« Pour un Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse

Accueil ] Remonter ] 48ème Congrés de la CGT ] 47ème Congrès de la CGT Mars 03 ] Non à la Guerre ] Retraites ] Santé Protection Sociale ] Social et luttes ] Collectifs Nationaux ] Europe ] Nos Fondements ] Amis de C. L. CGT ] Archives ]

Accueil
Remonter
Dernière minute
Education Syndicale
Nos Coordonnées
Le Rassembleur : Notre revue
Sommaire
Téléchargement
Contactez nous !
Adhérer
Vers d'autres sites
Rechercher sur le site

 

MEETING

CONTRE LA GUERRE ET LE FASCISME

 

š

 

IG.METAL BMW

Allemagne 1er septembre 2002

CL.CGT Invitée d'Honneur

š

 

Compte rendu de la Rencontre et Solidarité Internationales

Intervention de Continuer la CGT (Roger NADAUD)

 

Allemagne : contre la guerre et le fascisme.

Le 1er Septembre dernier s'est tenu une journée commémorative contre la guerre et le fascisme à l'initiative du syndical IG. Métal de la firme automobile BMW de Regensburg (Allemagne). Roger NADAUD, animateur du Collectif National " CL CGT "avait été invité d'honneur au meeting afin d'y prendre la parole.

Lors de la Conférence Internationale Syndicale d'Athènes des 1er et 2 Juin 2002, une délégation de syndicalistes allemands IG Métal (DGB) et une délégation de CL CGT s'étaient rencontrées en vue de nouer des relations et échanges bilatéraux de solidarité. C'est à la suite de ces échanges que CL. CGT a été invitée par le syndicat IG Métal de Regensburg.

Outre le meeting de plein air organisé au centre de la ville de Regensburg où 7 à 800 personnes ont participé aux animations de l'après-midi, un débat essentiellement consacré à la guerre, s'est tenu le soir de 19 h à 22 heures à la Maison des Syndicats de la DGB.

Au meeting de l'après-midi, présidé par Willi DURR secrétaire régional de la DGB, assisté de Erwin ANDERT membre du secrétariat de IG Métal-BMW; et de Roger NADAUD (CL. CGT), les intervenants de plusieurs organisations syndicales et politiques, de jeunesse, d'organisations progressistes, humanitaires, antifascistes et religieuses, allaient se succéder, dans un consensus poignant de solidarité et de fraternité, mais aussi avec une tout aussi grande détermination dans le combat antifasciste et anti-guerre à mener. Le discours de R. Nadaud, axé sur les thèmes du meeeting appelant au rassemblement et à la solidarité internationalistes était vivement et longuement applaudi. Au cours des échanges, les questions liées à la solidarité internationale, aux rencontres pour mieux se connaître en vue de construire des luttes sur des revendications convergentes, revenaient souvent dans la discussion.

Une résolution lue à ce meeting donne le ton et la détermination des syndicalistes révolutionnaires et antifascistes dans leur combat contre la guerre et le fascisme :

"Nous voulons donner la main à tous les travailleurs du monde…

"Nous sommes décidés à lutter contre les dangers d'une troisième guerre mondiale…

"Nous ne voulons pas être vaincus, comme nos pères par le fascisme et le nationalisme…

"Nous voulons rappeler ces célèbres paroles (K. MARX)

"Prolétaires de tous les pays unissez-vous !"

pour ne pas revoir ce que : "… des millions de prolétaires moururent ensemble sur les champs de bataille pour les profits capitalistes…"

Le programme culturel du meeting proposait entre autre un riche répertoire de chants et musiques révolutionnaires magnifiquement interprétés par des jeunes des organisations de jeunesses syndicales.

Le soir, dans une salle pleine à craquer (près de quatre vingt personnes, dont près de la moitié de jeunes syndicalistes et communistes) animé par un camarade spécialiste* des problèmes d'armement, et par le représentant français de CL. CGT, un débat riche et intense allait mettre en exergue combien les travailleurs, les communistes révolutionnaires, les démocrates et progressistes allemands sont sensibilisés contre le fascisme et la guerre en désignant souvent l'Impérialisme allemand comme leadership européen. Là encore le BESOIN de solidarité internationaliste, jaillissait de la discussion quand le représentant de CL. CGT s'est engagé à être leur porte parole auprès des syndicalistes révolutionnaires de France, mais aussi d'autres pays, dans le cadre du Comité Syndical International, cet engagement a été salué par un long applaudissement.

