« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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Paris le 14 mars 2003

La CGT et la CES

Les enjeux de la construction européenne.

Depuis des décennies, le capitalisme connaît une crise structurelle la plus longue de son histoire, avec aujourd’hui des risques de déflagration mondiale aux conséquences incalculables.

La pérennisation du système d’exploitation, la recherche du profit maximum, exigent un remodelage général des sociétés, annulant les acquis démocratiques et sociaux obtenus par les luttes dans la foulée des résistances antifascistes, grâce aussi à l’existence d’un contre poids à l’impérialisme avec le camp socialiste au siècle dernier.

Du Traité de Rome aux Traités de Maastricht-Amsterdam, la construction européenne sous l’impulsion du Capital financier a toujours été au service exclusif des intérêts de classe de cette oligarchie.

Pour mieux tromper les travailleurs, un des grands slogans des courants politiques et syndicaux réformistes a été la propagande sur une « Europe sociale » à conquérir. Le glissement de la CGT vers le syndicalisme d’accompagnement a repris cette antienne à son compte. Le tournant réactionnaire, avec notamment le passage à l’euro, aurait dû être vigoureusement dénoncé avec une résistance organisée, en informant et expliquant les dangereux projets du Capital pour les travailleurs : déréglementation généralisée avec la casse des Statuts et conventions, précarisation des contrats de travail, austérité salariale, chômage massif, attaques contre les couvertures sociales, les retraites, privatisation des services publics, etc.

La construction européenne est la forme que revêt cette politique dans tous les pays constitutifs de la Communauté. L’Union Européenne est l’instrument par lequel se met en place un véritable projet totalitaire puisqu’il vise à uniformiser par le bas toutes les législations nationales, en gommant les acquis sociaux et culturels.

Pour avancer sur de tels objectifs, le Capital a besoin de s’assurer le consentement d’une partie au moins du monde du travail. Or, la Confédération Européenne des Syndicats (CES) est une pièce centrale de ce dispositif, car elle se situe résolument dans le camp des promoteurs et tenant de l’Europe de Maastricht-Amsterdam.

On peut mesurer, déjà, les dégâts opérés dans les consciences avec leurs conséquences pratiques puisqu’aucune centrale syndicale nationale ne revendique l’abrogation de ces Traités iniques.

Jean Louis Fournier, secrétaire Confédéral CGT déclarait au 35ème congrès de la Fédération des métaux (mars 1997) « Pour pouvoir adhérer à la CES, on ne peut pas se prononcer pour l’abrogation du Traité de Maastricht du fait que les autres syndicats ne demandent pas cette abrogation ». Et de préciser : « il ne s’agit pas d’abroger le Traité mais de réintégrer le social dans la construction européenne ».

 

La CES, au service du Capital

La CES existe depuis 1973. Elle regroupe la quasi totalité des organisations syndicales d’Europe. Résolument réformiste dès l’origine, elle est le prolongement des organisations internationales comme la CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres) fondée pour scissionner la FSM (Fédération Syndicale Mondiale) deux ans après la scission de la CGT en 1947 qui donnera naissance à FO. Ces scissions seront soutenues et financées par les syndicats AFL-CIO des États Unis pour « éradiquer les syndicats communistes en Europe ».

Aujourd’hui les quatre principales centrales syndicales françaises (CGT-CFDT-FO-CFTC) sont adhérentes à la CES. Mais la CGT avait demandé son adhésion dès le milieu des années 1970, demande réitérée à chacun de ses Congrès depuis 1978. De fait cette demande correspondant au glissement progressif et successif de ses plus hauts dirigeants vers le réformisme (la preuve en est fournie aujourd’hui avec les décisions prises depuis le 45ème Congrès).

 

La CGT quittait piteusement la FSM en 1994 pour être admise à la CES à grands renforts médiatiques à l’occasion du 46ème Congrès en 1999, sans une véritable consultation des syndicats de la base.

Voici quelques déclarations significatives de hauts dirigeants confédéraux pour hâter l’adhésion à la CES :

Au Congrès de la FSM (novembre 1994) Alphonse Véronèse, secrétaire Confédéral et chef de la délégation CGT, justifiait la désaffiliation CGT de la FSM en ces termes :

« Avec la réintroduction de la référence au syndicalisme de classe dans les Statuts de la FSM (cette référence avait été supprimée au Congrès de Moscou sous l’influence de la pérestroïka gorbatchévienne), un recul important a été opéré au moment où, plus que jamais, nous avons besoin de dialogue ouvert, sans à priori, pour défricher des voies nouvelles créatrices d’un syndicalisme international » cf. Vie Ouvrière n°2624/63.

