jamais à l’unification syndicale concrétisée en 1936 avec la réémergence d’une CGT fidèle à ses orientations fondatrices.

Le poids du syndicalisme et de masse, longtemps hégémonique sur le courant réformiste est un acquis des luttes sociales, du mouvement gréviste, des orientations anticapitalistes, un phénomène rare à l’échelle internationale, exceptée l’Italie, partout ailleurs les forces syndicales sont sous la coupe des tenants de la collaboration de classe.

La force de la CGT était étroitement interactive avec l’existence d’un Parti révolutionnaire de la classe ouvrière, marxiste : le PCF qui contribuant à la conscientisation des travailleurs, servait de ferment au syndicalisme révolutionnaire. Face à cet acquis et cette originalité, le capital n’a eu de cesse de vouloir affaiblir constamment pour le détruire tant le Parti de classe que le syndicat de classe.

On ne peut comprendre et lutter contre l’évolution consensuelle de la CGT sans mesurer sa concomitance avec les attaques externes et internes contre l’identité du PCF, non parce que la CGT selon les caricatures était une courroie de transmission mais parce que le syndicalisme révolutionnaire est porteur d’une double dimension politique et syndicale pour contribuer au renversement du capitalisme.

Ce syndicalisme de masse et de classe fondé sur la primauté des luttes a permis la conquête de grands acquis sociaux :

- 1936 : 15 jours de congés payés – semaine de 40 heures

- 1945 : statut des mineurs, des fonctionnaires – droits syndicaux élargis – comités d’entreprise – délégués du personnel – création de la Sécurité Sociale, du régime de retraite par répartition – nationalisation des secteurs clés de l’économie

- 1968 : hausse sensible des salaires (20 % en moyenne) – droits syndicaux élargis (sections syndicales)

Comparons ce bilan avec celui du syndicalisme d’aménagement réformiste et on mesure que toutes les grandes conquêtes ont été le fruit des luttes de classes exerçant leur pression sur le pouvoir politique.

 

III/ - La montée du réformisme au sein de la CGT

Agissant au sein d’une société donnée, les syndicalistes, les travailleurs subissent le pilonnage des médias de la classe monopoliste. Ces dernières décennies, on a assisté à une véritable guerre idéologique visant à présenter la CGT et le syndicalisme de classe comme marque de rapports conflictuels patronat/salariés devenus caducs. Experts, émissions TV « Vive la crise » avec Yves Montand martelaient un culte de la résignation et de la soumission. Lorsque des grèves générales éclataient : 1968, décembre 1995 aussitôt les thuriféraires du système d’exploitation parlaient de « derniers conflits du 19ème siècle ». L’individualisme, le « partenariat » social, le « réalisme » (qu’on se souvienne des éloges de la presse à l’égard des Maire, Notat) étaient portés aux nues.

Toute l’histoire de la CGT souligne que les grandes avancées des forces de travail ont été permises quand la confédération maintenait son indépendance à l’égard de l’Etat, du gouvernement. La victoire de la gauche en 1981 qui suscita un vif espoir mais très vite sema amertume et déception allait se traduire par un infléchissement de la pratique syndicale, là où il aurait fallu exercer une pression constante sur la gauche réformiste au pouvoir. La direction confédérale opta pour le ralliement à la « rigueur » sous prétexte double de conjoncture économique difficile (crise) et de donner le temps à la gauche. La CGT ne retrouva la voie des luttes qu’à partir de 1984-85. La réalité résultante est que les acquis sociaux furent minimes, que le pouvoir d’achat connut une baisse sensible.

Une nouvelle marotte théorique fit son apparition : la bataille pour de « nouveaux critères de gestion » fondés sur la hausse de la valeur ajoutée, ce qui eut pour conséquence à la fois de tendre à effacer la question de la propriété des moyens de production et de tomber dans le piège d’une utopique et dangereuse cogestion ; utopique, car elle ne vit l’ombre d’une application nulle part, dangereuse, car elle aurait eu pour conséquence de lier les revendications des travailleurs aux « résultats » de l’entreprise.