Remarquable débat où les diverses sensibilités présentes ont échangé en s'écoutant, sans jamais déraper en affrontement. Il est vrai que les révolutionnaires et authentiques démocrates allemands non seulement ne veulent pas perdre la mémoire sur le lourd tribut qu'ont payé leurs anciens avec le nazisme, mais dans la période dangereuse que nous vivons en ce moment, ils veulent au contraire la revivifier auprès de la jeunesse, car c'est elle qui est appelée à mener les combats de demain. Avec nos camarades d'IG Métal de BMW, le principe d'une nouvelle rencontre entre nos deux organisations est prévue fin de cette année ou début 2003.

 

 

* La camarade Vera PICKOVA, journaliste, spécialiste des questions militaires (République Tchèque) qui devait participer au débat a été excusée pour raison de santé.

 

Regensburg 1er Septembre 2002

š

Intervention de CL CGT au meeting

š

 

Chers amis, chers Camarades,

 

Je voudrais tout d'abord remercier les camarades du syndicat I G Métal pour leur invitation à cet important meeting contre l'exploitation et la guerre, contre le fascisme et le racisme.

 

L'association Nationale "Continuer la CGT" (CL - CGT) que je représente, apporte son soutien total à votre initiative et partage l ' appel lancé par votre syndicat qui rappelle à cette occasion, la célèbre harangue révolutionnaire de Karl Marx: "Prolétaires de tous les pays, unissez vous"!

 

A cet effet, je voudrais dire que, si je suis parmi vous aujourd'hui, c'est parce que, précisément, des changements perceptibles, positifs, sont observés à travers de nombreux syndicats de base de différents pays, et notamment européens. En réponse à l'exploitation scandaleuse des travailleurs, aux attaques sans précédent contre les libertés démocratiques et syndicales, de nombreux syndicats et syndicalistes attachés au combat de classe contre le capitalisme, se dressent, se rassemblent et préparent l'Union et la solidarité internationalistes nécessaires au renforcement et au développement durable des luttes.

 

Si je suis ici parmi vous aujourd'hui, c'est grâce aux résultats fructueux des rencontres et conférences internationales syndicales contre le Capital qui se sont tenues depuis plusieurs années avec, à chaque fois, la participation de centaines de délégués représentant des milliers de syndiqués et de travailleurs:

- Turquie en 1999, Annecy - France en Septembre 2000 et Athènes - Grèce en Juin dernier.

Comme en témoigne ma présence ici, c'est à ces conférences internationales que les délégués I G Métal et des délégués CL - CGT ont pu échanger pour - je l'espère - contribuer à construire l ' Union et la solidarité internationales contre le Capital, que des organisations comme la CISL et la CES sont incapables de réaliser parce qu ' elles sont liées et dépendantes du Grand Patronat, parce qu'elles sont intégrées au Processus de l ' Europe libérale de Maastricht - Amsterdam.

N'est - ce pas à ces rencontres internationales oeuvrant à unifier les revendications des travailleurs et à coordonner leurs luttes que nous pourrons répondre à " l ' Union des prolétaires de tous les Pays ? "

En tout cas, un siècle et demi plus tard, on peut constater que la célèbre harangue de Karl Marx reste plus juste et valable que jamais !

Votre syndicat a raison de la rappeler au monde du travail.

š

Le Capitalisme, c'est l ' exploitation, l ' oppression et la guerre . Mais pour comprendre et combattre ce fléau, encore faut- il en analyser les causes et les conséquences, notamment à la lumière des crises du capitalisme dont celle que nous subissons en cette période est sans doute la plus grave depuis la deuxième guerre mondiale.

 

Le système capitaliste repose, comme vous le savez, sur l'exploitation de classe de l'Homme par l ' Homme :

où dominent les politiques des sociétés transnationales et le grand capital financier;

où , aujourd'hui, les réseaux mafieux, générés par le système capitaliste lui - même, dictent leurs lois criminelles aux gouvernements de certains pays;

où les exacerbations impérialistes engendrent les guerres économiques dont sont victimes les populations laborieuses de tous les pays, mais plus cruellement encore, celles des pays sous - développés qui croulent sous la dette jusqu'à la faillite, comme en Argentine et dans bien d'autres pays;

En cas de crise majeure, comme celle que nous subissons en ce moment, le Capitalisme a besoin de se redéployer, et la guerre est un des moyens expérimentés d'y parvenir. La lutte contre le terrorisme constitue pour le capitalisme, une réelle opportunité de redéploiement par la recolonisation de pays stratégiques, là où l'exploitation de richesses des sous-sols s'avèrent productrices de profits pour le Capital.