Le 15 mars 1995, Louis Viannet, secrétaire Général de la CGT adresse un courrier à Emilio Gabaglio, secrétaire Général de la CES pour renouveler la demande d’adhésion de la CGT à la CES. En voici des extraits les plus significatifs :

« Depuis 1973, nous avons réaffirmé, notre volonté de coopération active avec l’ensemble du mouvement syndical européen, pour œuvrer à la construction d’une Europe pacifique, démocratique…

« mettre en place un contre-pouvoir syndical en Europe comme le propose le document de Congrès de la CES est un objectif décisif que non seulement nous partageons, mais pour lequel nous sommes prêts à nous engager de toutes nos forces…

« nous renouvelons donc solennellement notre demande d’adhésion à la CES … cela signifie bien entendu pour nous, l’acceptation des formes de fonctionnement de la CES conformément à ses Statuts et le respect des décisions prises, tant en termes d’objectifs que de mise en œuvre… »

N’avons nous pas là les fondements de tout ce que la direction confédérale CGT doit faire passer au 47ème Congrès (restructurations, mutualisation de la cotisation, nouveau statut social du salarié…) pour intégrer le syndicalisme d’accompagnement au Capital ?

 

La CES appendice de la Commission de Bruxelles

A toutes les étapes, de la CEE à l’UE, la CES a joué son rôle de syndicat de collaboration et d’accompagnement des politiques néo-libérales.

Elle s’est fait la championne du credo de « l’Europe sociale » en admettant une politique de relance salariale mais « sans que cela nuise aux entreprises ».

Son décalage croissant avec le caractère aigu de la crise capitaliste qui poussait le Capital financier à opter pour le néolibéralisme et le monétarisme allait l’obliger à réviser ses positions, abandonnant ses quelques velléités sociales pour rallier les politiques d’austérité.

Elle allait épouser la fameuses devise de Jacques Delors (Président de la Commission Européenne) : « il faut que le syndicalisme accepte les principes de la flexibilité », en oeuvrant, de concert avec lui pour créer « le partenariat social ». C’est très exactement ce que la CGT a repris à son compte dans ses orientations votées aux 45ème et 46ème congrès avec le « syndicalisme de négociation ».

Elle fera, pendant des années, « accompagner » les sommets des chefs d’États européens par des manifestations régulées aux slogans trompeurs pour les travailleurs. Car en face des grands conflits dont le plus célèbre est « Renault-Vilvorde », on peut chercher les succès de la CES contre le patronat. Depuis des années, et particulièrement au cours de la dernière période, on peut dire : « Avec la CES, à tous les coups on perd ! »

Alors que l’Euro est institué pour faire payer la crise aux seuls travailleurs par une véritable dévaluation monétaire et par le renforcement de l’austérité, la CES proclame que « la monnaie unique est positive pour l’Europe ».

En 1996, la CES signait avec le Patronat européen un document qui constitue un véritable programme commun d’association « Capital-Travail » : Austérité, déréglementation, flexibilité, privatisations, formation professionnelle livrée au Patronat, tout y est ! N’est-ce pas ce qui est amorcé en France avec le « syndicalisme de négociation » ?

Il n’est pas possible de vulgariser dans un document de synthèse toutes les contraintes qu’est chargée de faire passer la CES dans le syndicalisme européen pour jouer le rôle honteux de la collaboration de classe avec le Capital.

Quand on sait que le fonctionnement de la CES est une menace pour l’indépendance, voire l’existence des organisations nationales (liquidation du fédéralisme en France) on ne peut qu’être inquiet des propositions confédérales à ce 47ème Congrès, notamment en matière de restructuration et de « confédéralisation » de la cotisation syndicale. Il s’agit, de la part des dirigeants confédéraux réformistes de faire gravir un échelon supplémentaire dans l’aliénation de la CGT à la CES et de la soumission au Capital.

Ce serait progressivement la mort du syndicat de base passant de la souveraineté à la soumission, voire à l’arbitraire « confédéralisé ». Mais où donc est passé la fameux slogan :  « syndiqué acteur et décideur dans un syndicalisme rassemblé » ? Comme on le voit ce n’était qu’une tromperie à l’égard des syndicats et des syndiqués.

 

Non seulement il faut opposer un rejet unanime de ces propositions, mais en même temps exiger la désaffiliation CGT de la CES.

 
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Dernière modification : 27 juillet 2003