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forum cl cgt 11/10/03

Photo C EVEN

FORUM SYNDICAL CL. CGT 11 Octobre 2003

 

Rapport introductif : R. Nadaud

Chers Camarades,

 

Ce forum syndical n’est pas organisé pour disséquer la nature de « Continuer la CGT » voire susciter des critiques ou des marques de sympathie, encore que ce ne soit pas interdit de le faire, mais pour débattre et si possible, faire émerger des convergences d’actions revendicatives, que les travailleurs sont en droit d’attendre.

Initialement nous avions invité plusieurs syndicats de pays étrangers, car, lors de notre rendez-vous de Thessalonique (Grèce) en Juin dernier, le comité international syndical avait projeté de se réunir à Paris à l’occasion de ce forum. Malheureusement plusieurs syndicats n’ayant pu répondre favorablement à cette invitation, nous avons du reporter la réunion du Comité International . Seuls nos Camarades, proches voisins, de la FGTB (Belgique) ont pu se libérer pour se rendre à notre forum.

 

La gravité de la situation impose l’action :

Nous pensons que la situation économique et sociale est suffisamment grave à plus d’un titre pour que la relance de l’action, dans l’esprit et la détermination du mouvement de masse du printemps dernier soit impulsée par les forces vives du monde du travail où les militants de la base doivent jouer un rôle décisif. En tout cas, il n’y a pas d’autre alternative pour imposer des reculs au Gouvernement et au Patronat.

Lorsque nous faisons référence à « l’esprit du mouvement de masse du printemps dernier », bien entendu nous nous rangeons dans le camp de ceux, actifs, retraités, sans emploi, public, privé, qui ont défendu « le retrait du projet de réforme des retraites » et ont combattu le projet gouvernemental de décentralisation, en appelant au « tous ensemble » pour la grève générale.

Malheureusement, les structures syndicales dirigeantes avec leurs leaders nationaux largement soutenus et abondamment médiatisés par la presse bourgeoise, ont eu la capacité de maîtriser le développement du mouvement contre la grève générale en dévoyant les comités de lutte et la solidarité inter professionnelle active public-privé, en organisant des « manifestations coupe-feu » pour ménager la stratégie gouvernementale espérant une hypothétique négociation.

 

La trahison de la direction confédérale

On a fustigé le secrétaire général de la CFDT pour avoir, d’emblée, signé l’accord sur les retraites avec le Gouvernement et le MEDEF.

Mais qu’y a-t-il de si différent (sinon dans la forme) avec la position de la direction confédérale CGT qui, avant même le déclenchement du conflit de Mai-Juin avait donné des gages précieux au Gouvernement et au MEDEF en signant l’accord du CIES sur l’épargne salariale (qui mène aux fonds de pension) et en faisant voter à son 47ème Congrès de Montpellier au mois de mars, l’alignement des 40 ans de cotisations retraite pour tous, public-privé.

Finalement pour la CGT c’était, ratifier le passé et adopter le présent. C’était avaliser la réforme BALLADUR de 1993 (rallongement de la cotisation à 40 ans pour le privé) tout en réhabilitant le Plan JUPPE en 1995 (qui prévoyait l’alignement du public sur le privé) et apporter une caution résolue à la réforme RAFFARIN sur les 40, puis 41 et 42 ans de cotisations.

Après le choix contenu de la stratégie de l’échec pour les travailleurs, les dirigeants syndicaux (CGT, FSU, FO, UNSA) allaient donner le coup de grâce le 16 juin au soir en proclamant à la fin du mouvement, laissant ainsi les mains libres au gouvernement pour faire voter sa loi au Parlement le … 24 juillet.

Jamais sans doute les travailleurs n’avaient autant été trahis par les dirigeants syndicaux depuis la libération.

****

Mais la stratégie d’accompagnement de la politique gouvernementale, délibérément choisie par les directions syndicales (CGT, FSU, FO, UNSA… la CFDT n’en parlons pas) en opposition à la masse des travailleurs en lutte (ouvriers, employés, fonctionnaires, enseignants) n’a pas été seulement le problème des retraites puisqu’il y eut méconnaissance des syndicats ouvriers, d’une réforme tout aussi dangereuse : la décentralisation.

Alors que les syndicats ouvriers auraient du venir en renfort des personnels de l’Education Nationale et rechercher l’unité d’action sur cette réforme, il n’en fut rien ; là encore l’échec fut quasi total malgré une mobilisation sans précédent des personnels de l’Education Nationale.

 

La Sécurité Sociale dans le collimateur

La réforme des retraites, un des volets majeurs de « re-fondation sociale » du MEDEF était annonciatrice d’autres projets du Gouvernement, telle la Sécurité Sociale complétée par une énième réforme hospitalière, le tout sur fond de privatisation.

