« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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ASSEMBLEE GENERALE CL.CGT

27 Novembre 2004

Rapport introductif

 

Chers Camarades,

 

Comme nous l’avons indiqué dans nos précédents compte rendus de CN, cette Assemblée Générale de militants a été convoquée pour des raisons de réorganisation de nos moyens de fonctionnement plus que pour des questions d’orientation et de stratégie acquises à notre dernière AG du 24 Avril.

Outre le problème d’investissement militant qui sera sanctionné cet après-midi par le renouvellement de notre Collectif National, cette réorganisation de nos moyens de fonctionnement doit prendre en compte les évolutions de la situation dont certains éléments décisifs se précisent et s’accélèrent.

 

Depuis notre AG du 24 Avril, un certain nombre de faits et événements sont venus renforcer les éléments objectifs de notre analyse et la justesse de notre stratégie :

1°) Confirmation de notre analyse sur la politique réactionnaire du Gouvernement et du Patronat, mais avec une situation qui peut s’aggraver encore sous la double conjonction de l’affaiblissement du syndicalisme de lutte de classe et une offensive ultra-libérale, accompagnée par la social-démocratie, qui nous ramènerait cent cinquante ans en arrière.

Les reclassements de la droite française avec le projet de société de Sarkozy pour un ultra libéralisme à l’américaine où le communautarisme religieux est à l’ordre du jour au nom de la laïcité, est un danger majeur compte tenu de la déculturation et déconscientisation politique des masses.

Nous aurons besoin d’un débat spécifique sur ce sujet qui mérite une analyse plus approfondie pour nos militants. Cette analyse est d’autant plus nécessaire qu’il faut rapprocher ce projet Sarkozy de la droite européenne ultra-libérale et, bien entendu, du projet de Traité constitutionnel européen.

2°) Sur le projet de Traité constitutionnel dont nous allons devoir poursuivre nos analyses pour nos militants, nous pouvons constater combien la crise capitaliste s’approfondit et les contradictions s’aiguisent sur l’Europe géopolitique, ainsi que sur les problèmes de société qui émergent des débats.

Au sein de la droite, le projet de Sarkozy ne rassure pas tout le monde et au sein de la gauche, on voit éclater les contradictions et les sensibilités qu’ils incarnent à l’image, par exemple d’un Laurent Fabius, l’un des plus grands bourgeois du Parti Socialiste qui appelle à voter NON au Traité constitutionnel en récupérant le leadership de l’Europe sociale.

Quant au mouvement syndical, et c’est ce qui nous concerne au premier chef, on peut faire des parallélismes avec la classe politique.

Au plan européen, chacun sait que la CES dans sa logique d’organisation d’accompagnement de l’Europe libérale a pris position à une large majorité de ses membres du Comité Directeur pour le OUI au Traité constitutionnel.

Pour la France, tous les syndicats réformistes à l’exception de FO ont opté pour le OUI, cependant que la CGT s’est abstenue.

Le cas de la CGT sous des apparences démocratiques montre en réalité le divorce existant entre l’aristocratie dirigeante et la base militante. Si la CGT s’est abstenue à la CES, ce n’est pas par souci démocratique, mais en premier pour éviter un clash qui pourrait avoir des résonances négatives dans l’opinion avec des conséquences sur la classe politique social-démocrate pour qui roule Bernard Thibault et ses amis. (Rappelons que B. Thibault a été ovationné au dernier congrès du PS et que François Hollande l’a appelé au secours il y a quelques semaines lors du lancement de sa campagne pour le OUI à la Constitution européenne).

Ajoutons que les deux responsables confédéraux CGT à des postes « européens » (Joël Decaillon, secrétaire de la CES depuis mai 2003 et Daniel Rotureau, membre du Conseil Economique et social européen) estiment que la charte constitue une avancée juridique et politique par rapport au droit international jusqu’à y voir une approche plus progressiste.

De telles déclarations publiques ne peuvent être faites sans avoir un appui évident de la Confédération dont ils sont mandatés.

Le temps que met la CGT à prendre position publiquement et officiellement sur le Traité constitutionnel (la position de la CGT ne sera connue qu’au terme du CCN du 3 février 2005) ne doit tromper personne.