Mais le redéploiement touche aussi à d'autres aspects de la crise du capitalisme, notamment l'ingérence politique soutenue par l'action militaire des pays ciblés pour mettre en place des dirigeants nationaux à la solde du Capital comme en Yougoslavie voire des fantoches comme en Afghanistan, et comme on se prépare à le faire dans d'autres pays comme l'Irak, pays dont les États sont qualifiés de terroristes et de "voyous" par Georges Bush et ses alliés.

 

Le redéploiement capitaliste c'est encore l'exemple tragique de la Palestine où l'état d'Israël sous la coupe directe des États Unis, mène une véritable guerre coloniale avec une réelle volonté expansionniste contre le Peuple Palestinien. Le Peuple Palestinien abandonné par les régimes arabes réactionnaires et sans aucune aide extérieure, ne peut avant tout compter que sur ses propres forces dont la résistance héroïque peut paraître parfois celle du désespoir.

 

Dans le développement économique et financier, national, international se précise depuis plusieurs années une croissance exponentielle des conflits armés. Ainsi l'intervention militaire ne se limite pas à soutenir la concurrence, la conquête des marchés, l'implantation stratégique des troupes d'occupation (de l'OTAN ou des USA), elle est de plus en plus liée à l'industrie de l'armement qui est l'une des industries les plus puissantes de la planète, créant directement ses propres marchés sous le contrôle des états producteurs et leurs interventions diplomatiques qui vont parfois jusqu'à invoquer des raisons humanitaires.

š

La crise et le recours à la guerre sont directement liés aux enjeux économiques de la mondialisation capitaliste.

Au cours des dernières décennies, nous avons assisté et subi d'autres crises que le capitalisme a pu résoudre ou colmater par des guerres ou des interventions militaires courtes, limitées. Il n'empêche qu'à chaque fois le Capitalisme a été marqué un peu plus dans ses contractions : certains pays, comme le Japon ou la Corée du Sud ont été d'autant plus fragilisés que le développement de la mondialisation avec la libre circulation des capitaux, accentue les affrontements capitalistes pour la conquête des marchés.

 

Si les événements du 11 Septembre 2001 de New York ont précipité le mouvement de dégradation internationale avec le risque de guerre mondialisée, l'Impérialisme nord-américain a choisi de réagir contre le terrorisme, avec comme première cible l'Afghanistan et Ben Laden, mais aussi, contre la montée en puissance des États Impérialistes rivaux et particulièrement l'Union Européenne.

Il faut rappeler en effet que les États Unis qui détiennent aujourd'hui près de 25% du Produit Mondial Brut (PMB) de la planète sont menacés de régression à 10% d'ici 20 ans selon les estimations d'experts économistes.

La guerre est donc la voie choisie par les États Unis pour maintenir leur hégémonie mondiale, grâce à une stratégie de recolonisation des pays ou territoires du Tiers-monde et à la satellisation ou la neutralisation des États Impérialistes concurrents dont fait partie l'Union Européenne.

Car en effet, si les dirigeants des pays européens dont la France et l'Allemagne sont aux ordres des États-Unis au nom de la solidarité intra-capitaliste cette situation n'est pas sans provoquer de profondes contradictions qui se sont d'ailleurs manifestées à plusieurs reprises depuis un an.

Outre les discordances dans les interventions militaires où les américains décident unilatéralement à la manière de: "qui n'est pas d'accord avec nous est contre nous !", il faut rappeler les décisions protectionnistes du gouvernement américain en matière de produits agricoles, d'acier et autres contrats commerciaux remis en cause. Et plus près de nous, encore, en matière de "développement durable" (environnement - santé - écologie - humanitaire - pollution, etc…) qui vient de faire l'actualité internationale de cette semaine avec le boycott de la Conférence de Johannesburg, par G. Bush.

 

Sur la Conférence de Johannesburg, même s'il n'y a guère d'illusion à se faire sur des résultats tangibles pour les populations défavorisées et les travailleurs en général (1,5 milliards de personnes qui manquent d'eau potable ! ), tant que le capitalisme mènera le monde, l'absence de G. Bush constitue un sabotage délibéré au mépris de l'intérêt humanitaire de la planète.

Quelle réaction vont opposer les États Européens et particulièrement la France et l'Allemagne face au camouflet US ? Sauver la face en minimisant les conséquences, au regard de la puissance des États-Unis et des transnationales qui ont déjà combattu le protocole de Kyoto il y a dix ans ?