La canicule de cet été, avec le drame de milliers de vies humaines qui en a résulté, a révélé au grand jour l’état de délabrement sanitaire de notre pays, résultat de 10 années de massacre de nos services hospitaliers publics tant des gouvernements de droite que de gauche .

Tirant les enseignements du mouvement de Mai-juin derniers, le gouvernement et le MEDEF s’attaquent à la Sécurité Sociale par touches progressives afin d’être, le moment venu, non plus en position de projet de réforme, mais en adaptation législative des mesures ponctuelles déjà prises. C’est ainsi que le forfait hospitalier est augmenté de 30%, des centaines de médicaments dé remboursés, avec toute une panoplie de mesures en perspective comme, une franchise sur les remboursements de soins, des taxes sur les boîtes de médicaments, la diminution voire suppression des remboursements sur les prothèses en dentisterie, lunetterie etc.…

Or, de tous ces mauvais coups, en cours et en perspective nous n’avons pas l’impression que cela agite beaucoup les Directions Syndicales nationales, alors que le drame de cet été avec 15 000 victimes lors de la canicule a montré à la fois les problèmes de moyens et de personnels de santé insuffisants, et de disfonctionnement total de notre système de santé. Or, il ne faut pas chercher ailleurs les causes de ce dysfonctionnement qu’à travers le développement du libéralisme médical et la privatisation des services hospitaliers.

 

Libéralisme européen

Tous les chantiers du Gouvernement, sous, l’emprise du MEDEF, sont dictés par la loi du profit capitaliste dans le cadre de la construction européenne. Les retraites, la Sécurité Sociale, le traitement social du chômage, les conditions de travail etc.… sont autant de sujets traités quasi simultanément sous l’emprise de la Commission de Bruxelles, au niveau des différents pays européens, qu’ils soient de la zone euro ou pas. La plus belle illustration réside dans les réformes anti-sociales quasi identiques entre l’Allemagne et la France.

Mais en France, avec des acquis considérés, dans la logique capitaliste, encore trop élevés pour les travailleurs et surtout pour les agents des Fonctions Publiques accusés de grever le budget le l’Etat, le gouvernement français se voit aiguillonné par la Commission de Bruxelles au nom du Pacte de stabilité, afin de mettre les bouchées doubles en matière de réformes de privatisations.

Avec la crise capitaliste, une récession qui touche quasiment tous les pays d’Europe, les propres règles de l’Union Européenne ne peuvent être respectées par les Etats mêmes, qui les ont votées. C’est le cas de la France qui va devoir payer une amende de plus de 3 milliards d’euros pour non respect du Pacte de stabilité qui consiste à réduire à moins de 3% du PIB, le déficit budgétaire de l’Etat. Et par qui, croit-on que l’amende va être payée ? Vous éliminez les patrons et les spéculateurs financiers et vous avez la réponse ! CL. CGT se bat pour le retrait de la France de l’Europe de Maastricht, véritable machine de guerre contre les travailleurs.

 

La France des Ouvriers fainéants ?

Depuis quelques jours, le gouvernement fait donner de la voix à ses ministres pour stigmatiser le manque de motivation au travail.

En son temps, dès 1997 , CL. CGT avait dénoncé le caractère dit « progressiste » de la loi sur la réduction du temps de travail présentée par Lionel JOSPIN. (Rappelons que Louis VIANNET alors secrétaire général de la CGT avait qualifié ce projet de loi, de « plus grande avancée sociale depuis 1936 !)

Nous avions argumenté en ce sens que cette loi faisait la partie belle au Patronat en matière d’exonérations de charges et de perception d’indemnités scandaleuses pour des embauches hypothétiques, voire seulement pour freiner le nombre de licenciements. Outre les résultats contradictoires que l’on connaît en matière de traitement de l’emploi et des conditions de travail, la loi AUBRY a ouvert une brèche béante à la déréglementation des droits du travail notamment par la flexibilité et l’annualisation du temps de travail, le blocage voire la réduction des salaires, le développement du contrat individuel et de la précarité, au détriment des garanties collectives et solidaires.

La loi AUBRY offre toutes les ouvertures à son aggravation pour les travailleurs, même pas en la remettant en cause - elle contient tellement de dispositions favorables au patronat - mais en réaménageant son contenu pour donner encore plus d’aisance au Patronat afin d’accentuer la productivité du travail notamment par la flexibilité, la suppression de la limitation des heures supplémentaires, le développement du contrat de travail individuel etc.…

Et, dans la foulée de la mise en cause de fait des 35 heures, le gouvernement vise bien évidemment la même régime pour les fonctionnaires, précarisation, individualisation, salaire au mérite etc.… avec un objectif avoué : remise en cause du statut général de la Fonction Publique.

