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Forum Anti-Capitaliste

Paris le 23/11/2003

Intervention de Roger NADAUD

Président de l’association : " Les amis de CL.CGT "

 

Chers amis,

 

J’interviens au nom des militants syndicalistes attachés au syndicalisme de lutte de classe qui se reconnaissent dans le mouvement révolutionnaire syndical " Continuer la CGT " .

Mon intervention sera relativement brève, car pour la richesse des débats, il est important de permettre l’expression du plus grand nombre d’intervenants.

Nous avons tenu à être présents à ce Forum sans arrière pensée de risque de récupération politique comme disent les réformistes ou autres pseudo apolitiques, mais parce que K. MARX nous a enseigné – a travers ses thèses sur le mouvement syndical – qu’il ne fallait jamais dissocier l’économique du politique.

Or, nous avons besoin aujourd’hui de relever certains défis : à la fois de soi-disant révolutionnaires qui abandonnent la dictature du prolétariat au moment où la dictature du Capital n’a jamais fait autant de ravages dans la classe ouvrière depuis plus d’un demi-siècle, et, à la fois des réformistes qui mêlent leur action en accompagnement des réformes de la bourgeoisie capitaliste et trahissent les luttes des travailleurs.

N’avons-nous pas, aujourd’hui, l’éclatante démonstration des effets pervers et dévastateurs de la voie dite réformiste, syndicale ou politique qui prône l’aménagement du Capitalisme pour le rendre " plus humain ", plus " partageur " ?

Le Capitalisme connaît la crise la plus aiguë de son histoire jusqu’à risquer la guerre.

Le Capitalisme n’en poursuit pas moins son implacable offensive d’abattage des acquis sociaux des travailleurs et de bradage au privé, du patrimoine industriel, technologique et culturel, qui constitue l’essentiel des garanties d’indépendance nationale et par voie de conséquence la préservation des conditions de vie des travailleurs de souche nationale ou d’immigration.

La perte de souveraineté nationale à travers ce qui est appelé aujourd’hui " mondialisation " dans le cadre du bloc impérialiste européen que constitue l’UE traduit un degré supplémentaire de passage des populations laborieuses à l’aliénation de la bourgeoisie monopoliste.

La semaine dernière, nous venons de vivre le Forum Social Européen de Paris animé par des organisations sociétales comme ATTAC et syndicales comme la Confédération Paysanne …Si les partis politiques n’y étaient pas officiellement invités, ils n’y ont pas moins foisonné ; en tout état de cause ne sont-ils pas, selon leur sensibilité, membres actifs de ces organisations ? Mais l’hypocrisie n’est-elle pas une " vertu " du réformisme ?

Il n’est pas dans mon intention de faire une analyse exhaustive de ce Forum, mais d’apporter une appréciation générale et quelques enseignements à méditer. En premier lieu, on se rend compte des limites des forums sociaux tenus depuis deux ans, et singulièrement celui de Paris la semaine dernière.

Tout d’abord une note optimiste, au regard de ces dizaines de milliers de jeunes venus de différents pays qui aspirent à " changer le monde ", qui est en soi un louable état d’esprit et constitue un potentiel d’avenir ; mais, note pessimiste au regard du contenu global : orientation, programme et finalité du Forum Social Européen qui s’inscrit pleinement dans la construction européenne libérale, sans qu’à aucun moment soit mis en cause le système de production capitaliste. On se prépare même à participer au débat sur le projet de Convention de Giscard d’ESTAING en y formulant des propositions concrètes. Attac, par exemple, invite ses adhérents à faire connaître les points essentiels qu’ils souhaitent voir figurer dans le futur traité constitutionnel. Le " changement du monde " n’est pas pour demain !

Mais, il y a pire, si l’on peut dire : la CES ( Confédération Européenne des Syndicats ) qui regroupe les différentes centrales syndicales dont la CGT membre du secrétariat de cette organisation européenne, a concrètement participé à l’élaboration du projet constitutionnel de Giscard d’ESTAING depuis 2002. La CES estime que le projet de traité constitutionnel européen représente un véritable pas en avant vers une UE efficace, démocratique, en lien avec les aspirations des citoyens. Et elle a prévenu qu’elle s’opposerait à toute tentative de remise en cause du projet de Constitution !

La CES s’est signalée depuis longtemps par la place de " partenariat social " officiel qu’elle occupe au sein de l’Union Européenne. Au nom du débat sur le volet social européen, elle a participé à la co-élaboration de toutes les grandes directives antisociales de la Commission de Bruxelles : réformes des droits du Travail, traitement social de l’emploi et du chômage, réformes des retraites et création des fonds de pension, réformes du service public avec la perspective du service d’intérêt général, etc…

Or, quand on dit : CES partenariat social officiel du l’Union Européenne libérale, il faut penser aussi CGT partenaire officiel de l’UE, puisque celle-ci est adhérente à la CES, voire co-dirigeante de cette organisation depuis le printemps dernier.

Il me semble qu’il est important de rappeler ces quelques éléments internationaux pour bien comprendre la défaite historique de la classe ouvrière en France, en mai juin dernier.

Cette défaite n’est pas seulement attachée à la défense de nos régimes de retraites, bien que la réforme soit un des chantiers décisifs de la politique du gouvernement CHIRAC - RAFFARIN.

Ce sont tous les acquis démocratiques et sociaux issus de la Libération ( 1945 ) obtenus au prix de la Résistance antifasciste durant l’occupation nazie, qui sont attaqués par la bourgeoisie monopoliste.

