« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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Association « Les Amis de Continuer la C.G.T. »

94, boulevard de Picpus

75012 PARIS

' /7  : 01 46 28 80 18

Collectif National CL.CGT du 06.07.2002

RAPPORT INTRODUCTIF

 

Chers camarades :

Avant d’aborder les problèmes d’organisation, nous ne pouvons nous dispenser de faire une brève analyse de la situation générale, à commencer par les élections présidentielles et législatives.

 

**********

Lors de la réunion de notre Collectif National du 27 avril nous avons fait une analyse du 1er tour des élections présidentielles qui a consacré la montée de l’extrême droite avec près de 20 % des voix. L’extrême gauche avec près de 11% et un abstentionnisme à 28 % auquel il faut ajouter les 3,5% de votes blancs ou nuls, allaient montrer le degré de mécontentement et le désarroi des couches populaires face aux politiques menées ces dernières années.

Si, à ce premier tour des Présidentielles, on a vu la « gauche » plurielle, mordre la poussière, avec le fait que L. JOSPIN soit arrivé en 3ème position derrière LE PEN, on notera que le PCF social-démocratisé a été littéralement laminé avec un Robert HUE à 3,4%, soit un recul historique, sans précédent, pour un candidat du Parti Communiste.

Au 2ème tour des Présidentielles, LE PEN a été largement battu dans les conditions que l’on sait. L’appel à faire barrage au fascisme a, certes été entendu, la jeunesse étudiante et lycéenne jouant un rôle important dans le climat du moment ; mais pour autant, le malaise social n’a en rien été dissipé au 2ème tour avec les 82% des voix obtenus par J. CHIRAC. Cela allait se vérifier lors des élections législatives.

On doit revenir un instant sur l’appel à faire barrage au fascisme ayant contribué au développement des manifestations étudiantes et lycéennes d’une part, puis à celles du 1er mai d’autre part.

D’emblée, nous avons pu constater que les manifestations du 1er mai, en général bien récupérées par la social-démocratie et les organisations réformistes, ne peuvent se prévaloir d’une mobilisation massive de la classe ouvrière et des couches populaires dans le désarroi social.

Sans doute peut-on estimer que selon les régions ou les villes, ces manifestations pouvaient prendre parfois un caractère revendicatif. A Paris et dans d’autres grandes villes, les seuls mots d’ordre étaient de faire barrage à LE PEN accompagnés souvent d’appels à voter CHIRAC. A noter que la droite, officiellement, était absente de ces manifestations, cependant qu’à Paris tout au moins, les communautés d’origine immigrée présentes à la manifestation représentaient sans doute près de la moitié des participants. Il est évident que ce premier tour des Présidentielles avait jeté plus que de l’inquiétude parmi ces communautés.

Par contre, sauf exception, les masses populaires dans la souffrance, les travailleurs victimes de la politique néo-libérale du gouvernement et du patronat, les chômeurs, les précaires…. en gros tout ce qui a formé les bataillons de contestation dans les votes (extrême-droite, extrême gauche, abstentionnistes, blancs et nuls) n’a pas participé à ces manifestations.

Il faut donc mesurer, à ce stade déjà, l’éclatement de la société, et par voie de conséquence la réalité de la crise politique dans le pays.

Cette crise politique allait se préciser aux élections législatives notamment avec un taux d’abstentions record.

D’aucuns avaient cru pressentir des surprises phénoménales à travers des succès électoraux inédits en s’appuyant sur les défoulements contestataires du premier tour des Présidentielles. CHEVENEMENT, mais surtout l’extrême gauche (LCR) de BESANCENOT ne se voyaient-ils déjà à la tête de nouvelles forces politiques ? C’était encore une fois sans compter sur la profondeur du malaise social, le mécontentement des couches défavorisées qui ne se retrouvaient pas forcément dans les candidats des différents partis ou groupements émergents des Présidentielles. Autrement dit la contestation exprimée et identifiée au premier tour des Présidentielles, a pour partie été récupérée par les partis traditionnels de gouvernement, et pour partie, sans doute majoritairement, constitué le renforcement des abstentionnistes, blancs et nuls.

Le manque de discernement dans les « programmes » politiques de la droite et de la gauche avant les présidentielles s’est non seulement prolongé dans la campagne des législatives mais amplifié sans doute avec un avantage pour la droite qui, en chassant sur les Terres du Front National (notamment sur les thèmes de l’insécurité) et en répondant ainsi en grande partie à l’électorat d’extrême droite a pu l’emporter largement.