Au début des années 90, la montée à tous les niveaux des tenants d’un cours réformiste fut manifeste. Il y eut même un organisme créé dans le droit fil du réactionnaire « Comité des Forges » avec « Confrontations ». Cette association regroupe des personnalités politiques : Ph. Herzog (à l’époque PCF), des patrons monopolistes : J. Peyrelevade (Crédit Lyonnais), J. Gandois (futur président du CNPF), F. Mer (Usinor), l’actuel ministre de l’Economie du gouvernement Raffarin, des dirigeants CGT : Alezard, L. Brovelli, JC Le Duigou qui occupèrent (et occupent toujours pour certains) de très hautes responsabilités dans notre centrale.

Pour la première fois, des cadres CGT tournaient le dos aux orientations et statuts de la Confédération en siégeant dans une structure avec le patronat. Ce véritable blanc-seing à la collaboration de classe ne put s’effectuer qu’avec l’aval des divers secrétaires généraux : H. Krasucki, L. Viannet.

La ligne de « Confrontations » doit être rappelée car elle est impliquée dans les dérives actuelles de la direction CGT : « Il ne faut pas diaboliser le patronat ».

Au delà du terme impropre « diabolisation », la CGT a toujours considéré que le patronat était l’adversaire de classe et l’obstacle à la satisfaction des revendications salariales. La propriété capitaliste est la source de toutes les difficultés de vie des travailleurs dépossédés des richesses qu’eux seuls produisent. « Confrontations » (mettre en présence des points de vue différents) visait à substituer à la lutte des classes, le débat et l’échange … pour rapprocher les points de vue.

Par les « syndicalistes » (qui les avaient mandatés ? sûrement pas les adhérents !) était avancée la confrontation de deux logiques économiques. C’était oublier que les « choix de gestion » patronaux ne découlent pas d’une logique qu’on pourrait infléchir ou même transformer mais de leur dictature de classe de l’Etat à l’entreprise au service de leur seule raison sociale : assurer le profit maximum. Nul pays capitaliste n’a vu un quelconque « partage des pouvoirs et de la gestion » entre capitalistes et travailleurs. Ceux qui professent de telles inepties, volontairement ou pas (mais ils ont tout de même été formés dans la CGT de Benoît Frachon) ne font que contribuer à renforcer l’aliénation salariale et le consentement avec sa propre exploitation !

Ce fut là la première tentative de créer une fraction, un pôle de rassemblement et de pression sur l’ensemble de la CGT. Dès lors, ce courant non seulement ne fut pas combattu mais donna le « la » aux orientations confédérales !

Au 45ème Congrès furent jetés les bases d’une mutation visant à liquider le syndicalisme de lutte de classe. Furent votées la transformation des statuts abandonnant l’identité originale et syndicaliste révolutionnaire de la CGT : abandon de toute référence à la socialisation des moyens de production, à l’abolition future du salariat … au profit de références à une vague humanisation de la société.

Au moment où se tenait le Congrès, éclatait la grande lutte de décembre 95 contre le plan Juppé. De la tribune, les délégués se succèdent pour que la Confédération lance l’appel à la grève générale afin que les travailleurs du secteur privé se joignent au mouvement pour créer un rapport de forces entraînant la défaite du gouvernement Juppé.

On sait qu’il n’en sera rien, Louis Viannet suspendra alors la discussion … et s’affirma ouvert à la négociation alors que parallèlement, Juppé maintenait son cap. Le mouvement de décembre 95 est au cœur des contradictions qui frappent la CGT aujourd’hui : d’un côté, des capacités de luttes en bas qui se manifestent, de l’autre, la tactique confédérale soutenant les luttes en apparence mais faisant tout pour limiter leur extension, refusant d’unifier les salariés par une plate-forme revendicative commune, épargnant les divers gouvernements.