Finalement là encore, les dirigeants américains se positionnent dans une logique de rapport de force, d'affrontement et de guerre caractérisant les traits d'une Puissance hégémonique et oppressive.

š

Si les événements du 11 Septembre 2001 ont cristallisé les mouvements de dégradation internationale, les indices caractérisant les contradictions capitalistes se sont accumulés et accentués : baisse durable des taux de croissance des pays développés, récession économique mondiale conduisant à la faillite de certains pays dépendants, krachs boursiers à répétition, scandales politico-financiers avec Enron, World Com, Vivendi - Universal et beaucoup d'autres dans différents pays y compris européens, chute des hautes technologies provoquant l'effondrement de ce qui est appelé " la nouvelle économie", investissement productifs en baisse sensible, recrudescence du chômage et de la précarité en même temps que se profilent les licenciements par dizaines de milliers.

 

Avec la guerre, comme logistique et support au redéploiement capitaliste, il faut y associer le développement de la mondialisation néo-libérale. Avec la guerre d'un type nouveau et durable, décidée par les États-Unis et acceptée par leurs alliés européens nous sommes entrés dans une ère de grave instabilité aux plans économique et social et une situation de tous les dangers pour la démocratie et les libertés fondamentales.

 

Au cours des dernières années, avec une pression inouïe la mondialisation capitaliste s'est attaquée frontalement, à la fois aux patrimoines nationaux et aux biens collectifs par le biais des privatisations des entreprises publiques, et à la fois aux acquis sociaux des travailleurs. Aucun pays n'a été épargné.

En France, au cours des quinze dernières années, sous les gouvernements de droite comme de gauche, la vente des entreprises publiques au privé a représenté 70 milliards d'euros, dont 32 milliards sous le seul gouvernement social-démocrate Jospin (de 1997 à 2002). Bien évidemment, cela correspond aux directives néo-libérales de l'Union Européenne répondant au processus d'évolution de la mondialisation capitaliste. Outre l'appauvrissement du patrimoine national, la privatisation constitue une perte de souveraineté du pays sur ses capacités de production.

 

Ceux qui défendent l'Europe de Maastricht, cette Europe néo-libérale que nous subissons, ne peuvent même pas se prévaloir de renforcement économique européen quand on sait que les investissements issus des privatisations sont à 40, voire 50% nord-américain ou asiatiques.

Mais la mondialisation néo-libérale a d'autres effets pervers contre les travailleurs et les masses populaires, effets consécutifs aux politiques anti-sociales menées par les gouvernements successifs en application des directives européennes de Maastricht-Amsterdam :

Ce sont :

La dérèglement des droits du travail ;

L'aggravation des conditions de travail pour les femmes, voire le retour des enfants des enfants au travail ;

La précarisation de l'emploi, touchant plus particulièrement les jeunes ;

L'accroissement du nombre de chômeurs, malgré les discours lénifiant des dirigeants européens ;

La remise en cause des garanties en matière de contrat de travail (statut-convention collective) ;

L'abaissement du pouvoir d'achat des salariés et retraités ;

La remise en cause des protections sociales (vers la privatisation de la sécurité sociale, la création des fonds de pension, l'allongement de la durée de cotisations retraites à 65 ans et plus) ;

L'atteinte aux libertés syndicales et au droit de grève etc…

Toutes ces mesures décidées ou en voie de décision ont été prises indistinctement par les gouvernements de droite comme de gauche social-démocrate, parlant d'une même voix au nom de "l'Europe sociale".

Mais à travers les sommets des chefs d'États européens ou autres réunions du G7-G8, qu'on ne s'y trompe pas : ce sont les Pouvoirs économiques et financiers (les transnationales et les banques) qui dictent leurs lois scélérates et réactionnaires, les chefs de gouvernements étant réduits au rôle d'exécutant.

š

La crise capitaliste génère aussi des contradictions qui peuvent s'avérer dangereuses quand les Partis politiques traditionnels sont rejetés massivement par les électeurs, et que les dirigeants des grandes centrales syndicales des travailleurs désertent le combat de classe.

Une telle situation est malheureusement celle qui émerge de la plupart des pays européens depuis plusieurs années. Je veux parler de la montée du fascisme. Le fascisme est une idéologie basée sur le racisme et la xénophobie, mais il ne trouve son développement que dans un terreau de décomposition de la société. Et qu'on ne s'y trompe pas : l'extrême droite populiste ou fascisante est une composante politique au service du grand Capital.

