« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

Accueil ] Remonter ] 48ème Congrés de la CGT ] 47ème Congrès de la CGT Mars 03 ] Non à la Guerre ] Retraites ] Santé Protection Sociale ] Social et luttes ] Collectifs Nationaux ] Europe ] Conférences Internationales ] Nos Fondements ] Amis de C. L. CGT ] Archives ]

Accueil
Remonter
Dernière minute
Nos Coordonnées
Le Rassembleur : Notre revue
Sommaire
Téléchargement
Contactez nous !
Adhérer
Vers d'autres sites
Rechercher sur le site

 

FORMATION SYNDICALE

Les classes sociales

SOMMAIRE

     1 classe des propriétaires fonciers

    2 bourgeoisie

    3 prolétariat

    4 petite bourgeoisie

    5 paysannerie

   6 quelques données particulières

    Forme Économique

       Forme Idéologique

      Lutte Politique

&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

 

  Introduction

 

Les classes sociales sont ainsi définies par le dictionnaire Larousse : « groupe de gens ayant des traits communs ».

 

Nous devons donc rechercher dans l’histoire comment les classes sociales sont apparues, quels critères nous permettent de vérifier les traits communs de chaque groupe d’humains ou classe sociale.

- A la préhistoire, sous la commune primitive, les hommes entretenaient des rapports égaux. Ensemble, hommes et femmes confondus ou peut-être individuellement, les hommes chassaient … et partageaient le fruit de leur labeur.

Nous avions là, la première forme de travail social, la force productive était uniquement manuelle. Or, l’homme est mû par la satisfaction croissante des besoins humains. Avec son intelligence, l’homme va lutter contre la nature : hibernation du gibier, défense des animaux etc. Il va donc forger des outils pour améliorer ce que déjà on peut appeler la production et donc créer des instruments plus efficaces que les mains humaines pour chasser.

Aussi les progrès vont être sensibles : accumulation de stocks, inégalités devant le savoir-faire (utilisation des armes) peut-être compensées par l’appropriation du stock des autres (le vol). Cette inégalité va engendrer la première division sociale du travail : certaines personnes vont avoir pour fonction de garder et protéger les stocks ; historiquement peut-être pour des raisons biologiques (la gestation) les femmes se verront vouées à ce rôle, ce qui engendrera monogamie et mariage (contrat légal pour que « votre » femme ne parte pas avec vos biens).

A partir de là, certains hommes vont s’enrichir au détriment des autres et refuser le partage, contraindre des hommes à travailler pour eux. Nous avons là l’embryon des classes sociales : certains individus (les exploiteurs) vivent de la force de travail des autres (les exploités).

Dès lors, l’humanité, les modes de production vont être régis par la division du travail et la lutte entre classes sociales antagonistes, ennemies.

Remonter

I- La définition marxiste (matérialiste scientifique) des classes sociales

Pour les marxistes, le concept de classe sociale ne relève pas du poids de la richesse de telle ou telle catégorie mais de leur rapport aux moyens de production (machines, usines, bureaux etc.). Certains groupes d’hommes sont propriétaires de ces moyens de production et pour s’enrichir (les machines, usines ne « rapportent » pas en soi) vont acheter la force de travail des exploités (c’est à leur capacité et leur savoir-faire pour produire).

Voici ce que LÉNINE, le disciple et continuateur de MARX, affirme des classes sociales :

« les classes sont des vastes groupes d’hommes différents les uns des autres par la place qu’ils occupent dans un système historiquement déterminé de production sociale, par leurs rapports … aux moyens de production, par leur rôle dans l’organisation sociale du travail, par la dimension de leur appropriation des richesses sociales et par leur mode d’appropriation. Les classes sont des groupes d’hommes dont l’un s’approprie le travail des autres selon la place occupée dans un système déterminé d’économie sociale ». (V.I LÉNINE. La grande initiative – tome 29 page 421).