Le secrétaire général Bernard Thibault est l’expression concentrée de cette ligne d’accommodement de « luttes » autolimitées. Pour prouver qu’il n’y a nulle exagération dans nos propos, rappelons que la grande revendication du mouvement de décembre 95 d’abrogation du Plan Juppé, fut abandonnée dès l’ouverture des négociations avec le gouvernement par Louis Viannet en personne.

Enfin l’autre grand facteur concourrant à la destruction de l’identité CGT, c’est la transformation de la stratégie internationale. Au 45ème Congrès fut votée le retrait de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) dont la CGT est cofondatrice et qui rassemblait des travailleurs du monde entier, y compris donc des Etats du « tiers-monde », abandon obligé pour intégrer la Confédération Européenne des Syndicats (CES).

La CES se caractérise comme un relais « social » des instances de Bruxelles elles-mêmes étroitement subordonnées à la « table ronde patronale ». La CES est donc une courroie de transmission du capital monopoliste afin de construire un bloc impérialiste des Etats d’Europe créant un marché de 600 millions de personnes, concurrençant les Etats-Unis.

Les conséquences de l’appartenance à la CES furent significatives et dramatiques pour la CGT. C’est tout d’abord, non seulement le refus de combattre l’Europe capitaliste mais le ralliement de fait aux traités de Maastricht-Amsterdam incluant notamment la liquidation des services publics, la déréglementation et la flexibilité ; le rapprochement continu avec une CFDT arraché par un vote au forceps (46ème Congrès CGT), chargée de faire appliquer les desiderata du capital dans le mouvement social.

Le « syndicalisme rassemblé » prôné par Thibault et ses amis, c’est la perte d’indépendance puisque toute action, proposition est subordonnée à la recherche de convergences avec la CFDT sous couvert de « syndicalisme de négociation ». On comprend dès lors pourquoi le baron Seillière (Medef) pour la première fois dans l’histoire de la CGT a félicité le nouveau secrétaire général B. Thibault pour son « ouverture » !

 

IV - Le 47ème Congrès … et après

Les documents préparatoires s’inscrivent dans la continuité et l’aggravation des deux congrès le maître mot de la nouvelle tactique est de construire « de nouvelles lignes de rassemblement plus pertinentes et plus efficaces que celles qui sont les nôtres ».

« La CGT est confrontée à la nécessité de trouver des formes d’organisation et de fonctionnement qui concrétisent les changements qu’elle souhaite impulser pour être en phase avec le monde du travail ».

En clair, la CGT n’insiste plus sur la primauté des luttes, B. Thibault appelait récemment à rompre avec la « culture des duels (sic) avec le patronat ». Les changements qui seront réalisés visent à passer d’une culture de l’affrontement à un dialogue, à la concertation avec le capital en prenant appui non sur les fédérations syndicales traditionnelles mais sur des structures nouvelles calquées sur le mode d’organisation de la CES lui-même en phase et dépendant des secteurs d’interventions diversifiées des monopoles ; ce qui revient à organiser les travailleurs non par métiers mais par branches, diminuant ainsi le poids de la classe ouvrière dans la CGT.

La grande nouveauté du 47ème Congrès étant la proposition « d’un statut du travail salarié et d’une sécurité sociale professionnelle ». Derrière ce titre ronflant se cache l’adaptation aux lois économiques du capitalisme puisque ce projet, émanant de plusieurs animateurs de « Confrontations », consiste à ce que le statut de salarié intègre période de travail effectif et chômage sous prétexte de période de formation lors des pertes d’emploi. C’est une politique d’adaptation permanente de la main d’œuvre aux besoins du capital, l’aménagement de la politique de chômage et de licenciements en contribuant à son camouflage.