A gauche finalement, le Parti Socialiste a pu limiter la casse en récupérant des voix d’extrême gauche, des Verts, des Chevènementistes et du PCF.

Malgré son affaiblissement, le Parti Socialiste ne s’en trouve pas moins, encore plus hégémonique qu’avant (à gauche) avec un PCF désormais sous perfusion social-démocrate avec un groupe d’une vingtaine de députés (perte 15) et un électorat à moins de 5%.

LE PEN, largement battu aux Présidentielles, et pas un élu aux législatives, cela pourrait laisser penser que le premier tour des Présidentielles n’a été qu’un épiphénomène. Qu’on ne s’y trompe pas ! L’extrême droite est une composante politique au service du grand Capital ; Au-delà des ambitions personnelles le FN et le MNR, ne perdent rien de leur dangerosité ; même sans député.

La droite classique a dû depuis longtemps intégrer les thèmes extrémistes du Front National au point que le programme gouvernemental CHIRAC-RAFFARIN, ne peut qu’être imprégné du discours fascisé de LE PEN qui représente quelques 5,5 millions d’électeurs et ce, depuis maintenant plus de 15 ans.

Mais la dangerosité du vote FN et MNR réside aussi dans un électorat composite où sont « rassemblés » des antagonismes de classe qui peuvent à tout moment se fasciser et entraîner d’autres couches dans un processus de décomposition de la société. En effet, si le patronat a voté LE PEN à 30% (jusqu’à 40% pour les petits patrons, selon certains sondages) on note qu’ils sont 35 % d’ouvriers et 20% de jeunes de 18-24 ans !

Dans de nombreux cas, les législatives semblent montrer une relative désaffection du FN. Il n’en est rien ! Elle est le résultat du transfert de l’électorat d’extrême droite sur des candidats « lepénisés » de droite classique, porteurs eux-mêmes d’un programme UMP (Union pour la majorité Présidentielle) aux normes des exigences réactionnaires du MEDEF.

Pourquoi le danger fasciste reste-t-il présent ? Tout simplement, parce que dans un contexte délétère des partis politiques de gauche et un mouvement syndical indigent et intégré aux normes du Capital, dans un environnement économique explosif, la droite chiraquienne n’a pas le droit à l’erreur : elle doit impérativement réaliser les réformes dictées par l’Union Européenne (privatisations, réduction des dépenses publiques selon le pacte de stabilité ; démantèlement des services publics, réforme des retraites vers la capitalisation et l’allongement de la durée des cotisations à 65 ans, privatisation de la couverture sociale, réduction des impôts et des charges sociales des entreprises etc…) En même temps, elle doit tenir compte des desseins fascisants du Front National qui pèsent lourd politiquement : populisme social, répression contre le mouvement ouvrier (suppression du droit de grève, criminalisation des syndicats) confiscation des libertés démocratique, mesures racistes, préparation à la guerre etc…

Le rassemblement de la droite, à la hussarde, pour gagner les législatives n’est pas du tout rassurant au regard de la fascisation de la politique, car l’UMP chiraquienne ne peut masquer les contradictions qui la traversent et le poids de l’extrême droite qui l’aiguillonne.

Ce n’est pas un hasard si le Gouvernement RAFFARIN est coiffé par les représentants directs du grand capital avec SARKOZY au Ministère de l’Intérieur (frère du Vice-président du MEDEF), Francis MER au Ministère des Finances (ex-patron d’Usinor lié au Comité des Forges) sans compter l’émergence de Françoise DE PANAFIEU de la famille de WENDEL et bien d’autres grands commis du Capital.

Il ne faut donc pas s’y tromper, l’équipe RAFFARIN a bien pour mission d’attaquer en force tout ce qui subsiste encore de résistance au libéralisme.