Pour les marxistes et les syndicalistes révolutionnaires, l’appartenance à une classe sociale n’obéit pas à une croyance ou conviction personnelle (certains travailleurs refusent de reconnaître qu’ils appartiennent à la classe ouvrière) mais à un facteur objectif : la place prise par rapport à la propriété des moyens de production.

Selon Karl MARX, tous groupes d’hommes ou classes sociales émergent comme classes fondamentales sous le capitalisme !

« Il y a trois groupes sociaux dont les membres vivent selon leurs salaires, leurs profits, leurs rentes foncières respectivement ». (K. MARX- Critique de l’Économie politique).

Ces trois classes fondamentales sont :

· la classe ouvrière (le prolétariat), les salariés

· les capitalistes avec leurs profits

· les grands propriétaires terriens avec leurs rentes foncières.

Remonter

1/ - La classe des propriétaires fonciers

Pour les marxistes, c’est une classe propriétaire de la terre et qui vit des rentes de cette terre. Avec le développement du capitalisme, cette classe va se fragmenter, les très grands propriétaires étant aussi souvent actionnaires ou propriétaires d’entreprises industrielles, les paysans riches emploient du personnel : ouvriers agricoles, métayers, temporaires. En cela, ce sont des propriétaires de moyens de production, des petits ou moyens capitalistes mais qui travaillent aussi ; pour cela on les classe dans la petite bourgeoisie rurale.

Les petits propriétaires ont tendance à être éliminés par la concentration capitaliste, c'est-à-dire l’absorption des petites entreprises par les plus grandes ; avec le développement capitaliste, cette concentration tend à ruiner les petits voire les moyens paysans. En France, la paysannerie regroupe environ 6 % des travailleurs, 500 à 600 000 personnes. Lénine confronté à ces modifications du capitalisme écrit :

« Chaque pays capitaliste … est divisé principalement en trois forces : la bourgeoisie, la petite-bourgeoisie, le prolétariat ». (Sur les illusions constitutionnelles – tome 6 – page 202).

Remonter

2/ - La bourgeoisie

Étymologiquement, le mot bourgeoisie désigne ceux qui vivent à la ville (le bourg). En cela, on la distingue des paysans et des grands propriétaires fonciers (aristocratie). La classe capitaliste peut être ainsi définie :

« La classe des capitalistes modernes, propriétaires des moyens de production et employeurs du travail salarié ». (F. ENGELS – préface au « Manifeste communiste » de MARX-ENGELS).

Au stade impérialiste, on inclut dans la classe capitaliste des personnes formellement salariées, dotées de hauts salaires (et de plus souvent actionnaires) dont la fonction est de servir la classe capitaliste dans de hautes positions administratives : PDG, directeurs etc. ou d’État : les juges et magistrats, les hauts fonctionnaires, les officiers de l’armée, police, gendarmerie, les directeurs et hauts personnels des médias.

« Ce groupe contient des sections de la population qui appartiennent à la grande bourgeoisie : tous les rentiers (qui vivent de leurs actions), une partie des intellectuels (les non salariés), les officiers militaires, les hauts fonctionnaires ». (LENINE – Le développement du capitalisme en Russie » - tome 3 – page 504).

Cette classe inclut aussi la famille, les héritiers de ces personnes.

Remonter

3/ - Le prolétariat

Ce terme a une origine latine et désignait à Rome sous l’antiquité : la plus basse classe, celle qui était privée de tout. C’est le terme scientifique pour définir la classe ouvrière puisqu’il signifie : privé des moyens de production. Mais sous l’influence des médias, ce terme a pris une connotation, une signification péjorative signifiant les « pauvres ». Les réformistes et les révisionnistes (ceux qui révisent et abandonnent la théorie de MARX et LÉNINE) au lieu de promouvoir ces termes et concepts, l’ont abandonné – cf. Georges MARCHAIS et Georges SÉGUY. Cela dit, objectivement, que ces derniers le veuillent ou non, le prolétariat existe.

ENGELS, l’ami et compagnon de lutte de MARX définit ainsi le prolétariat :

« La classe des travailleurs modernes salariés qui ne possède aucun moyen de production et est réduite à vendre sa force de travail pour vivre ». (ENGELS : préface à l’édition du « Manifeste communiste).

