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« POUR UN SYNDICALISME DE CLASSE ET DE MASSE »

le 18/12/2001

Cliniques Privées

Le scandale

 

Ø MAI – JUIN 1968 :

Pendant trois semaines, grève générale avec occupation des usines, établissements, mairies, hôpitaux, administrations !….. Les cliniques privées sont « dans l’ambiance » et pour cause !

Si les secteurs publics étaient à la traîne, les personnels des cliniques privées à but lucratif étaient, eux, dans une situation quasi-misérabiliste au regard des autres secteurs hospitaliers. Avant cette grande grève, le patronat des cliniques privées restait totalement sourd aux revendications des personnels en pratiquant le gémissement chronique, comme aujourd’hui. Il faut dire que le taux de syndicalisation était très faible (1% en moyenne nationale tous syndicats confondus) et dès lors, le droit syndical -ne parlons pas du droit de grève- y était quasiment interdit. Il fallut ce grand mouvement pour bousculer la faune patronale particulièrement rétrograde et l’obliger à se mettre à la table des négociations.

Si les personnels hospitaliers publics obtenaient des augmentations de 15 à 20 % en moyenne, les patrons des cliniques privées à but lucratif devaient céder de 20 à 45 % d’augmentations des salaires conventionnels pour seulement approcher les salaires du public. Ce fut une petite révolution…..qui ne mit pas, pour autant, les patrons de cliniques sur la paille.

Ø 30 ANS PLUS TARD :

30 ans plus tard on retrouve les mêmes thèmes revendicatifs et les mêmes situations professionnelles tant en matière de salaires que de conditions de travail avec sensiblement les mêmes écarts de rémunérations des personnels non-médicaux comparativement au public. Sauf qu’il y a deux paradoxes de taille au regard de Mai-juin 1968 :

  1.  les syndicats n’agissent pas (mais le peuvent-ils ?), Ce sont les patrons, des « gentils » patrons qui revendiquent la parité des salaires de leurs personnels avec ceux des hospitaliers publics 

  2.  mais comme ils jurent par tous les vents qu’ils sont accablés de charges qui les empêchent même de se moderniser, alors ils font appel au gouvernement de la « gauche ». En 1968, il fallut trois semaines de grèves aux travailleurs pour faire céder le patronat, aujourd’hui il ne faut que 48 heures de grève au patronat , pour faire céder le gouvernement, « de gauche ».

Ø LA GÉNÉROSITÉ GOUVERNEMENTALE AVEC L’ ARGENT DES ASSURES SOCIAUX:

C’est sur une revendication en trompe l’œil que les patrons de cliniques privées ont engagé leur action, à savoir : l’alignement des salariés de leurs personnels sur ceux du secteur public d’où la demande d’aide gouvernementale de 6 milliards de Francs. Si la réalité des salaires des personnels non-médicaux est en moyenne de 30% inférieure à ceux du secteur public, gageons que la dotation supplémentaire exigée risque d’aller à d’autres destinations.

Le gouvernement a cédé, au total 3,1 milliards de dotations supplémentaires après avoir, précédemment accordé 600 millions pour le passage aux 35 heures, pris en charge les astreintes et gardes de maternité. Et pour 2002, l’enveloppe de crédits augmentera de 3,5 % (soit au total 46 milliards de francs). C’est une honte !

Non pas que nous ne soyons solidaires des revendications des personnels non-médicaux des cliniques privées, mais parce que le patronat de ces cliniques incarne finalement ce capitalisme sanitaire en expansion, en osmose totale avec le MEDEF. Quelle différence y a-t-il entre ce patronat « sanitaire » qui encaisse des dividendes en surexploitant son personnel et les malades et le MEDEF qui fait du chantage au gouvernement au sujet du paiement de la prime de licenciement des salariés de Moulinex ?

Ainsi va la générosité du gouvernement « de gauche » avec….. l’argent de la sécurité sociale, l’argent des assurés sociaux, l’argent des travailleurs.

Ø DE LA COMPLÉMENTARITÉ A LA CONCURRENCE:

Après la Libération, la position du Parti Communiste, comme de la CGT, admettait que puisse cohabiter un secteur privé intervenant en complémentarité du public dans le système de soins de notre pays. Ce n’était pas forcément la philosophie du patronat des cliniques privées qui, lui, n’a cessé de travailler en concurrence tout en bénéficiant directement ou indirectement du secteur public hospitalier. Mais il faut souligner que cette concurrence s’est développée et accélérée grâce aux réformes hospitalières successives, dont la plus marquante est celle de 1991 (sous un gouvernement socialiste).