Là non plus, sur ce sujet on ne perçoit guère de velléités des directions syndicales pour contrer les mesures rétrogrades du Gouvernement. Hélas, comment les syndicats peuvent-ils mobiliser, quand, pendant des années, on les a conduit à participer à l’éclatement des Conventions Collectives, à accepter l’organisation de la flexibilité et la précarisation du travail en signant des accords d’entreprise ou de service, parfois en marge même du Code du Travail.

Enfin, on ne peut pas lancer le débat à ce forum sans poser la question de la signature de l’accord national sur la Formation professionnelle.

 

Formation professionnelle : la CGT signe !

Pour la première fois depuis plus de 30 ans la CGT vient de signer un accord national avec le gouvernement et le patronat sur la Formation Professionnelle. Tout le monde « bien pensant » qualifie cette signature d’historique. Le MEDEF s’en félicite et félicite la CGT ; le gouvernement est aux anges et, du coup , M FILLON promet de récompenser B. THIBAULT sur la question de la représentativité syndicale : çà ne mange pas le pain des patrons et des actionnaires !

Cette décision de signer a été prise après une « consultation » du CCN-CGT le 30 septembre dernier. 68% des membres du CCN ont voté pour, contre 18% et 14% d’abstention. Parmi les opposants on compte 16 Unions Départementales et 4 Fédérations (métallurgie, chimie, PTT, agroalimentaire).

Pour comprendre la signification de cette signature il faut rappeler les phases évolutives qui ont amené la CGT à un tel aboutissement :

· Tout d’abord, les trois derniers Congrès de la CGT qui l’ont consacrée organisation réformiste, délestée de tous ses concepts anti-capitalistes originels ;

· Ensuite, pour affirmer sa nature réformiste la Direction Confédérale a prôné le syndicalisme « rassemblé »

Ainsi, cette intégration syndicale au syndicalisme européen de collaboration de classe, après une certification de partenariat loyal à l’égard du Capital au plan national, impose à la CGT des actes concrets de fidélisation à ses engagements réformistes.

C’est toute la signification politique de la signature de cet accord sur la formation professionnelle, mais n’en doutons pas, qui sera suivie d’autres. C’est d’abord une allégeance obligée au Capital .

 

Le contenu de cet accord est si contradictoire que même B. THIBAULT doit en reconnaître les limites et les aléas. Par contre le fait que le MEDEF l’ait signé, c’est qu’il est bon pour les patrons.

Mais où l’on peut déceler une certaine convergence collaborationniste de la CGT avec le Capital (MEDEF et Etat patron) c’est lorsque les dirigeants de la CGT, par la voix de B. THIBAULT, voient dans cet accord « même imparfait, les prémices du nouveau statut du travail salarié, d’une nouvelle Sécurité Sociale professionnelle »,voté au 47ème Congrès.

Et, s’il en était besoin, cet accord est considéré si peu crédible, qu’il constitue toujours selon B. THIBAULT, « un compromis à un moment donné, et qu’il va donner lieu à des empoignades sur les lieux de travail, pour son application ».

Sans besoin d’avoir une analyse plus approfondie, CL.CGT condamne la signature de cet accord patronal, comme elle condamne le projet CGT de « nouveau statut du travail salarié » qui s’inscrivent dans le droit fil de la déréglementation des droits du travail, de la remise en cause des garanties collectives (conventions et statuts), des solidarités interprofessionnelles et inter générations, à décharge du Patronat.

 

Privatisations et décentralisation

L’état des lieux serait incomplet si nous ne posions pas en débat à ce Forum l’un des volets majeurs de politique gouvernementale à savoir, la privatisation accélérée des entreprises et services publics : transports, PTT, banques, entreprises nationales qui sont le fleuron de la technologie de notre pays, comme EDF-GDF, ALSTOM etc.

Mais, les privatisations sont posées beaucoup plus largement dans le cadre de la restructuration des institutions, c’est à dire la régionalisation remodelée aux desseins de l’Europe libérale sous couvert de décentralisation et démocratisation par extension des pouvoirs des collectivités territoriales il s’agit en fait de mettre les régions à contribution voire en concurrence entre elles pour assurer les coûts transférés de l’Etat aux régions, concernant la santé, l’éducation, le traitement social du chômage et de la précarité, des problèmes sociaux (handicap, dépendance des personnes âgées, RMIstes) formation professionnelle etc.…

Il est regrettable que les directions des syndicats n’aient pas réagi à la mesure des dangers de cette réforme qui va favoriser et accélérer le processus de privatisation des services publics, avec la mise en cause des acquis des personnels, et de l’égalité des droits d’accès aux populations. Car, rappelons que la notion de service public dans ce qu’ils appellent « le droit communautaire européen » est remplacée par celle de « Service d’Intérêt Général » où les opérateurs ou fournisseurs de prestations peuvent être publics ou privés. Dès lors, comment les services publics qui sont pour l’essentiel des acquis de la Libération, pourront-il résister aux appétits capitalistes ?

 
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Dernière modification : 20 mars 2004