La direction confédérale et les apparatchiks réformistes ne peuvent appeler à dire NON, à la fois en raison du soutien politique que doit apporter la CGT aux Hollande, Delors, Jospin et consorts, et à la fois en raison de son engagement à l’égard de la CES.

Il faut s’attendre à ce que la CGT prenne une position ambiguë laissant le choix à ses adhérents de prendre position, selon leur conscience, tout en pesant sur les arguments favorables au OUI. C’est ce qui semble se dégager des premiers débats lancés dans certaines UD et Fédérations, cependant que les interventions de syndicats pour exiger une prise de position confédérale pour le NON, se multiplient, comme on pourra le constater, c’est une position qui tranche avec celle qui avait été prise lors du référendum sur le Traité de Maastricht en septembre 1992 où la CGT avait appelé à voter NON, sans ambiguïté.

On peut donc mesurer le chemin parcouru par la CGT dans le processus de mutation réformiste et d’intégration de l’organisation au système capitaliste.

3°) Nos préoccupations liées aux objectifs de notre démarche du Front Uni sont, par ailleurs, largement motivées par l’évolution de la situation où la CGT marque chaque jour davantage son abandon du combat de classe.

Nous ne reviendrons pas dans les détails sur ce qui nous a engagés à entrer en résistance contre le processus de mutation réformiste.

a)      Au plan idéologique : abandon du syndicalisme de lutte de classe au profit du syndicalisme réformiste intégré au système capitaliste, dit « syndicalisme rassemblé », « de négociation ».

b)      Au plan de la stratégie des luttes d’où est bannie la grève générale pour, selon les déclarations de Viannet en son temps, puis Bernard Thibault au plus fort du mouvement de Mai-Juin 2003, ne pas bloquer l’économie, faire tomber le gouvernement…
On est loin de la CGT des années cinquante où le camarade Léon Mauvais, secrétaire Confédéral de l’époque déclarait à un congrès : « Personne ne peut contester que les luttes ouvrières ont été déterminantes dans la chute du gouvernement et dans l’échec des représentants de la bourgeoisie réactionnaire »….
C’est pourquoi nous assistons à nouveau, comme l’an dernier pour les retraites, à des calendriers de journées d’actions, de manifestations professionnelles sans appel à la grève, comme cela s’est produit avant hier pour les cheminots. De la part de la fédération CGT, c’est un gage donné au gouvernement eu égard au dialogue social sanctionné par l’accord signé récemment sur la prévention des conflits à la SNCF.
La semaine prochaine le même type d’action semble se dessiner à la Fédération de l’Energie…
De même, pour canaliser les mécontentements des travailleurs des différents pays d’Europe, la CES planifie des manifestations exutoires afin de dévoyer l’affrontement gréviste avec les pouvoirs en place. Une manifestation européenne est prévue au 1er trimestre 2005. Le Bureau Confédéral CGT s’active déjà à la préparer pour cristalliser les syndicats sur un leurre.

c)      Au plan des restructurations de la CGT et de la transformation des méthodes de travail.
Le Comité Confédéral National (CCN) qui s’est tenu fin septembre dernier doit être pris comme un ultime rappel pour passer à la concrétisation des décisions du 47ème congrès.
Je ne fais là que rapporter la substance des propos de Bernard Thibault. Les mesures prises au CCN du 30 septembre :

1°) Mise en œuvre d’un plan de syndicalisation pour atteindre le million de syndiqués. Cela équivaut à doubler quasiment le nombre d’adhérents actuels, sachant que depuis le 47ème congrès, les effectifs de la CGT non seulement n’ont pas décollé mais au contraire ont tendance à diminuer, et de façon spectaculaire chez les retraités.
2°) Mise en place de syndicats multiprofessionnels aux formes adaptées (sites, zones, bassins, localités….), tout cela apparemment dans la plus parfaite ignorance des structures fédérales et pour cause ! Une évaluation doit être faite au 48ème congrès.
3°) Accélération de la mise en place du nouveau système de centralisation-redistribution de la cotisation aux nouvelles structures.
Tout cela en accompagnement des mesures législatives éventuelles (négociations en cours) en faveur d’un financement (abondement) patronal des syndicats, dans la logique du syndicalisme intégré au système capitaliste.
4°) accélérer collectivement la transformation des structures et modes de fonctionnement de la CGT.
Sur ces questions (structures et cotisations) la CGT envisage d’y mettre les moyens : trois commissions confédérales seront installées, l’une sur le syndicat, l’autre sur l’organisation territoriale, la troisième sur l’organisation professionnelle. Des résultats devront être présentés fin 2005 pour servir de base au 48ème congrès début 2006.

