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Meeting International de la FSM

20 juin 2003 – Salonique (Grèce)

Intervention de Roger NADAUD

Chers amis, chers camarades,

Tout d’abord, nous voulons remercier la Direction du Bureau Européen de la FSM de nous avoir invités à ce meeting, et, donner ainsi la parole au courant révolutionnaire de lutte de classe de la CGT française.

D’emblée, nous voulons dire ici, que notre délégation venue à ce contre sommet des Chefs d’États Européens, ne représente pas la CGT officielle réformiste et intégrée au syndicalisme européen de la CES.

Nous nous réjouissons de la constitution d’un organe régional européen de la Fédération Syndicale Mondiale qui, à terme doit pouvoir donner une impulsion plus efficace au mouvement syndical de combat de classe en Europe.

Depuis plusieurs années, le syndicalisme de combat de classe qui émerge dans chaque pays, cherche à se rassembler, à s’unir. La FSM doit être le catalyseur et le coordinateur de ces forces nouvelles, face au désastreux comportement des organisations internationales et européennes de collaboration de classe avec le Capital.

Nous pensons que dans tous les pays d’Europe ( et au-delà ) le syndicalisme de combat de classe s’éveille et commence sa phase historique de restructuration qui correspond à la crise capitaliste la plus grave depuis la deuxième guerre mondiale.

Le syndicalisme de combat de classe a été confronté aux difficultés de plusieurs dizaines d’années de criminalisation du socialisme réel et du communisme, de destruction des acquis socialistes qui avaient constitué un rempart contre l’hégémonie capitaliste dans les pays occidentaux.

La contre-révolution active engagée il y a plus de vingt ans a été dévastatrice des acquis sociaux où, dans les pays ex-socialistes les travailleurs ont tout perdu, tandis qu’en Europe occidentale le capitalisme se sert à la fois de la vulnérabilité économique et sociale de ces pays, et à la fois des conséquences du quasi-anéantissement des forces révolutionnaires qu’elles soient politiques ou syndicales.

Face à cette situation, le syndicalisme de combat de classe a le devoir d’éclairer historiquement les travailleurs et situer les responsabilités – politiques et syndicales – sur les faits concrets dont la classe ouvrière est victime aujourd’hui.

Or, nous ne pouvons mieux caractériser ces faits, qu’avec la vague de contestation et d’actions qui secouent la plupart des pays européens en ce moment, avec les projets de réformes anti-démocratiques, anti-sociaux et anti-ouvriers des gouvernements.

C’est bien à travers une crise capitaliste des plus aiguës que les bourgeoisies nationales et internationales ont décidé de faire passer en force leurs projets de réforme de la société. On observera que ces réformes lancées indistinctement selon les pays, par la droite réactionnaire comme en France, et par la social-démocratie, comme en Allemagne, ne font qu’obéir aux lois du Capital du bloc impérialiste européen.

Depuis des années les syndicalistes révolutionnaires ont dénoncé les fondements même de l’Europe néo-libérale qui allait fatalement aggraver les conditions de travail et de vie des masses laborieuses. Ils ont dénoncé et combattu les traités de Maastricht-Amsterdam, le Pacte de stabilité essentiellement créé pour peser sur les crédits publics des États et forcer ainsi les gouvernements à accélérer les privatisations.

Dans le même temps, nous avons vu les syndicalistes de la CES (Confédération des Syndicats Européens) accompagner la politique néo-libérale européenne tout en engageant une pseudo-agitation autour d’un projet social européen, mis en scène à chaque sommet des Chefs d’États européens, à travers des manifestations parfaitement maîtrisées.

Aujourd’hui, la réalité de la situation éclate à la figure de l’aristocratie syndicale réformiste au service de la Bourgeoisie Capitaliste.

Le volet social européen ? Il est balayé par les projets de réforme engagés ces temps-ci, par les gouvernements français, allemand, belge, autrichien, et demain, (à présent que Monsieur BERLUSCONI vient d’être blanchi de ses malversations par la justice politique italienne) il est vraisemblable que les travailleurs italiens vont – eux-aussi – être à l’épreuve. Car en effet, l’Europe des marchands et des banquiers ne peut faire bon ménage avec un hypothétique volet social de progrès pour les travailleurs.