De plus, « c’est la classe de la société qui vit exclusivement de la vente de sa force de travail et ne tire aucun profit d’un quelconque capital … le prolétariat ou classe des prolétaires est en un mot la classe ouvrière ». (ENGELS « les principes du communisme » page 5 – œuvres choisies »).

MARX parle aussi du « lumpenprolétariat » terme qui vient de l’allemand « prolétariat en guenilles » qu’il convient de différencier du prolétariat industriel.

« Le lumpenprolétariat forme une masse strictement différenciée du prolétariat industriel recruté dans les bas fonds, voleurs et criminels de toutes sortes, vivant en marge de la société, des gens sans travail défini, sans foi ni loi ». (K. MARX – « Les luttes de classes en France – 1848/1850 » page 216 – tome 1 œuvres complètes – édition anglaise).

Quelques mots sur l’origine de ce « lumpenprolétariat ». Au moyen âge, déjà il y avait des gens à la ville qui vivaient de la rapine, du meurtre, du vol. A Paris, ils vivaient dans un quartier difficilement accessible à la police : « la cour des miracles » décrit un peu romantiquement par Victor HUGO dans « Notre Dame de Paris ».

Avec l’apparition et le développement du capitalisme, ce sont des millions de paysans sans terre (les serfs) qui n’ont d’autres ressources que d’aller à la ville pour subsister. Or le capitalisme fondé sur la concurrence de main d’œuvres pour assurer son profit est indissociable du chômage, c’est-à-dire, de la tendance du capital à écarter de l’emploi de nombreux travailleurs « l’armée industrielle de réserve » selon K. MARX. Sans ressources, les divers secours et allocations n’existaient pas, ces hommes et femmes n’eurent d’autres recours que la délinquance organisée, la mendicité.

Au stade impérialiste du capitalisme avec la formation de monopoles, la corruption, la spéculation financière, l’existence de divers trafics, sévit une économie parallèle (drogue, armes, prostitution etc.). Le lumpenprolétariat vit de cette économie parallèle.

MARX intègre le lumpenprolétariat dans la classe ouvrière à l’origine mais par son mode de vie, son niveau d’existence social, cette catégorie qui vise à l’appropriation privée au détriment d’autrui relève de la petite-bourgeoisie.

Les membres du "lumpen", toujours à court d’argent, sont des proies rêvées pour les partis fascistes et leurs groupes paramilitaires, pour la police (indicateurs et mouchards) pour briser les grèves par la force comme aux États-Unis.

Dans la société capitaliste, le prolétariat est la seule classe révolutionnaire jusqu’au bout car les prolétaires n’ont que leurs chaînes à perdre dans la lutte et la révolution. Ainsi la bourgeoisie en vivant de la vente de la force de travail des salariés forge ses « propres fossoyeurs ». (K. MARX).

Le prolétariat est donc porteur d’un nouveau mode de production économique : le socialisme où la propriété sociale des moyens de production et d’échange devient la règle supprimant par conséquent l’exploitation de l’homme par l’homme, l’oppression nationale, le racisme, le sexisme. La classe ouvrière au pouvoir devient la classe dominante orientant la société. Le prolétariat regroupe alors autour de lui la majorité laborieuse de la nation.

« Les travailleurs industriels de la ville sont capables de diriger toute la masse des travailleurs et les exploités dans la lutte pour le renversement du joug du capital ». (Lénine : « La grande initiative » – tome 3 – Œuvres choisies).

Au fur et à mesure de ses progrès de conscience, sous le capitalisme, le prolétariat s’organise en courants politiques, syndicats, partis, reflet du niveau de leur conscience de classe.

La conscience première consiste à mesurer que son patron a ses propres intérêts de classe, qu’il faut revendiquer par la lutte pour satisfaire ses objectifs. MARX et ENGELS baptisent cette forme de conscience : la conscience en soi.