Vu le filtrage des délégués, les méthodes anti-démocratiques employées par la direction, il est probable que les orientations réformistes vont être entérinées, détruisant un peu plus l’essence combative et de classe de la CGT … mais il est des victoires à la Pyrrhus car les difficultés et les contradictions s’aggravent pour les tenants d’une CGT cfdétisée.

 

V - Résistances, oppositions, perspectives pour le syndicalisme révolutionnaire

Tout d’abord objectivement, les attaques du pouvoir Chirac-Raffarin : retraites, précarité, sécurité sociale, privatisations, pouvoir d’achat, licenciements vont entraîner riposte spontanée, grèves. D’où l’écart entre les « chefs » ouverts à la négociation et à la concertation avec les auteurs des mauvais coups et ceux d’en bas qui adhèrent à la CGT pour se défendre au quotidien contre le capital.

Ensuite, il y a le bilan famélique obtenu par l’orientation réformiste, qu’on juge sur pièces : dévoiement de décembre 95 avec l’acceptation de fait du plan Juppé, accompagnement de la déréglementation du travail par l’annualisation et la flexibilité (Loi Aubry improprement appelée des « 35 heures »), signature de l’accord sur l’Epargne salariale vers les fonds de pension, négociations secrètes à l’Elysée pour faire appliquer la réforme des retraites par la casse des régimes spéciaux afin de créer les conditions juridiques, sociales, légales de la privatisation d’EDF-GDF, mise en cause du droit à la retraite à 60 ans par la participation aux concertations sur l’allongement de la durée des cotisations, volonté affichée par la Confédération que l’entreprise et le patronat contribuent au financement des syndicats, ce qui annihilerait toute indépendance à l’égard du patronat et légaliserait la corruption, cofondation du CIES organisme chargé de labelliser des produits financiers proposés par les banques et assurances, cette liste n’est pas exhaustive tant les actes de collaboration de classe sont nombreux.

Un tel bilan doit être rappelé sans cesse à ceux qui font la fine bouche devant les grandes conquêtes sociales permises par l’existence d’une CGT de lutte de classes.

Les éléments de résistance et d’opposition se renforcent, touchant des fédérations et des unions départementales. Plus grave encore pour les directions réformistes, l’opposition croissante des syndiqués et des travailleurs face aux capitulations des tenants du syndicalisme de la résignation et de l’accommodement.

La récente victoire du NON lors de la consultation des personnels EDF-GDF traduit un formidable réflexe de classe, une victoire du mouvement ouvrier contre le gouvernement, le patronat, la direction réformiste CGT qui appelait à soutenir le projet de démantèlement du régime spécial de retraites.

Cette défaite de la ligne Thibault-Le Duigou-Cohen n’est que la première d’une série à prolonger. Les syndicalistes révolutionnaires forts de l’héritage CGT légué par les Frachon, Marcel Paul, Croizat, forts de leurs propositions alternatives au cours réformiste ne doivent avoir aucun répit dans leur lutte contre les complices du patronat qui veulent détruire la grande conquête du monde du travail, leur outil de lutte et de défense : la CGT.

Nous appelons les syndiqués et les travailleurs à continuer la CGT en bas : dans les entreprises en forgeant l’outil revendicatif au quotidien, en dénonçant les conditions de travail, les violations des libertés et du droit syndical, les pressions sur les salaires par l’augmentation des cadences, la lutte contre la flexibilité et la précarité, enfin en renouant avec nos meilleures traditions internationales en portant le drapeau de la lutte contre les guerres impérialistes, l’économie de guerre. A l’échelle nationale, continuer la CGT exige de reconnaître la primauté des luttes comme forme de combat afin d’aboutir à créer un rapport de forces qui oblige le capital et l’Etat à des reculs, à l’annulation des projets antisociaux.