Les éléments que je viens de rapporter sont largement engagés par différents moyens, mais que la presse confédérale se garde bien de répercuter intrinsèquement pour éviter l'éveil et le développement de la contestation, bien que cela devienne de plus en plus difficile à maquiller.
Par exemple on n’a jamais traduit objectivement les conséquences internes à la CGT, de l’entrisme CFDT après les mouvements de mai-juin 2003 sur les retraites. Or d’une manière générale on estime que des organisations CFDT sont venues à la CGT quand le rapport de force était plutôt favorable à la CFDT. C’est ainsi que l’UD CFDT de la Haute-Loire a investi la CGT (fusion) alors que cette dernière est minoritaire dans ce département. Ce n’est donc nullement une intégration à la CGT mais plutôt une céfdétisation de la CGT. D’ailleurs dans tous les cas d’entrisme de la CFDT à la CGT c’est la culture syndicale CFDT qui a prévalu dans les accords de fusion.
Chacun a connaissance du projet de fusion des Fédérations CFDT et CGT des Banques et services financiers. Ce projet de fusion n’est nullement une intégration CFDT à la CGT mais une fusion entre « égaux » avec un compromis des deux cultures syndicales, sachant que le poids de la FD-CFDT représente près de 20 000 adhérents alors que la FD-CGT ne pèse que 10 000 adhérents. Sachant encore que la FD-CGT des Banques est connue de longue date pour sa tendance marquée pour le réformisme, qu’elle a été la première fédération CGT à signer un accord de fonds de pension avec le Patronat de la Finance, il y a plus de 10 ans !
Mais la particularité de cette fusion réside dans le fait que les statuts de cette nouvelle Fédération ne seront ni CFDT, ni CGT, mais le résultat du mixage des deux cultures syndicales. En vérité, il s’agira de l’unification de deux organisations réformistes. Toutefois, se posera la question de la légitimité de cette nouvelle Fédération au regard des statuts de la CGT et, éventuellement du recours que pourront avoir les syndicats CGT des Banques qui seront en désaccord avec la fusion ?
Mais si, à la CGT, on ne tire pas les enseignements et conséquences de ces pseudo-renforcements c’est que d’une part, les concepts de la CGT y sont désormais adaptés (rappelons les décisions du 46ème congrès sur les objectifs de rapprochement structurel de la CGT avec la CFDT) et que, d’autre part le processus de construction du « syndicalisme rassemblé » est bien lancé.
Nous entrons dans une ère de recomposition syndicale sans précédent depuis la scission de 1947, où le syndicalisme révolutionnaire de lutte de classe est menacé.
Si le procédé des fusions (de Fédérations, d’UD, d’UL, de Syndicats) semble être un moyen pour instaurer un syndicalisme intégré, à l’anglo-saxonne via la CES, il est d’autres moyens mis en œuvre pour neutraliser, voire épurer les syndicats des éléments contestataires.
Les méthodes sont aussi nombreuses que variées : il y a la destitution des mandats syndicaux, la remise en cause de structures syndicales, la manipulation des délégations de Congrès, la liquidation pure et simple de militants mandatés, la corruption de militants « fragiles », sans compter le chantage « alimentaire » etc…
Ces cas de figure sont légion : par exemple au dernier Congrès de la Fédération CGT de la Métallurgie où les candidats à la CE, opposants à la ligne confédérale ont tous été éliminés, comme l’avaient été les camarades contestataires de la Fédération de la Construction, deux ans plus tôt. Mais le cas le plus acharné, aujourd’hui, par le degré d’affrontement auquel il y est parvenu, concerne le syndicat CGT Dalkia Energie (600 syndiqués CGT au plan national) dont la Fédération veut casser la cohésion à cause des positions de classe exprimées par ses militants. Nos camarades de Dalkia nous informerons plus amplement au cours de la journée, ils nous diront aussi que beaucoup d’autres syndicats CGT entrent aujourd’hui en résistance active contre la ligne confédérale.
On peut estimer que le passage en force que la Confédération prépare pour assouvir ses projets réformistes s’annonce brutal, particulièrement là où la démocratie syndicale vole en éclats.