A un degré supérieur de conscience, le prolétaire, le travailleur mesurent que l’ennemi n’est pas seulement « son » patron mais l’ensemble de la classe bourgeoise et son État au service de l’exploitation capitaliste. MARX et ENGELS parlent alors de « conscience pour soi » puisque les prolétaires reconnaissent la nécessité de la lutte de classes jusqu’au renversement du capitalisme.

Le syndicalisme révolutionnaire, les partis révolutionnaires prolétariens (réellement communistes) relèvent de la conscience pour soi.

Les syndicats réformistes, de collaboration de classe, les partis sociaux-démocrates relèvent de la conscience en soi (à la base). Les dirigeants sont des traîtres au mouvement ouvrier.

Remonter

4/ - La petite-bourgeoisie

C’est une classe sociale intermédiaire entre le prolétariat et la bourgeoisie.

« Dans les pays où la civilisation moderne s’est pleinement développée, une nouvelle classe de petits-bourgeois s’est formée ». (MARX-ENGELS – Œuvres choisies – tome 1 – page 321).

Pour les marxistes, la petite-bourgeoisie regroupe comme classe, des gens qui possèdent des petits moyens de production et d’échange (artisans, commerçants etc.) qui emploient quelques salariés ou souvent des membres de la famille.

« Un petit-bourgeois est propriétaire d’une petite propriété ». (LÉNINE– Œuvres choisies – tome 2 – page 254 « Aux pauvres ruraux »).

Le petit-bourgeois a une double nature sociale : comme travailleur, le petit-bourgeois a des intérêts communs avec le prolétariat ; comme propriétaire de ses moyens de production cependant il a aussi des intérêts communs avec la bourgeoisie et le grand capital.

La petite-bourgeoisie n’est donc pas une classe sociale fondamentale puisqu’elle est obligée de s’aligner selon le rapport de forces et les individus : soit sur le prolétariat, soit sur la bourgeoisie.

« Le petit-bourgeois est coupé en deux personnes : comme propriétaire des moyens de production, il est un capitaliste, comme travailleur, il est son propre salarié ». (K. MARX : théorie de la plus-value – 1ère partie – page 395). Politiquement, le petit-bourgeois va donc être instable. Il est sensible à la démagogie fasciste ou populiste mais aussi peut être gagné par les partis révolutionnaires.

Avec le passage au stade impérialiste, on appelle aussi petit-bourgeois, la section des gens qui ont de petites responsabilités de direction. Ces personnels ont une fonction d’encadrement de façon à satisfaire le propre capitaliste (petits chefs pour veiller aux cadences, cadres, chefs de service etc.).

Les membres de cette catégorie de la petite-bourgeoisie sont formellement des salariés (mais ils touchent des salaires relativement élevés), ils appartiennent au camp des travailleurs, car ils sont aussi exploités par le capital. Mais bien que ne possédant pas un petit capital, n’étant pas propriétaires de petits moyens de production, le fait qu’ils permettent le fonctionnement de l’exploitation capitaliste les lie et leur donne des intérêts communs avec le capital.

Là aussi ces couches oscillent entre l’alliance avec le prolétariat et la soumission au capital. Ce sont des sous-officiers du capital selon l’expression de K. MARX. Relèvent aussi de la petite-bourgeoise, les membres des corps répressifs : justice, police, armée avec de petites responsabilités.

Remonter

5/ - La paysannerie

Les marxistes ne considèrent pas la paysannerie comme un ensemble homogène. Selon LÉNINE, elle se divise en trois catégories : les paysans riches, moyens et pauvres.

· les paysans riches ou capitalistes ruraux emploient du travail salarié ou exploitent d’autres paysans. Comme les grands propriétaires fonciers, cette catégorie de paysans riches vit de la vente de force de travail des autres en les payant aussi peu que possible. Capitalistes, ils sont ennemis du mouvement ouvrier.