Dès lors qu'une telle situation émerge de la société, les responsabilités doivent être clairement identifiées : sont directement en cause les dirigeants des pays, les organisations de la société civile, et les syndicats qui ont accompagné, au lieu de les combattre, les politiques néo-libérales. C'est de cette rupture, de ces contradictions et antagonismes que naissent et s'accumulent les mécontentements populaires, ce sont ces mécontentements populaires qui sont captés et exploités par l'extrême droite.

 

En France, l'évolution de l'extrême droite correspond à l'accession de la social-démocratie au pouvoir depuis 20 ans.

Pour en arriver à une telle situation où l'extrême droite a recueilli près de 20% des voix soit 5 millions d'électeurs aux élections présidentielles, dont 40% des patrons mais aussi 30% d'ouvriers et 20% de jeunes ont constitué le vote Front National, comment les Partis de gauche précédemment au Pouvoir peuvent-ils nier leur bilan politique désastreux pour la classe ouvrière ?

Certes, le Front National de Le Pen a été battu, mais qu'on ne s'y trompe pas : la politique du nouveau gouvernement de droite est imprégnée du Programme de l'extrême droite en matière d'immigration et de problèmes sécuritaires, d'exonération des charges patronales sur les salaires, de réductions fiscales sur les sociétés etc… qui vont accentuer l'exacerbation revendicative des travailleurs et approfondir la fracture sociale. Une situation qui ne peut que renforcer l'extrême droite avec des risques de fascisation de la société aux conséquences imprévisibles.

Or, le constat et l'analyse qui sont faits pour la France, valent aussi pour les autres pays d'Europe occidentale où la montée du populisme et du fascisme n'est pas une fiction.

Mais à cela rien d'étonnant, car la même politique néo-libérale contre le monde du travail impulsée par l'Union Européenne dans chacun des pays de la communauté ne peut que produire les mêmes effets.

š

 

ll y a quelques années la social-démocratie se vantait de gouverner dans quatorze pays européens sur quinze… mais en gérant les intérêts capitalistes au mépris de ceux de la classe ouvrière et des masses populaires. Aujourd'hui le bilan est là, catastrophique pour les travailleurs, dangereux pour la démocratie, les libertés, la Paix.

 

Chers amis, chers Camarades,

 

Le tableau que je viens de dresser devant vous n'est pas réjouissant, et pourtant nous pourrions malheureusement en ajouter encore sur l'offensive de classe que la grande Bourgeoisie Capitaliste entend poursuivre contre les travailleurs pour assouvir sa soif de super-profits et d'accumulation du Capital.

Je l'ai déjà dit précédemment, nous sommes dans une période de grave instabilité économique internationale, et de tous les dangers.

Il ne faut jamais oublier que c'est en période de crise et de guerre que les mouvements sociaux sont difficiles et les organisations syndicales fragilisées, que les libertés fondamentales sont attaquées, voire confisquées.

 

Le mouvement syndical n'a donc d'autre alternative que de se préparer à l'affrontement de classe et ce, sur tous les plans : celui de la guerre, celui de la montée du fascisme, mais aussi, celui des revendications économiques et sociales, des libertés.

 

Se préparer à l'affrontement de classe, c'est de la part de la classe ouvrière et des syndicats avoir le souci de rassemblements unitaires, larges et massifs en n'hésitant pas à rechercher le soutien actif voire l'alliance avec d'autres couches sociales victimes du capitalisme monopoliste tels les petits exploitants familiaux agricoles, les petits artisans et autres travailleurs indépendants.

 

En ce qui concerne la guerre :

La classe ouvrière et les syndicats doivent avoir la lucidité et la volonté de s'engager dans un combat vigilant et résolu, en rappelant qu'en cas de conflit, c'est toujours les travailleurs et les populations laborieuses qui sont les premières victimes, qu'ils soient du pays agresseur ou du pays agressé.

L'offensive de l'Impérialisme nord-américain de ces derniers jours tendant à mettre en condition psychologique l'opinion publique internationale pour une intervention militaire en Irak est excessivement lourde de dangers. Quand, de surcroît un ministre israélien déclare que son pays pourrait utiliser la bombe atomique pour raser l'Irak, cela caractérise la dangerosité de la situation dans laquelle sont impliqués les États-Unis sans que leurs alliés européens soient indemnes de critiques, car jusqu'alors, aucune déclaration officielle n'est venue condamner la décision américaine. Au contraire Tony Blair véritable bouffon de G. Bush, s'est carrément rallié à la position US.