Ces réformes gouvernementales "made in Europa", ont pour nom :

· Allongements de la durée de cotisation pour les retraites à 65 ans et plus, mise en cause des régimes constitués sur la base des solidarités (répartition), création des fonds de pension…

· Privatisation des couvertures sociales, par un transfert des prises en charge des actes médicaux rentables vers les Assurances privées ou les mutuelles…

· Privatisation des grandes entreprises publiques : gaz-électricité, la poste, les transports.

Mais avec les réformes de l’appareil d’État, en France, qui prévoient notamment la décentralisation des services aux régions avec transfert de charges aux collectivités territoriales, il s’agit là – en fait – de créer les conditions de privatisation des services publics : santé, éducation nationale, services sociaux, réseaux ferrés, etc.

C’est contre cet abattage sans précédent des acquis sociaux des travailleurs que des millions d’enseignants, de fonctionnaires, d’employés, d’ouvriers et de retraités se sont mis en grève ou ont manifesté au cours de ces dernières semaines.

Chacun a pu mesurer l’ampleur des manifestations et le degré de combativité dans les différents pays visés par les réformes, et où les apparatchiks syndicaux réformistes ont été mis souvent à l’épreuve par leur base.

Nous avons interpellé les dirigeants réformistes de la CGT (dont l’un vient d’être élu d’ailleurs au secrétariat de la CES à son dernier congrès) sur l’inertie de la CES face à un mouvement social où toutes les conditions unificatrices étaient réunies pour son internationalisation. Nous n’avons – bien entendu – reçu aucune réponse et pour cause ! Parce qu’en France même, les dirigeants réformistes de l’ensemble des organisations syndicales – y compris la CGT – ont trahi les enseignants, les fonctionnaires, les ouvriers en lutte, pour certains, depuis deux mois !

Il faut savoir que le mouvement était nettement plus fort et plus large qu’en 1995. De mémoire de militant, la participation aux grèves et manifestations des personnels de l’Éducation Nationale a été sans précédent, puissante mobilisation également dans les secteurs publics, et, fait significatif, une montée progressive dans les luttes des salariés des secteurs privés. Il faut remonter à Mai-Juin 1968 pour voir une manifestation aussi importante (au moins un million de personnes) que celle du 25 mai dernier. Avec un large soutien de la population. Alors que les militants de la base avec les travailleurs exigeaient un appel national à la grève générale seule condition pour battre le gouvernement et lui imposer le retrait de ses projets de réformes, eh bien ! les dirigeants nationaux réformistes Bernard THIBAULT (CGT) en tête ont rejeté les aspirations justifiées de la base par des arguments ne pouvant qu’encourager le gouvernement à résister à la contestation.

Au fur et à mesure du développement des luttes les contradictions entre les positions réformistes des dirigeants syndicaux nationaux défendant le principe du dialogue social, de la renégociation des réformes, en rejetant toute idée de blocage de l’économie pour faire tomber le gouvernement et les militants de la base (que nous avons soutenus) estimant les projets de réformes non-négociables et exigeant leur retrait, ces contradictions se sont finalement transformées en rupture. Ainsi, la stratégie de l’échec calculé des hauts dirigeants réformistes aura conduit la classe ouvrière à une défaite historique qui ne va pas manquer de laisser des traces dans le syndicalisme.

Car, cet échec va avoir d’autres conséquences à l’encontre des travailleurs. Il va conforter le gouvernement réactionnaire dans la poursuite de ses réformes (Sécurité Sociale, Santé, éducation, privatisations, etc.), voire de l’adoption d’une réglementation anti-grève, notamment avec la mise en place d’un service minimum dans les transports.

Bien entendu, même avec de l’amertume, les militants de la base, auxquels se solidarisent nos militants de CL-CGT, ne vont pas baisser les bras. Ils vont se rassembler, organiser des pôles de résistance pour préparer la riposte dans les mois qui viennent.

Mais les travailleurs ont et auront à faire face aux autres problèmes résultant des conséquences de la crise capitaliste, à savoir : des licenciements massifs, un accroissement du chômage, une baisse des taux de croissance due à une chute des investissements productifs, une paupérisation accrue des travailleurs qui vont subir de plein fouet les conséquences des réformes, en même temps que des blocages voire diminution des salaires et pensions.

