« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

Accueil ] Remonter ] 48ème Congrés de la CGT ] 47ème Congrès de la CGT Mars 03 ] Non à la Guerre ] Retraites ] Santé Protection Sociale ] Social et luttes ] Europe ] Conférences Internationales ] Nos Fondements ] Amis de C. L. CGT ] Archives ]

Accueil
Remonter
Dernière minute
Education Syndicale
Nos Coordonnées
Le Rassembleur : Notre revue
Sommaire
Téléchargement
Contactez nous !
Adhérer
Vers d'autres sites
Rechercher sur le site

Vous pouvez télécharger cette page en cliquant sur son titre.

COLLECTIF NATIONAL DU 08/04/2000

Les luttes - Les élections professionnelles

Évolution de la CGT - Restructurations - Compte rendu de congrès

Communication - Informations - Internet

Conférence syndicale internationale

Roger NADAUD fait une brève analyse sur la situation :

Les luttes

Luttes contre l’application de la loi Aubry (RTT) qui touchent tous les secteurs, privés, publics. Une loi qui fait ressortir tous les aspects nocifs pour les travailleurs que nous avions dénoncés dès l’origine : déréglementation du travail, annualisation, flexibilité, individualisation du contrat, précarisation, compression des effectifs (alors que la loi, à l’origine était proclamée pour « faire de l’emploi »). Et aujourd’hui la loi fait éclater une revendication que la loi était censée museler : les augmentations de salaires - jamais les salaires n’avaient aussi peu progressé depuis trois ans, selon les statistiques officielles. Luttes, aussi contre le Plan Juppé, relayé par la « gauche plurielle » de L. Jospin. En témoignent les mouvements dans les hôpitaux, à la sécurité sociale, à la Fonction publique, aux services des impôts contre les attaques visant les institutions et appareil d’Etat dans ses structures démocratiques.

Les directives européennes liées au Pacte de stabilité, se font de plus en plus pressantes à l’encontre des secteurs publics français et la réglementation du travail : ouverture à la concurrence à l’aérospatiale, EDF-GDF, la Poste, Télécom, demain la SNCF, la RATP etc...

Tandis que les luttes passent de plus en plus du caractère défensif au caractère offensif, les directions syndicales nationales, dont la CGT réformée, continuent dans la négociation-soumission aux projets patronaux et/ou gouvernementaux sans s’appuyer vraiment sur l’expression et l’action de base qu’il conviendrait de fédérer pour la défense des intérêts individuels, collectifs voire interprofessionnels des travailleurs. Cette situation joue en faveur du patronat qui « mène la danse » aux syndicats. Il est clair que depuis plusieurs mois le MEDEF impose ses idées notamment sur son projet de « constitution sociale » et de « contrat individuel de travail à durée déterminée ». Jamais le patronat n’avait autant marqué de points sur ses idées depuis la Libération.

Conséquences sur l’organisation

L’abandon par la CGT d’une pratique et d’un positionnement de lutte de classe, a comme première conséquence, une sanction très sévère de ses candidats aux élections professionnelles.

On constate d’ailleurs, sauf exception, que les deux organisations qui ont posé les principes de rapprochements structurels au cours de leurs derniers congrès respectifs à savoir la CGT et la CFDT, se trouvent toutes les deux sanctionnées, mais avec un plus pour la CGT. Au 46ème congrès nous avions dit que l’orientation et les décisions prises par la CGT seraient difficiles à gérer, les choses se vérifient aujourd’hui, avec la perspective d’un processus d’amplification qui s’accélère.

Sans remonter plus loin en arrière, notons les pertes inquiétantes de la CGT dans plusieurs grandes consultations électorales professionnelles :

- Dans les banques avec 3.77% de pertes la CGT n’a plus d’administrateur, qui est pris par SUD

- Dans les hôpitaux publics la CGT perd 0.70% au plan national mais 2.65% à l’AP de Paris. Elle perd un siège au Conseil supérieur de la Fonction Hospitalière au bénéfice de SUD.

- A la SNCF, la CGT perd 6.83% globalement, mais 13% chez les roulants ! au profit de SUD.