La direction confédérale fait des phrases sur le « syndicalisme de négociation », rappelons ce B.A. ba de la lutte syndicale : tout camarade sait qu’on ne négocie jamais à froid avec le patronat, sinon, on est amené à discuter de l’aménagement des mesures voulues par le Medef, à pratiquer la collaboration de classe puisqu’au bout du compte, les salariés sont confrontés à des reculs. Les syndicalistes révolutionnaires ne sont pas opposés à toutes négociations mais sur la seule base des revendications avancées dans les luttes, sur le rapport de forces ainsi créé et sur le mandat voté par les assemblées générales avant, pendant et après les négociations, sinon on ramène le syndicalisme à l’affaire des seuls « experts » ! La seule « intervention dans la gestion » a largement démontré son impuissance et le vide de ses « acquis ».

Continuer la CGT c’est reconnaître cette réalité de la grande force collective, intellectuelle et matérielle que constitue la classe des exploités. Aucune conquête sociale, aucun accord favorable aux travailleurs n’a été gagné sous les lambris des ministères mais a été le fruit de la lutte des classes conduite par les salariés sous l’impulsion de la CGT.

Continuer la CGT, c’est discuter, voter et appliquer des revendications unifiantes pour le salariat au-delà des différences de situation mettant en mouvement statutaires et précaires, français et immigrés, revendications centralisées dans un programme à l’échelle nationale. Nécessité aussi de défendre et d’impulser la solidarité active de classe. Toute lutte, par exemple, contre les fermetures d’entreprise doit entraîner la grève interprofessionnelle fondée une stratégie de convergence des luttes pour affaiblir et faire reculer le capital. Aucun expert social n’aurait fait la proposition d’augmenter les salaires de 17 à 30 % selon les catégories (1968) sans la grève massive de l’ensemble des ouvriers, employés, salariés.

Continuer la CGT c’est renouer avec la culture de la grève générale y compris sur des thèmes politiques, il n’y a pas fatalité à subir des coups du pouvoir, l’action unie multiforme peut conduire à renverser un gouvernement, à favoriser les transformations sociales nécessaires. Le préalable à la reconquête d’une CGT de classe et de masse parallèlement à l’action en bas, c’est la réappropriation de nos concepts, de notre vocabulaire.

Ignorons les pseudos modernistes adeptes de la « novlangue » : les « partenaires sociaux », la « citoyenneté », la « culture d’entreprise » qui visent à casser la mémoire et les traditions révolutionnaires, à effacer ou diluer les démarcations de classe.

Balayons les utopies réformistes impuissantes sur la conquête de la gestion, n’oublions jamais la lutte de classes !

Continuer la CGT c’est renouer avec l’analyse de classe du capitalisme montrer que ce régime par la propriété privée des moyens de production et d’échange est à l’origine de l’exploitation de l’aliénation salariale, du mal vivre quotidien, c’est poursuivre la bataille pour que la CGT renoue avec cette double exigence fondamentale : la socialisation des moyens de production, la lutte pour contribuer au renversement du capitalisme et conduire au processus d’abolition du salariat.

Vaste programme, mais il n’est pas d’autre voie que d’engager nationalement et internationalement le combat contre le capital monopoliste. Cela passe, faits à l’appui par la dénonciation des orientations réformistes, des trahisons et autres compromissions.

Il n’est pas de demi-mesures, d’opposition à fleuret moucheté. Certains accusent « Continuer la CGT » de semer divisions et fractions. Ils se trompent de cibles, ceux qui divisent ce sont les dirigeants qui liquident pas à pas l’identité CGT, les fractionnistes ce sont les mêmes qui participent, soutiennent ou ferment les yeux sur les organisations de collaboration de classes du type « confrontations ».

Camarades, pour vaincre le réformisme, il faut s’organiser, se rassembler.

C’est le combat pour continuer la CGT de classe et de masse.

Il est nôtre, il est vôtre.

Regroupons-nous contre le capital et ses relais, pour la satisfaction de nos revendications quotidiennes et futures.

 
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Dernière modification : 26 mars 2006