 

 

Votre syndicat IG Métal a raison d'appeler les travailleurs au combat contre la guerre et le fascisme. C'est une initiative lucide qui doit être salué et servir d'exemple pour une extension du mouvement.

Sachez qu'en France, CL. CGT est dans le même état d'esprit et a la même détermination anti-guerre, en même temps que doit s'organiser sous toutes les formes, la solidarité internationale aux peuples opprimés, victimes de la guerre, à commencer par le Peuple Palestinien.

 

En ce qui concerne la montée du fascisme :

Il va sans dire que le phénomène trouve, dans la crise actuelle, comme nous venons de le voir, son terreau de décomposition des sociétés, des crises politiques des États.

 

Vous camarades Allemands, et nous Français avons des périodes historiques sombre à nous rappeler en commun et à en tirer les enseignements !

Nous partageons totalement ces passages de votre appel qui dit :

"Plus jamais nous ne voulons diriger nos armes contre nos amis des autres nations…

"Nous luttons contre les dangers d'une troisième guerre mondiale…

"Nous luttons contre le fascisme et le racisme…

"Nous ne voulons pas être vaincus comme nos pères par le racisme et le nationalisme…

en rappelant que : "des millions de prolétaires moururent ensemble pour les profits capitalistes sur les champs de bataille…"

Soyez assurés, que les militants CL. CGT ont les mêmes sentiments et la même détermination à combattre le fascisme et le racisme qui menacent et trouvent, y compris dans ce climat guerrier et répressif, un renfort à son action.

 

En ce qui concerne les revendications :

Enfin notre combat, le combat de la classe ouvrière ne doit pas faire passer ses objectifs revendicatifs, professionnels, économiques et sociaux, au second plan.

Le combat de classe du Capitalisme est de pressurer le monde du travail pour assurer la plénitude de ses profits, payer la crise, la récession et le coût des guerres. Par exemple, n'oublions pas que lorsque l'État d'Israël bombarde les équipements ou infrastructures palestiniens, il détruit des réalisations payées pour l'essentiel par l'Union Européenne c'est-à-dire, les impôts et taxes prélevés sur les contribuables européens dont les travailleurs paient le plus lourd tribut

 

Notre combat de classe doit donc aussi, s'appuyer avec détermination sur les revendications :

salariales, les retraites, les conditions de travail, contre le chômage et la précarité de l'emploi, la défense des travailleurs immigrés, l'éducation, l'écologie, les protections sociales, les garanties statutaires, les libertés syndicale et démocratiques le droit de grève. Engager une grande offensive contre les privatisations des services publics etc…

Tout cela doit être défendu pied à pied, car cela a un coût qui doit normalement être couvert grâce aux richesses produites par le pays.

Ne jamais oublier que tout ce qui est arraché au Patronat en matière de revendications économiques et sociales pour les travailleurs, est autant de reculs qui peuvent peser contre les crédits de guerre.

En conséquence, et c'est dans ce sens que CL. CGT France, a lancé pour cette rentrée, un Appel aux travailleurs pour les aider à prendre conscience de leur communauté d'intérêts, en se saisissant de toutes les revendications professionnelles, économiques et sociales pour en faire des objectifs de lutte et leur ouvrir des perspectives crédibles à terme, de changement de société.

 

Chers amis, chers Camarades,

Excusez-moi d'avoir été peut-être un peu long et fastidieux, mais la situation que nous traversons vaut la peine que nous l'analysions dans toute sa réalité et sa complexité, afin d'être mieux armés pour le combat syndical qui s'annonce rude.

En tout cas, encore une fois, je vous remercie de votre invitation et de l'attention que vous m'avez réservée.

Avec l'espoir que cette rencontre ouvre des perspectives d'autres échanges, en France, cette fois-ci, dans le cadre de l'entente et la solidarité internationaliste de nos deux organisations.

A bas la guerre !

A bas le fascisme !

Vive la solidarité internationaliste des travailleurs !

Vive l'entente et l'amitié entre nos deux organisations !

A bientôt !

Roger NADAUD

Le 01 septembre 2002

 

Accueil Dernière minute Education Syndicale Nos Coordonnées Le Rassembleur : Notre revue Sommaire Téléchargement Contactez nous ! Adhérer Vers d'autres sites Rechercher sur le site
Pour toute question ou remarque concernant ce site
  agnes.clcgt@wanadoo.fr
Dernière modification : 16 mars 2003