La justesse de notre analyse

Depuis le 45ème Congrès en décembre 1995, CL-CGT a témoigné d’une constante juste dans son analyse sur le développement de la mutation réformiste de la CGT.
Malheureusement, et nous devons en tirer les enseignements, il s’est avéré que le processus de mutation venait de beaucoup plus loin et que des décennies de déculturation révolutionnaire ont quasi anéanti la pratique du syndicalisme de lutte de classe ; plus, en tout cas, que d’aucuns, y compris dans nos rangs, ont bien voulu le voir et l’admettre.
Est-ce que cela signifie que les potentialités de renaissance sont inexistantes ? Certainement pas ! Mais la reconquête doit se faire dans la lutte en étant en phase avec les évènements, avec l’évolution de la situation, en exploitant toutes les failles de l’adversaire, en veillant à ce que la stratégie ne soit jamais prise en défaut pour commettre le moins d’erreurs possibles, face aux moyens colossaux de la Bourgeoisie capitaliste que nous n’avons pas, sauf comme le disait K. Marx, que nous (les travailleurs) sommes le nombre.
Aujourd’hui nous sommes au stade du constat de la situation, d’un bilan désastreux pour la classe ouvrière. De l’analyse de tout cela nous en concluons qu’il faut lancer une idée, un objectif, face à une fracture inévitable. Il nous faut préparer la contre attaque sur tous les fronts, de l’action, du regroupement des forces révolutionnaires, du renforcement. Il y va de la reconquête de la dignité des travailleurs et de la préparation des changements de société. Cet objectif c’est le lancement d’un Appel à la constitution d’un Front Uni des militants et syndicats contre la mutation réformiste de la CGT pour le développement des luttes contre le Capital.

Vous avez tous reçu le projet d’Appel qui a fait l’objet d’une lecture collective des membres du CN du 21 octobre, et donné lieu à quelques amendements qui ont été intégrés au projet que vous avez entre les mains.
Je propose donc que nous engagions un débat général à la fois sur le rapport introductif et le Projet d’Appel, les deux étant étroitement liés.
Pour le lancement de cet Appel, le CN propose qu’il s’effectue en deux graduations :

1°) En direction de nos adhérents et sympathisants pour recueillir rapidement plusieurs centaines de signatures ;
2°) En direction de militants, syndicats ou groupes syndicaux qui ont exprimé leurs désaccords avec la ligne confédérale de la mutation réformiste, voire dans la dernière période, leur position exigeant que la CGT se déclare immédiatement pour le NON au Traité Constitutionnel européen.

En direction de ces militants ou organisations une lettre d’accompagnement sera jointe à l’Appel aux fins de leur proposer une rencontre pour discuter d’un éventuel comité pour la constitution du Front Uni ; il va sans dire que le contenu de l’Appel pourra être enrichi du débat de ces rencontres.
Sans nous fixer une date limite rigide de la signature de nos adhérents et sympathisants nous devons proposer un objectif à atteindre. Pour la rencontre avec d’autres militants ou groupements n’appartenant pas à CL-CGT, nous allons en fixer une liste nationale, mais chaque adhérent de notre Association, dans son syndicat, sa localité, son département, devra prendre toute initiative pour entrer en contact, sur les bases précédemment définies avec des syndicats aux militants concernés, susceptibles d’être intéressés.

Notre matériel devra être opérationnel pour le prochain Collectif National (nouvellement élu) qui devrait se tenir à la mi-décembre.

 

Roger NADAUD

 
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Dernière modification : 20 janvier 2005