Or, il n’est pas possible de taire la trahison des directions syndicales. On a fustigé le secrétaire général de la CFDT pour avoir d’amblée, signé l’accord sur les retraites. Mais, qu’y a-t-il de si différent ( sinon dans la forme ) avec la position de la direction confédérale CGT qui, avant même le déclenchement du conflit de mai juin avait donné des gages précieux au gouvernement et au MEDEF en signant l’accord du CIES sur l’épargne salariale ( qui mène aux fonds de pension ) et en faisant voter à son 47ème Congrès de Montpellier au mois de mars, l’alignement des 40 ans de cotisations retraite pour tous, public et privé.

A-t-on pris conscience que par ce vote de Congrès la CGT a officiellement ratifié le passé et adopté le projet du gouvernement et du patronat ?

Ce vote de Congrès a eu pour conséquence, d’avaliser la réforme BALLADUR de 1993 ( qui a rallongé la cotisation de retraite à 40 ans pour le privé ) tout en réhabilitant le plan JUPPE de 1995 ( qui prévoyait l’alignement du public sur le privé ) et enfin, d’apporter une caution résolue à la réforme RAFFARIN sur les 40, 41, puis les 42 annuités de cotisations public privé !

Après le " cessez le feu " ordonné par les états-majors syndicaux, CGT en tête, le 16 juin, le gouvernement, applaudi par le MEDEF, accompagné par la signature de la CFDT et sécurisée par le vote de Congrès CGT, a pu tranquillement faire voter sa réforme des retraites le 24 juillet.

Il est de notoriété publique que le gouvernement craignait beaucoup l’extension du mouvement vers la grève générale, qu’une large majorité de travailleurs et d’enseignants revendiquait pour contraindre RAFFARIN-FILLON a retirer leur projet de loi sur les retraites, voire celui de la décentralisation.

Comme en 1995, au rendez-vous social du 21 décembre initié par Alain JUPPE, les états-majors syndicaux ont capitulé le 16 juin 2003 avec toutes les conséquences qui en résultent aujourd’hui pour la suite des combats à mener :

Contre la privatisation de la sécurité sociale et des hôpitaux publics ;

Contre la décentralisation, destinée à transférer les charges de l’État sur les Collectivités territoriales, drainer et réorienter les dépenses publiques vers le marché capitaliste ;

Contre les privatisations dans le collimateur, à la Poste, EDF-GDF, aéroports de Paris, etc.…

Contre le SIG ( Service d’Intérêt Général ) qui doit progressivement se substituer au service public où les opérateurs ou prestataire de service pourront être publics ou privé en sachant que le privé prendra rapidement le pas sur le public ;

Contre les réformes aggravant les dispositifs du traitement social de l’emploi et du chômage ;

Contre l’aggravation des conditions de travail à travers la loi sur les 35h modifiée, les licenciements, le travail gratuit du jour férié pour, soi-disant, l’aide aux personnes âgées ;

Pour l’arrêt des exonérations de charges et autres subventions au Patronat, au contraire la taxation du Capital, l’augmentation des impôts sur les grandes fortunes ;

Pour l’augmentation des salaires, pensions et minima sociaux ;

Pour la défense des droits syndicaux et droit de grève sans restriction.

La fin de l’année approche et les grandes déclarations des leaders syndicaux en juin dernier sur la reprise du mouvement social à la rentrée ont fait long feu !

Avec la canicule de l’été dernier et ses 15 000 victimes, la macabre démonstration a été faite sur les dysfonctionnements du système de santé et la dangereuse insuffisance des moyens hospitaliers.

Avec la récession économique qui touche l’Europe et particulièrement la France, le chômage bat des records, les plans sociaux avec des dizaines de milliers de licenciements se multiplient, la consommation des ménages est en baisse, les prix flambent, la précarité s’accroît, d’une manière générale, la paupérisation gagne dans les couches populaires alors que la bourgeoisie s’engraisse insolemment.

Face à une telle situation, comment les travailleurs, les chômeurs, les retraités peuvent-ils se reconnaître dans la frilosité des positions et les faiblesses des revendications des centrales syndicales tant elles sont éloignées de l’offensive capitaliste sans précédent depuis la Libération ?

Nous devons dénoncer les apparatchiks syndicaux nationaux et européens coulés dans le moule de l’Union Européenne libérale qui en France, qui, à la CES oeuvrent au détournement de la grève générale et à l’empêchement de fédérer les luttes décisives au plan international !

Comment une organisation internationale peut-elle se prévaloir de défendre les aspirations et intérêts des travailleurs en jouant de la stratégie passive face au déferlement simultané des réformes antisociales européennes ( retraites, sécurité sociale, conditions de travail, chômage ) en France, en Allemagne, en Italie, en Belgique, Autriche, Pays-Bas, etc.…

Nous rejetons les déclarations confédérales de la CGT qui, en mai juin dernier, au nom du respect de la légitimité gouvernementale, ont eu finalement pour but de stigmatiser et dévoyer l’extension du mouvement vers la grève générale. Autrement dit, entre la légitime défense des intérêts des travailleurs, la Direction Confédérale CGT a choisi la légitimité gouvernementale, permettant à CHIRAC-RAFFARIN-SELLIÉRES de faire voter une loi sur les retraites qui obligera dans les années qui viennent, les salariés à travailler jusqu’à 70 ans !

Aujourd’hui, devant la gravité de la situation, CL.CGT, tout en dénonçant le syndicalisme collaborationniste du Capital, appelle les travailleurs, les retraités, les sans-emploi, publics, privés, sur les lieux de travail, dans les localités à créer des Comités de lutte, solidaires avec la population laborieuse pour préparer la grève générale seul moyen de faire capituler l’État-Patron CHIRAC-RAFFARIN-SELLIÈRES !

 

 

 

 

Intervention de Roger NADAUD

Président de l’association : " Les amis de CL.CGT "

 

 
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Dernière modification : 20 mars 2004