· les paysans moyens (petite bourgeoisie rurale) possèdent et vivent de l’exploitation de leur terre mais n’emploient aucun salarié à l’exception des membres de leur famille. Leur condition sociale est très instable ; ils dépendent beaucoup des conditions climatiques, du niveau de récolte etc. Les questions des « aides », « subventions », prêts » sont décisives car ils ont du mal à joindre les deux bouts. Parfois, ils complètent leurs revenus agricoles en s’embauchant à l’usine (partiellement) ou en proposant leurs services à un paysan riche. Cette catégorie de paysans moyens est qualifiée par LÉNINE de « semi-prolétariat ». Les paysans moyens sont la catégorie la plus nombreuse d’agriculteurs en France, surtout en Bretagne et dans le sud.

· Les paysans pauvres ou petits paysans ou prolétariat agraire sont chassés de leur terre par la ruine mais ne renoncent pas à travailler la terre sans en être propriétaires. Ils travaillent donc pour un propriétaire. LÉNINE dit de cette catégorie qu’elle est sœur du prolétariat urbain.

 

Les paysans moyens malgré leurs tendances petites-bourgeoises propriétaires, les paysans pauvres sont des alliés de classe du prolétariat qui soutient à son tour les petits et moyens paysans.

Les ouvriers agricoles sont des salariés exploités par les paysans riches, dotés de salaires de misère, sans grande défense collective, ils sont des prolétaires ruraux.

Remonter

6/ - Sur quelques données particulières

· Les chômeurs

Certains théoriciens se réclamant parfois du marxisme excluent les chômeurs des rangs du prolétariat sous prétexte que ne travaillant pas, ils n’appartiendraient pas à la classe ouvrière ou aux travailleurs. Ces théoriciens évoquent alors « l’exclusion », les « exclus », les « marginaux », les « RMIstes ». C’est une absurdité sinon un ouvrier cesse de l’être dès qu’il a fini sa journée de travail.

MARX considère que le chômage est indissociable du capitalisme et caractérise ainsi ce fait en préférant l’expression « armée industrielle de réserve » (K. MARX « critique de l’économie politique ») résultant « d’une relative surpopulation dans la classe ouvrière » en regard des besoins capitalistes fondés sur la recherche du profit maximum. MARX intègre cette armée industrielle de réserve dans les rangs du prolétariat.

· Les travailleurs non productifs

Là aussi, certains révisionnistes excluent de la classe ouvrière des catégories non productives (par exemple les agents de maintenance, de service, les conducteurs de métro ou de train etc.).

Des courants ouvriéristes qui ont existé à la CGT ne voyaient comme appartenant à la classe ouvrière que ceux qui produisent des marchandises, assurent un travail productif. D’autres parlent même de « nouvelle petite-bourgeoisie ». Ainsi selon eux n’appartiendraient pas au prolétariat les caissières des grandes surfaces, les employés de banque, les vendeurs de grands magasins, les agents hospitaliers etc. MARX a réfuté toujours ces opinions.

Les travailleurs indirectement productifs participent par leur travail à la mise en valeur, à l’extraction de plus-value. Par exemple : un chauffeur de bus transporte les travailleurs à l’usine et permet ainsi indirectement la production des richesses.

Pour MARX, la distinction entre productif et indirectement productif n’est pas fondamentale car elle n’a rien à voir avec « la spécialisation particulière du travail » pour caractériser l’appartenance à la classe. « Le même travail peut être productif quand je l’achète comme capitaliste et improductif quand je l’achète comme consommateur ». (K. MARX « Théorie de la plus-value »).

Le même travail opère des démarcations. Un enseignant d’une école privée est engagé dans un travail productif car il produit de la plus-value aux propriétaires privés d’une école (par exemple : « une école de métiers »). Le même travail dans une école publique dans des conditions identiques ne crée pas de plus-value. Le travail est donc improductif mais concourt indirectement et à long terme à l’extraction de plus-value par le patronat, sinon, l’appartenance au prolétariat est plus idéologique que matérielle. En cela nous rompons avec la sociologie américaine type INSEE pour qui l’ouvrier est seulement un « col bleu ». De même, les ingénieurs de production, les techniciens appartiennent au prolétariat.