Aujourd’hui cette concurrence - qui pèse directement sur l’hôpital public – se mesure (comme disent certains) en parts de marché, que traduisent les chiffres suivants :

F Le secteur privé à but lucratif représente 30% des lits d’hospitalisation (soit en progression sensible au cours des vingt dernières années). Il prend 65 % des actes chirurgicaux (contre 35 % au public) mais avec des hôpitaux publics qui n’assurent plus que 15 à 20% de chirurgie comme au CHG d’Angoulême (16) et l’hôpital de St Denis (93. Le secteur privé s’intéresse aussi de plus en plus aux accouchements puisqu’il détient plus de 40% des interventions, et au traitement du cancer où le privé et le public sont à égalité. Autrement dit le secteur privé à but lucratif étend son emprise sur les actes rentables {chirurgie, obstétrique}, laissant au public les soins médicaux lourds et coûteux, les malades chroniques et autres services sanitaires et sociaux que la société capitaliste n’aime pas voir en face (effet de miroir). Un autre chiffre qui montre le poids de la consommation de soins médicaux supportés par l’hôpital public : sur 362 milliards de consommation de soins hospitaliers réglés par la sécurité sociale l’an dernier, l’hôpital public représente 280 milliards (près de 80%) contre 70 milliards (20%) au secteur privé.

Ø CHARGES ET EXONÉRATIONS:

Quand les patrons des cliniques privées critiquent le gouvernement obligé de céder quelques milliards sous la pression des personnels hospitaliers, leur cynisme n’a d’égal que leur avidité de profits. Car faut-il rappeler ce que supporte l’hôpital public et dont sont exonérées les cliniques privées ? (grâce d’ailleurs aux politiques de droite comme de gauche, qui se succèdent depuis des décennies)

· Qui paie la taxe sur les salaires ? L’hôpital public ! (7 à 11% de la masse salariale). Pas les cliniques privées !!

· Qui bénéficie du remboursement de la TVA sur les frais non-médicaux ? Les cliniques privées ! Pas l’hôpital public !

· Qui assure les formations médicales-paramédicales (sous réserve de quelques écoles privées) ? L’hôpital public !.

· Qui supporte les charges sociales de certains médecins à temps partiel public-privé ? L’hôpital public !

Ø QUI SONT LES PATRONS DES CLINIQUES PRIVÉES ?:

Près des trois quarts des cliniques privées à but lucratif sont directement gérées par des praticiens dont certains chevauchent le privé et le public

Environ 20% du potentiel privé à but lucratif est constitué de groupes transnationaux comme la « Générale de santé » qui a acquis 10% de part du marché hospitalier français avec un chiffre d’affaire de près de 900 millions d’euros (5,5 milliards de francs).

Ce groupe devenu le N°1 européen a été introduit en bourse en juillet dernier. On trouve des groupes de moindre importance mais qui n’en demeurent pas moins la substance de développement du capital sanitaire avec toutes les conséquences désastreuses qui pointent au regard de l’égalité d’accès aux soins.

Si le personnel non-médical (infirmières, aides-soignantes et autres de la logistique) est sous-payé par rapport à l’hôpital public (ce qui n’est pas peu dire !), on ne peut en dire autant pour les personnels médicaux des cliniques privées à but lucratif. En 20 ans, la diminution des spécialistes à l’hôpital public est de près de 15 % au profit des cliniques privées qui offrent des rémunérations de 30 à 40% supérieures au public sans compter l’actionnariat d’entreprise.

Patronat et médecins des cliniques privées qui ont engagé la grève totale au prétexte de revalorisation des salaires de leurs personnels, n’ont pas posé les mêmes exigences d’alignement de leurs

rémunérations sur le public, et pour cause ! Mais ils se gardent bien par ailleurs de répondre à une revendication syndicale ancienne de plus de 40 ans de savoir, l’unification des conventions collectives des cliniques privées à but lucratif sur la base d’une parité de droits et avantages avec le public.

Ø ENFIN LE DROIT DE GRÈVE :

Quand les travailleurs font grève pour défendre leurs légitimes revendications et qui vont souvent de pair avec les intérêts des usagers des services publics, ils sont aussitôt attaqués par les politiques de droite (cf. Jacques Chirac est le champion toutes catégories en matière de projets de textes anti-grèves du temps où il était ministre) que ceux de « gauche » désavouent de moins en moins y compris des ministres « communistes » (cf. J.C Gayssot et les personnels des autoroutes). Les médias aux ordres, évidemment, hurlent avec les loups, trouvant toujours sur le quai d’une gare un « otage » de la grève, pour massacrer les grévistes, des représentants de pseudo-associations d’usagers pour exiger un service minimum etc.…………….

Par contre, a-t-on jamais vu ou entendu la moindre attaque, la moindre condamnation de ces mêmes « démocrates » de la liberté du travail à l’encontre des patrons camionneurs quand ceux-ci bloquent les moyens de transport ou de communication, voire l’économie d’une région, à l’encontre des patrons de cliniques qui n’ont que faire des malades et pensionnaires, en les renvoyant avec un certain cynisme sur les services d’urgence du secteur public. Heureusement qu’il y a encore un secteur public mais pour combien de temps ?

A-t-on jamais vu les patrons de cliniques tolérer la moindre action gréviste de leur personnel sans menaces de sanctions voire de licenciements ?

Qu’un gouvernement « de gauche » s’exécute à coups de milliards pris sur les deniers publics, face à un patronat dont la revendication essentielle est de renforcer ses potentialités de concurrence au secteur public, montre le degré auquel est parvenu ce gouvernement dans sa soumission aux intérêts du capital.

Comme on le voit, la défense du service public n’est pas un vain mot. La mobilisation s’impose pour faire échec à la politique de santé à la Thatcher.

Paris le 18.12.2001

 
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