Tant le programme électoral de l’UMP que la déclaration de politique générale du Premier Ministre, mercredi dernier, traduisent, non pas la réponse objective au message des millions de mécontents (votants ou abstentionnistes) des dernières élections, mais la volonté de s’appuyer sur ces mécontentements, récupérer les aspirations revendicatives pour faire passer les réformes antisociales et antidémocratiques du grand capital. Par exemple, le thème de l’insécurité (même s’il recèle de réels problèmes) va servir à renforcer les mesures répressives et toucher aux droits démocratiques fondamentaux comme le droit de grève, le droit de manifestation, le droit d’expression, la surveillance et les fouilles des citoyens et sans doute une accélération du démantèlement à terme des institutions représentatives des travailleurs, comme les Conseils de prud’hommes, les Comités d’Entreprises , les organismes de représentation des secteurs publics (déjà souvent bafoués), des institutions sociales etc… 

Prenant appui sur les directives européennes, le gouvernement RAFFARIN va mettre les bouchées doubles en matière de refondation des couvertures sociales vers l"’assurantiel" privé, et les retraites par capitalisation. Avec la grève des médecins libéraux dont beaucoup ont demandé le déconventionnement et ne plus être sous tutelle de la CNAM, le gouvernement qui a été plein de sollicitude à leur égard, trouve là de larges convergences avec le MEDEF pour mener à bien ses réformes de la Sécurité Sociale.

Concernant les privatisations, au delà des grandes entreprises publiques qui sont la convoitise du Grand Capital comme EDF-GDF, les transports ferroviaires, Air France, les Postes, les Télécommunications, la RATP, etc.….(une douzaine d’entreprises sont dans le collimateur) le libéralisme a besoin de pousser plus loin sa politique de privatisation des services publics (Éducation Nationale, services Hospitaliers, régulation aérienne, services des Impôts etc.…)

La déclaration de politique générale du gouvernement Raffarin confirme les engagements de Jacques CHIRAC en matière de réduction des impôts profitable au plus riches, de réduction ou d’exonération des charges sociales sur les bas salaires pour les patrons, tandis que le SMIC, les minima sociaux, les prestations familiales ou logement sont bloqués voire retardés dans l’application de leur dérisoire augmentation.

Enfin, plus généralement les salaires et pensions qui ont subi une érosion manifeste par le jeu de la politique d’austérité de ces dernières années et sous l’effet de la loi AUBRY sur la RTT accentue la perte du pouvoir d’achat des salariés et retraités d’autant plus importante que le passage à l’€uro sous la double conséquence d’une dévaluation de la monnaie et de la valse des étiquettes sans compter la « charrette » d’augmentations des tarifs publics en perspective, accroît la politique réactionnaire du Gouvernement Raffarin.

Quand on voit par ailleurs la crise capitaliste s’aiguiser avec l’effondrement de ce qui est appelé la « nouvelle économie » (nouvelles technologies) et les scandales politico-financiers comme World Com après Enron et Vivendi Universal, les krachs boursiers rampants, les taux de croissance des pays les plus riches au plus bas, qui vont entraîner des milliers de licenciements, ne peut-on prévoir des cataclysmes sociaux pour les mois à venir ?

En tout cas, le climat économique et social est explosif et cela doit nous amener à lancer un appel pressant à nos militants et syndiqués CGT pour préparer et impulser une large mobilisation unitaire des travailleurs, retraités, chômeurs, précaires etc.… pour faire échec aux mauvais coups du Patronat et du Gouvernement. (on observera de ce point de vue le quasi-mutisme des centrales syndicales, essentiellement cantonnées à des déclaration d’intention, alors qu’il conviendrait d’appeler à un puissant front uni des travailleurs face au massacre social programmé du gouvernement)

Autour de notre appel (CL-CGT) devraient être retenues des initiatives pour développer et renforcer notre mouvement, faire connaître nos positions et objectifs à partir d’une plate-forme revendicative répondant réellement aux conséquences de la situation, et aux aspirations légitimes des travailleurs.

Il appartient à présent, à notre Collectif national d’en débattre et prendre les dispositions qui s’imposent.

 

***************

Dans une deuxième partie de cette réunion, nous aborderons les problèmes d’organisation compte-tenu des adhésions qui arrivent à l’Association, des exigences qui vont en découler en matière de diffusion, de notre presse, de nos informations, des réunions de travail obligées pour préparer le 47ème Congrès CGT en mars 2003.

Nous ferons un bref compte rendu de la Conférence Internationale Syndical d’Athènes (1er et 2 juin) à laquelle une délégation CL-CGT de douze militants et militantes a participé.

Enfin, nous devrons décider des réponses à faire à nos camarades syndicalistes allemands de l’usine BMW (près de Munich) qui nous ont invité à un meeting le 1er septembre. Nous devons répondre également à nos camarades grecs de PAME pour une rencontre bilatérale avant la fin de l’année, à une conférence internationale de syndicalistes basques espagnols à l’automne.

 

R. NADAUD

 
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Dernière modification : 27 juillet 2003