Remonter

· L’aristocratie ouvrière

Au stade impérialiste, les États capitalistes vont piller les États coloniaux, semi-coloniaux, dépendants.

« Ainsi, la bourgeoisie est en mesure de corrompre la couche supérieure du prolétariat avec les miettes des super profits ». (LÉNINE « programme du Parti communiste russe –bolchevik- tome 29, page 104).

Ces sur profits sont acquis par le capital avec les profits liés aux investissements étrangers, à l’exportation de capitaux, à la spéculation monétaire. Une petite partie de ces super profits permet à la bourgeoisie d’octroyer de hauts salaires (relativement) à certaines catégories d’ouvriers : contremaîtres chargés des cadences, ouvriers hautement qualifiés, chefs d’équipe surveillant les ouvriers etc.

Cette catégorie appartient au prolétariat mais ses « privilèges » relatifs engendrent un être social proche de la petite-bourgeoisie par son mode de vie et ses aspirations. Cette catégorie du prolétariat est encline au réformisme syndical et politique car elle a des choses à perdre dans la lutte de classe.

LÉNINE la caractérise comme le « principal soutien du capitalisme dans le mouvement ouvrier ». CHÉRÈQUE symbolise cette catégorie par son intégration aux vues et injonctions du capital.

Cette aristocratie ouvrière regroupe une part petite du prolétariat mais souvent plus instruite, elle joue souvent un grand rôle dans le mouvement ouvrier organisé.

Les ingénieurs de production touchant une partie infime de la plus-value (très hauts salaires) appartiennent à cette catégorie ; l’existence sociale de l’aristocratie ouvrière dépend du pillage impérialiste, toute progression vers une indépendance effective des révolutions démocratiques anti-impérialistes réduisant la sphère d’exploitation et menace l’aristocratie ouvrière. Cette dernière est donc encline à soutenir son propre impérialisme (cf. guerre d’Algérie).

La crise actuelle tend à diminuer les rangs de cette catégorie, le chômage la frappant aussi ; cela dit, elle continue d’exister et pour sauver son existence sociale, appuie le réformisme y compris dans la CGT.

La bourgeoisie comprend tous les détenteurs de moyens de production et d’échange : petits capitalistes avec quelques salariés, bourgeoisie moyenne avec quelques centaines de salariés. Grande bourgeoisie ou bourgeoisie monopoliste qui détient des entreprises avec des dizaines voire centaines de milliers de salariés, ces entreprises formant des monopoles ou multinationales (ou transnationales).

C’est la bourgeoisie monopoliste qui dirige la classe bourgeoise. A la fin du capitalisme de libre concurrence, la grande bourgeoisie a opéré un processus de fusion du capital industriel et du capital bancaire, de là a résulté l’émergence du capital financier (ou capital monopoliste).

Ce capital financier est de plus en plus à coups d’acquisitions et de fusion aux mains d’une oligarchie financière, c’est-à-dire quelques centaines d’individus qui constituent les plus grosses fortunes.

Remonter

· L’oligarchie financière

L’impérialisme signifie le processus de fusion du capital industriel et bancaire.

Des banques achètent des entreprises et réciproquement. Les dirigeants de ce capital fusionné qu’on appelle capital financier constituent une oligarchie financière. Ce sont les maîtres réels des États capitalistes à la tête des grandes branches économiques : industrie, télécommunications, armement, pétrole, gaz, électricité etc.

Siégeant dans un grand nombre de conseils d’administration, l’oligarchie financière orchestre les acquisitions, fusions d’entreprise, licenciements. Toute l’orientation politique intérieure et internationale d’un pays est conditionnée aux intérêts de cette oligarchie financière.

Remonter

II Contradictions de classe et lutte de classes

Très vite pour satisfaire telle aspiration ou revendication, le prolétaire et le travailleur va mesurer que ses intérêts personnels et collectifs sont contradictoires avec ceux de son patron, que pour avoir satisfaction, il faut lutter et ce, de manière syndicale.

Ce processus de lutte pour la défense de ses intérêts face aux intérêts contradictoires du patron est appelé : lutte de classes.