La préoccupation des travailleurs est tout naturellement cristallisée sur l’agression antisociale sans précédent des gouvernements des pays d’Europe.

A ceux qui vantaient les perspectives épanouissantes de la construction de l’Union Européenne il y a des décennies, aux dirigeants syndicalistes de la CES qui ont accompagné sans relâche la politique néo-libérale de la Commission de Bruxelles, depuis des années, jusqu’au soutien des guerres impérialistes comme ce fut le cas pour la Yougoslavie ; tous ceux-là nous devons les interpeller publiquement en prenant à témoin les travailleurs sur la tromperie dont ils ont été l’objet, une tromperie qu’ils vont payer très cher.

Notre analyse de la situation serait incomplète et réductrice si nous n’établissions des liens directs avec les conflits internationaux qui se poursuivent dans le cadre de la " guerre longue " annoncée par G.BUSH au lendemain de l’attentat du 11 septembre aux Etats-Unis.

Au nom de la lutte contre le terrorisme, les Etats-Unis ont entrepris une véritable croisade pour la re-colonisation de certains pays stratégiques du tiers monde.

Mais qu’on ne s’y trompe pas les contradictions inter-impérialistes ne doivent pas nous incliner à penser – comme certains – que nous aurions besoin d’une Union Européenne forte pour tenir en respect l’impérialisme nord-américain.

Certes, l’impérialisme US veut fragiliser ses rivaux dans le repartage du monde, et nous avons vu que les contradictions se sont accentuées entre les guerres " alliées " en Yougoslavie et en Afghanistan, puis en Irak. Cela signifie une radicalisation des Etats-Unis pour prendre l’ascendant sur leurs puissantes concurrentes, au premier chef desquelles le bloc impérialiste européen.

L’exigence politique des monopoles capitalistes nord-américains va exercer une pression soutenue à la politique de G.BUSH pour la poursuite des implantations US – colonisation – à la fois à des fins stratégiques, et à la fois à des fins économiques.

Le prétexte des guerres anti-terroristes va donc encore être utilisé contre des pays identifiés " voyous " par G.BUSH, et en particulier la Corée Populaire et Cuba dont les menaces se sont précipitées et accentuées ces dernières semaines.

Or, nous pouvons observer que si les États-Unis concentrent leurs efforts de guerre contre des États relativement faibles, ils tentent par là-même de créer les conditions de dépendance des puissances impérialistes rivales. Car l’Union Européenne travaille à l’édification d’un bloc impérialiste susceptible de devenir première puissance mondiale. Sa stratégie opposée à celle de Washington dans la guerre en Irak est un premier indice, mais depuis on remarquera l’implication de plus en plus soutenue de la France et de l’Allemagne dans les conflits qui se développent en Afrique. Or, ces interventions n’ont nullement pour but d’aider les populations à éradiquer le Sida ou à réduire la dette, mais de maintenir voire réinstaller des régimes néo-coloniaux à des fins d’exploitation des richesses de ces pays.

Par ailleurs, l’attitude de l’Union Européenne récemment à l’encontre de Cuba, n’est pas surprenante. Elle n’a jamais été antinomique de la position US, elle ne fait que caractériser sa nature impérialiste tout aussi néo-colonialiste que celle des Etats-Unis.

Enfin, peut-on remarquer, d’un côté la politique fascisante de l’ État d’Israël en Palestine soutenu par les États-Unis, et de l’autre, le mutisme complice de l’Union Européenne dans un conflit qui massacre un peuple emprisonné.

Chers amis et camarades,

Le combat contre l’impérialisme est à la fois national et international ; mais il ne peut pas être seulement international dans les situations actuelles.

Ce combat, passe par la démystification des illusions réformistes sur la possibilité d’aménager socialement le capitalisme par le dialogue social, sur la base du slogan trompeur " du partage des richesses ". Le capitalisme ne partage rien du tout, il exploite y compris la misère humaine. Par conséquent le capitalisme doit-être combattu pour le renverser et le remplacer par le socialisme.

C’est à quoi doit s’assigner le syndicalisme révolutionnaire de lutte de classe.

Contre le Capital, contre la Guerre,

Tous unis !

Vive la solidarité internationale.

Roger NADAUD

Président de l’Association " Les Amis de CL – CGT "

 

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Dernière modification : 06 juillet 2003