« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

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Pour un syndicalisme de lutte de classe et de masse

 

 

 

ENRON et le Rêve Américain

 

 

Les fonds de pension ne sont pas une nouveauté . On serait tenté de dire qu’ils sont presque aussi vieux que l’émergence du Capitalisme . Leur naissance et leur existence ont fluctué selon les pays, en fonction des rapports de force, des rapports de classe entre capital et travail . Mais la retraite par capitalisation n’est pas une création spontanée du Capital ; elle est la conséquence d’une revendication ancestrale de la Classe Ouvrière liée à un besoin de couverture sociale des salariés pour leurs vieux jours .

Si le Capital a su récupérer cette revendication ouvrière c’est qu’il a considéré que, tout en donnant l’impression d’intercéder en faveur de la protection des salariés, il pouvait tirer de larges profits de la fabuleuse collecte que constituent les fonds de pension .

Mais les fonds de pension, dont la gestion est l’apanage quasi exclusif de l’employeur via son banquier ou assureur (quel que soit le mode de gestion), sont vulnérables à bien des convoitises et autres dangers liés au système capitaliste . Ils craignent l’inflation, la récession, les crises financières, mais aussi, peut-être les plus spectaculaires : les carambouilles du type Enron .

Les premiers systèmes de retraite mis en place au début du siècle dernier furent constitués précisément sur le principe de la capitalisation . Avec la crise monétaire de 1919 et début des années vingt, ce fût la ruine de ceux qui avaient tenté de se préparer une retraite . On retrouvera la même situation due au même phénomène avant la deuxième guerre mondiale de 1939-45 . Si la France, depuis la création de la Sécurité Sociale de 1945 a été épargnée des carambouilles du type Maxwell (fin des années 80 à 91 - GB) et Enron (États-Unis) récemment, c’est bien parce que le système de retraite français par répartition échappe pour l’essentiel à la mainmise des banquiers sur la gestion .

L’affaire Maxwell :

A l’époque Robert Maxwell, magnat de la presse britannique avait cru pouvoir renflouer son groupe défaillant en pillant les fonds de pension de ses employés (près de 750 millions d’euros) . Ce fût la faillite et la ruine de ses salariés et des petits actionnaires . Par la suite les enquêtes judiciaires allaient montrer que Maxwell avait bénéficié de la complicité de ses banquiers et de son cabinet d’audit qui s’étaient graissés jusqu’au dernier moment .

Mais si, avant Enron, la référence à Maxwell était souvent citée comme le symbole du risque encouru par les fonds de pension, les fraudes touchant les grandes sociétés avec souvent, implications politiques, se sont comptées par dizaines .

L’affaire Enron :

L’affaire Enron, elle, est sans doute ce qu’on fait de mieux et de plus abouti dans le scandale .

Ce groupe énergétique, fondé il y a une quinzaine d’années est devenu la septième société américaine avec une chiffre d’affaire de 112 milliards d’euros (plus de 100 milliards de dollars) . Spécialiste de la déréglementation du marché de l’électricité, il a construit sa prospérité grâce à une implication public-privé, à des relations politiques au plus haut niveau, à la création de sociétés écrans installées dans les paradis fiscaux des sociétés de partenariat qui occultaient la comptabilité des dettes etc... Et les pratiques frauduleuses se sont développées dans l’arrangement et l’arrosage de beaucoup de monde : banques, autorités boursières, cabinet d’audit, une certaine presse vantant la réussite du groupe pour attirer toujours plus de "pigeons" et... les politiques .

Kenneth Lay, Président de la firme était depuis longtemps bien introduit en politique ; il devient co-président de la campagne de Georges Bush en 1992 ; ce dernier battu, le patron d’Enron se serait rapproché de Clinton . Mais l’argent et le milieu ultra libéral de la firme Enron, finançait à grande échelle les partis politiques, surtout le Parti Républicain de G W Bush (dont K. Lay était un ami personnel), fournissait de nombreux cadres à des postes importants de l'administration Bush ; enfin Enron a largement participé au financement de la campagne présidentielle de ce dernier .

L’affaire Enron est l’exemple typique du dysfonctionnement grave des marchés financiers à travers une récession majeure .Quand la Bourse atteint des sommets (30-40% de progression dans une année) alors que l’économie (croissance) stagne à un ou deux pour cent, il y a fatalement le crash à un moment donné . Sauf que tout le monde ne périt pas dans l’édifice .

Quand la situation d’Enron a commencé à tanguer la trentaine des principaux dirigeants de la société, parfaitement initiés, a vendu ses actions (1,100 milliard de dollars) . Le New York Times écrit d’ailleurs à cet effet : " Les cadres dirigeants savent quand ils faut partir avec l’argent de leur retraite en poche, car ils savaient que les pratiques financières étaient frauduleuses... "

Par contre, pour les 40 000 salariés, c’est la perte de leur emploi, de leur épargne salariale (plus d’un milliard de dollars) réduisant à néant leur couverture sociale retraite . A cette catastrophe, il faut ajouter la volatilisation des fonds de pension pour des milliers d’autres salariés des secteurs publics, enseignants, fonctionnaires etc... qui avaient cru au cours mirobolant des actions en bourse d’Enron . Bonjour le rêve américain !

Voilà les belles promesses et perspectives que nous offrent Chirac et Jospin après les présidentielles pour "sauver" nos retraites en France . C’est NON ! Pas de Maxwell ou d’Enron chez nous . Pas de fonds de pension !

 

Conséquences de la faillite d'Enron

Le PDG du Crédit Lyonnais déclarait le 25 janvier : "CL avait 250 millions de dollars de risques sur Enron dont la moitié disposait de garanties réelles mais pour les autres, nous n'avons aucune visibilité.."

 

400 emplois d'Alstom à Belfort seraient menacés du fait d'une baisse de commandes de leur client américain Général Electric. "L'atelier des machines électriques pourrait payer une partie de la faillite d'Enron" déclare un syndicaliste d'Alstom

 

"Les Amis de Continuer la CGT"

tél./fax 01 46 28 80 18

 
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Dernière modification : 04 mai 2002