A l’atelier de réparation Pajol-Villette (gare de l’Est Paris) syndicat d’origine de Bernard Thibault, sur 300 salariés, 130 syndiqués, 110 cartes ont été rendues depuis le début de l’année, la plupart passant à SUD ! La CGT qui était majoritaire au CE et aux délégués du personnel avec 52% des voix aux dernières élections s’effondre à 6% et un seul délégué suppléant élu !

- Aux douanes, la CGT perd 3%. SUD représente pour la première fois dans ces élections, enregistre un résultat de 10.55%.

Même si on ne peut parler d’un raz de marée, les militants et syndiqués qui quittent la CGT se multiplient, notamment dans les secteurs publics à forte implantation de notre organisation. Nombre de ces départs vont à SUD, mais beaucoup ne vont nulle part, ce qui ne va pas dans le sens du renforcement de la capacité de lutte des travailleurs.

Autre conséquence des orientations et décisions votées au 46ème congrès dans des conditions tronquées et truquées (rappelons l’analyse que nous en avions fait) : le constat de fracture qui est en train de se développer entre les militants et syndicats de la base avec les directions hiérarchiquement supérieures : UD - FD - Confédé.

Le syndicalisme rassemblé, concept sur lequel les réformistes échafaudent leur mutation collaborationniste, subit des revers significatifs : perte de confiance dans la CGT, poussée de la base sans relais fédérateur pour les luttes, rejet du rapprochement structurel de la base avec la CFDT etc... mais avec un grand risque de dévoiement vers des « syndicats-refuges » comme SUD dont on connaît le rôle politique (réformiste d’extrême gauche) pour lequel roulent leurs dirigeants.

Malgré ces échecs dont on ne mesure pas encore la portée car ils risquent de prendre encore de l’ampleur, les positions confédérales sont confirmées. B. Thibault persiste et signe : pas de changement d’orientation dès dispositifs de restructuration de la CGT qui doit s’accompagner des modifications posées au 46ème congrès en matière de mutualisation de la cotisation syndicale (débats du dernier CCN-CGT). B. Thibault va même jusqu’au bout de sa pensée réformiste : il est prêt à négocier le financement des syndicats avec le MEDEF, comme cela se pratique notamment en Allemagne où la cotisation est prélevée sur la fiche paye et où parfois des salariés sont syndiqués malgré eux ! Bonjour l’indépendance syndicale !

La montée des opposants à la ligne confédérale et la contestation de plus en plus marquée aux dirigeants réformistes s’apparentent de plus en plus à la scission de 1921 (triste référence !) où les militants révolutionnaires, souvent des communistes, exclus, durent constituer la CGTU.

Depuis plusieurs années déjà (autour du 45ème congrès) la chasse aux militants contestataires de la ligne réformiste est lancée. Mais c’est depuis le 46ème congrès d’UD et de Fédérations sont le théâtre d’affrontements sévères entre réformistes et révolutionnaires. Par ailleurs la destitution de leurs mandats syndicaux ou de représentation, de nombreux militants, préfigure ce que la « purification idéologique » risque d’entraîner comme conséquences destructrices de la CGT, de dérivés racistes et xénophobes.

Cette situation appelle, de la part de « Continuer la CGT » des décisions rapides et concrètes en matière de structuration de son activité : sur cette question, des positions de principe ont été discutées et sont acquises. Il nous faut, aujourd’hui avancer sur une prise de responsabilité individuelle et collective quant à l’organisation à faire vivre. En effet, notre bataille à l’intérieur de la CGT reste primordiale, mais nous devons tenir compte des évolutions internes qui s’opèrent depuis quelques mois et de l’accélération que donnent aujourd’hui les dirigeants réformistes dans la mise en oeuvre des objectifs du 46ème congrès.

 
Accueil Dernière minute Education Syndicale Nos Coordonnées Le Rassembleur : Notre revue Sommaire Téléchargement Contactez nous ! Adhérer Vers d'autres sites Rechercher sur le site
Pour toute question ou remarque concernant ce site
  agnes.clcgt@wanadoo.fr
Dernière modification : 19 avril 2001