Lutte de classes qui oppose principalement le prolétariat à l’ensemble de la bourgeoisie et qui revêt trois formes :

a/ Économique : l’intérêt du salarié est de vendre à un meilleur prix sa force de travail, d’aspirer à la réduction continue et véritable du temps de travail. Les luttes économiques pour la défense des revendications sociales sont assurées par les syndicats qui appellent l’ensemble des travailleurs à l’action : pétitions, débrayages, tracts et prise de parole, grèves locales et nationales voire internationales, grève générale puis négociation sur la base d’un rapport de forces le plus favorable possible, sont les instruments de cette lutte. Les luttes économiques se placent à l’intérieur du système capitaliste.

b/ Idéologique (lutte de classes théorique) : la bourgeoisie diffuse massivement dans les masses les idées de résignation, de collaboration de classe. Les syndicalistes révolutionnaires au contraire insistent sur l’impossibilité d’une harmonie des intérêts entre le prolétariat et le capital, éduquent les travailleurs dans l’esprit de lutte de classes.

Les ouvriers les plus avancés : les communistes armés du marxisme-léninisme éduquent les travailleurs dans la nécessité d’une révolution prolétarienne.

c/ La lutte politique se subordonne les deux autres formes de lutte de classes. Le prolétariat doté d’une conscience révolutionnaire a atteint la compréhension qu’il était la seule classe qui pouvait diriger la lutte contre le pouvoir du capital, que son rôle historique était de conduire la révolution par la prise du pouvoir d’État en brisant l’appareil d’État capitaliste (armée, police, justice), en socialisant l’ensemble des moyens de production et d’échange, en supprimant l’exploitation capitaliste. Seul le socialisme en transition au communisme peut conduire à l’abolition du salariat.

Remonter

Classes sociales et État

Le réformisme diffuse massivement l’idée fausse (qui profite à la seule bourgeoisie) selon laquelle l’État serait « neutre », « au service de tous », « le bien commun ».

Une version plus sophistiquée mais tout aussi réformiste prétend que « l’État serait l’expression d’un rapport de forces entre les classes ». Il n’en est rien, MARX montre que l’État c’est une machine d’oppression aux mains de la classe dominante, sous le capitalisme : la bourgeoisie.

Cette domination de classe a sa racine matérielle dans la propriété privée des moyens de production et d’échange (infrastructure), dans l’ensemble des vues : religion, droit, art, politique, scolaire etc. qui reflètent la domination capitaliste et justifient la propriété privée (superstructure).

MARX qualifie de dictature (domination politique) tout État, au service de la seule classe dominante. Le pouvoir du capital, dictature de la bourgeoisie a 2 formes : démocratie bourgeoise qui s’appuie sur le parlementarisme bourgeois qui peut réprimer si nécessaire le mouvement ouvrier et le fascisme : dictature terroriste qui interdit toute activité ouvrière, syndicale, révolutionnaire.

La dictature capitaliste signifie démocratie pour la bourgeoisie et dictature sur l’ensemble des forces de travail.

La classe ouvrière après la révolution socialiste dirige l’État d’un nouveau type assurant la démocratie à tous les travailleurs et l’exercice de la dictature sur les capitalistes renversés et leurs agents.

Le nouveau régime est appelé par MARX, LÉNINE, STALINE : dictature du prolétariat où la classe ouvrière en alliance avec la paysannerie laborieuse et les intellectuels progressistes assure la démocratie socialiste pour tous les travailleurs et protège le socialisme des tentatives et menées contre-révolutionnaires des capitalistes renversés et de l’impérialisme.

Remonter

    « Continuer la C.G.T. »

 

Jean-Luc SALLÉ

Paris le 25 septembre 2003

 
Accueil Dernière minute Education Syndicale Nos Coordonnées Le Rassembleur : Notre revue Sommaire Téléchargement Contactez nous ! Adhérer Vers d'autres sites Rechercher sur le site
Pour toute question ou remarque concernant ce site
  agnes.clcgt@wanadoo.fr
Dernière modification : 01 avril 2004